Lundi 12 novembre 2007

Au sein de cette semaine sociale agitée finalement prévisible au vu de l’entêtement du gouvernement à vouloir provoquer l’affrontement s’est greffée une contestation moins attendue, celle des étudiants. 

Le mot d’ordre principal de la contestation est la remise en cause de la loi dite LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) votée le 25 juillet dernier. A la suite de l’intervention du président Sarkozy, cette loi a été votée dans la précipitation, lors des grandes vacances étudiantes, même si les syndicats étudiants ont été associés à sa rédaction. Mais dès sa promulgation et notamment en raison d'amendements parlementaires spécifiques, si l’UNEF avait accepté la loi après avoir obtenu plusieurs modifications substantielles (notamment la sélection à l’entrée en Master 1), le syndicat étudiant avait déjà formulé plusieurs reproches. Plusieurs mises en garde avaient été également formulées par la Cé (Confédération étudiante). 

De manière générale, on peut en outre estimer que la Ministre Valérie Pécresse, qui pèse en outre peu dans le gouvernement, a tendance à faire germer un à un les graines de la contestation. Face à la précarité financière dont sont de plus en plus victimes les étudiants, la Ministre, suivant le chemin de sa consoeur Mme Lagarde, n’a pas hésité à conseiller le recours aux prêts bancaires. Par ailleurs, alors que les étudiants réclament un véritable plan de relance du logement étudiants, la Ministre leur a consenti une aumône de 11 millions € qui n’est que de la réaffectation budgétaire de crédits au préalable attribués à la rénovation du campus de Jussieu…

LRU : La non-Raison Unique de la colère ?


Au-delà de ces autres motifs de colère, c’est
donc la loi LRU qui cristallise les mécontentements. Essayons donc de dresser en face des principales dispositions de cette loi, les propositions qui avaient été formulées par la candidate socialiste Ségolène Royal pour attester des différences d'approche de ce dossier crucial.

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Principales dispositions de la loi LRU

Propositions de Ségolène Royal

 
- Une nouvelle gouvernance de l’université : une présidentialisation très accrue. Le président de l’Université désormais élu par un conseil d’administration de 30 membres. Il dispose de pouvoirs largement étendus, ce qui ne pose pas de problèmes en soi mais dans le fait qu’aucune contre-partie n’a été créée, permettant d’éviter les dérives due à cette concentration des pouvoirs. Par ailleurs, la présence des élus étudiants au sein du conseil d’administration n’a pas été renforcée, voire réduite ;


- Une gouvernance renouvelée qui exige une plus grande contractualisation des rapports entre l’Etat, l’université et les collectivités territoriales (au premier rang desquelles la région). Il s’agit aussi dans le même temps, ce que ne propose pas la loi LRU, de renforcer les synergies entre la recherche publique (CNRS…) et le monde universitaire, alors que ces deux mondes ne se parlent pas assez. Cela permet aussi d’éviter la trop forte concentration des pouvoirs ;


- Création d’un bureau à l’insertion professionnelle sans réels moyens financiers attribués (alors que la promesse du candidat Sarkozy était d'augmenter le budget des universités de 50%)  ;

 


- Création d’un service public de l’orientation. La question centrale restant celle des moyens accordés à l’université : une augmentation de 10 % par an , et pendant 5 ans du budget de l’enseignement supérieur est nécessaire pour atteindre la moyenne de la dépense de l’Etat par étudiants dans les pays de l’OCDE  ;

 


- Autonomie financière confiée aux universités, qui bénéficient désormais d’un budget global comprenant notamment plus largement les dépenses en ressources humaines. La création de fondation de droit privé au sein des universités censées récolter des ressources propres est aussi l’un des points de l’autonomie confiée aux universités. Or, sans péréquation financière de l’Etat (ce qui nécessitera au passage l’instauration d’une nouvelle belle usine à gaz comptable), la concurrence déjà existante entre les universités les mieux et les moins bien loties va encore s’accentuer au détriment des dernières. Comment imaginer qu’une université installée dans un bassin d’emplois sinistré puisse compter sur d’importantes ressources propres provenant d’entreprises qui n’existeraient pas ?


