Sur ce blog, nous avons pour l'instant peu commenté le livre de Ségolène. Cette dernière, a fait un livre
qui regorge d'anecdotes. J'en dépose une qui la concerne bien évidemment, où il est question de ses rapports avec les Fabusiens.
« Tiendra-t-elle? » titre
L ‘Express en pleine campagne avec affiches immenses dans toutes les gares, sur lesquelles je reconnais à peine ma tête tellement j’ai l’air au fond du trou, relayant tout ce que le petit monde
parisien compte d’hypocrites et de faux culs. Les fabiusiens me soupçonnent de vouloir maintenir leur leader à la lisière de la campagne en raison du désamour chronique de l’opinion à son égard.
En fait tous étaient bienvenus pour descendre sur le champ de bataille. J’aurais dû supplier, séduire, roucouler, que sais-je encore? Vexé, Fabius se contentera d’observer la campagne à la
jumelle et d’accorder un bon de sortie à son ami le plus fidèle, Claude Bartolone. Le député de Seine-Saint-Denis accepte, deux mois après que je l’ai sollicité, de prendre en charge les
relations avec la presse. Il semble heureux, se pique au jeu, s’enflamme, découvre ce qu’il avait voulu ignorer pendant la primaire ce lien que j’ai tissé avec les militants et tous ceux qui
viennent dans les meetings.
Le 2 mars, à Pau, dans une salle de pelote bas que, il confie : « Je n’ai jamais vu un tel phénomène.. « Tu as raison,
lui répond son interlocuteur, un de mes proches; elle est hors du commun; j’avais laissé une maman qui apprenait à nager à sa petite fille; je retrouve une bête politique » Le lendemain, il
rentre en avion d’Auch, avec moi. Plutôt convaincu par le défi politique. Mais son enthousiasme est parfois douché. Des conseils, des rappels à l’ordre de la part de ceux qui ne sont pas venus
dans la campagne. « Attention, Claude, ne te laisse pas embarquer. » Et puis ce sont les mails, quotidiens. « On t’a vu à côté de la star hier soir. N’en fais pas trop quand même. » Bartolone
joue son rôle à merveille. Les journalistes apprécient son cabotinage permanent et son sens aigu de l’analyse d’une situation ou d’une personnalité. Il s’éloigne de Laurent, se rapproche de moi,
passe des heures au téléphone à expliquer son point de vue, s’amuse comme un gamin de son bureau à papillons et de l’ambiance « Flower Power » qui règne au 282.
