Au sein de cette semaine sociale agitée finalement prévisible au vu de l’entêtement du gouvernement à vouloir provoquer l’affrontement s’est greffée une contestation moins attendue, celle des étudiants.
Le mot d’ordre principal de la contestation est la remise en cause de la loi dite LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) votée le 25 juillet dernier. A la suite de l’intervention du président Sarkozy, cette loi a été votée dans la précipitation, lors des grandes vacances étudiantes, même si les syndicats étudiants ont été associés à sa rédaction. Mais dès sa promulgation et notamment en raison d'amendements parlementaires spécifiques, si l’UNEF avait accepté la loi après avoir obtenu plusieurs modifications substantielles (notamment la sélection à l’entrée en Master 1), le syndicat étudiant avait déjà formulé plusieurs reproches. Plusieurs mises en garde avaient été également formulées par la Cé (Confédération étudiante).
De manière générale, on peut en outre estimer que la Ministre Valérie Pécresse, qui pèse en outre peu dans le gouvernement, a tendance à faire germer un à un
les graines de la contestation. Face à la précarité financière dont sont de plus en plus victimes les étudiants, la Ministre, suivant le chemin de sa consoeur Mme Lagarde, n’a pas hésité à conseiller le recours aux prêts bancaires. Par ailleurs, alors que les étudiants
réclament un véritable plan de relance du logement étudiants, la Ministre leur a consenti une aumône de 11 millions € qui n’est que de la réaffectation budgétaire de crédits au préalable
attribués à la rénovation du campus de Jussieu…
Au-delà de ces autres motifs de colère, c’est donc la loi LRU qui cristallise les mécontentements. Essayons donc de dresser en face
des principales dispositions de cette loi, les propositions qui avaient été formulées par la candidate socialiste Ségolène Royal pour attester des différences d'approche de ce dossier
crucial.
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Principales dispositions de la loi LRU |
Propositions de Ségolène Royal |
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Ce tableau synthétique (qui ne se veut pas exhaustif) recense les principaux de friction et démontre de l’absence de « solutions uniques et irrévocables » comme voudrait le faire croire la majorité au pouvoir.
Y a-t-il un espace entre blocage et anti-blocage ?
Si les revendications sont légitimes, tout
le monde peut s’interroger sur la meilleure méthode à suivre. La « coordination nationale étudiante » réunie à Rennes, au sein de laquelle quasiment aucun syndicat étudiant (à
commencer par l’UNEF) n’est représentée, a appelé au blocage des gares le 13 novembre « en solidarité avec les cheminots ». La majorité, dans le bon vieux petit jeu entre trotskistes et
droite dure, a donc catégorisé cette manifestation comme « politique ». Voilà exactement ce dont rêve précisément la majorité en place, vouloir cantonner les revendications
légitimes de certains syndicats étudiants ouverts à la réforme (puisqu’ils y ont participé) à de l’agitation "gauchiste". On voit même fleurir ces derniers jours dans les media et sur
Internet des « comités anti-blocage », évidemment « apolitiques » mais qui sont en général des thuriféraires de la réforme Pécresse présentés comme des étudiants « pris
en otage ». Les mobilisations sociales ne sont pas toutes interchangeables, le brouillage du message desservirait chaque cause l’une après l’autre.
Parce qu'il a souhaité faire passer cette réforme jugée la "plus importante du quinquennat" en catimini, le gouvernement a empêché tout débat. Sur les modalités de cette réforme et de la lutte
que certains syndicats mènent contre elle, il convient donc précisément d'ouvrir enfin la discussion !