- Instauration d’une autonomie de fonctionnement aux universités en conservant le cadre national des diplômes, mais en permettant une plus grande souplesse dans la gestion des crédits. La garantie de l’inexistence de disparités financières entre universités est assurée par l’Etat. Les entreprises sont en revanche appelés à se rapprocher des campus universitaires via des incubateurs ;

 


- La propriété des bâtiments est progressivement transférée aux universités elles-mêmes, sans qu’à nouveau des crédits ne soient alloués à cet effet et alors que ces dépenses de fonctionnement alourdies risquent de peser encore davantage sur les universités les moins biens loties.


- Régions associées aux questions des bâtiments universitaires et à la construction de logements étudiants. La réussite du rattachement de la propriété des bâtiments des collèges aux départements et des lycées aux régions doit inciter effectivement à se poser la question d’un transfert de cette compétence dans le domaine universitaire aux régions. Ces dernières, désormais chefs de file dans le domaine du développement économique de leurs territoires, pourront ainsi accélérer les rapprochements nécessaires entre universités et entreprises.


Ce tableau synthétique (qui ne se veut pas exhaustif) recense les principaux de friction et démontre de l’absence de « solutions uniques et irrévocables » comme voudrait le faire croire la majorité au pouvoir.


Y a-t-il un espace entre blocage et anti-blocage ?

Facs.JPGSi les revendications sont légitimes, tout le monde peut s’interroger sur la meilleure méthode à suivre. La « coordination nationale étudiante » réunie à Rennes, au sein de laquelle quasiment aucun syndicat étudiant (à commencer par l’UNEF) n’est représentée, a appelé au blocage des gares le 13 novembre « en solidarité avec les cheminots ». La majorité, dans le bon vieux petit jeu entre trotskistes et droite dure, a donc catégorisé cette manifestation comme « politique ». Voilà exactement ce dont rêve précisément la majorité en place, vouloir cantonner les revendications légitimes de certains syndicats étudiants ouverts à la réforme (puisqu’ils y ont participé) à de l’agitation "gauchiste". On voit même fleurir ces derniers jours dans les media et sur Internet des « comités anti-blocage », évidemment « apolitiques » mais qui sont en général des thuriféraires de la réforme Pécresse présentés comme des étudiants « pris en otage ». Les mobilisations sociales ne sont pas toutes interchangeables, le brouillage du message desservirait chaque cause l’une après l’autre.

Parce qu'il a souhaité faire passer cette réforme jugée la "plus importante du quinquennat" en catimini, le gouvernement a empêché tout débat. Sur les modalités de cette réforme et de la lutte que certains syndicats mènent contre elle, il convient donc précisément d'ouvrir enfin la discussion !

A vous d’en débattre !
par Moselle d'avenir publié dans : Education
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Mardi 24 juillet 2007

Je suis de plus en plus inquiet par la politique qui est menée à court terme, quand on pense aux 15 milliards offerts aux plus aisés des Français. Que va devenir notre pays ? Comment peut-on croire qu’en appliquant la politique du plus fort, notre pays va se développer ? Drôle de stratégie utilisée par M. Sarkozy qui consiste à croire qu’en donnant un maximum à quelques-uns d’entre nous, ils tireront les autres vers le haut.

L’éducation doit être la priorité, ce sont souvent des échecs scolaires qui mènent à la délinquance, le sentiment d’injustice chez les jeunes devient de plus en plus fort, je l’ai vu lorsque j’étais surveillant dans un quartier de banlieue, l’"école de la rue" telle qu'ils l’appellent, la seule capable de se sentir quelqu’un pour eux, malheureusement. Toutefois, il est possible de faire quelque chose en renforçant le personnel enseignant, en augmentant de façon significative le nombre d’éducateurs. C’est en donnant à une personne une chance réelle d'évoluer dans la société dès le plus jeune âge qu’on en fera de cette personne quelqu'un de meilleur. Les petits problèmes que l’on rencontre aujourd’hui avec un gamin de 12 ans seront les gros problèmes de demain. Les émeutes en sont la preuve vivante, il faut leur laisser leur chance. Mais comment expliquer à quelqu’un qu’il doit bien travailler pour réussir, quand il a autour de lui des grands frères et sœurs avec des diplômes qui ne trouvent pas de travail, à cause de leurs origines ou tout simplement à cause de l’adresse mise sur leurs CV. Il est temps de comprendre qu’il ne faut pas oublier les plus faibles, on peut choisir de les traîner, ou au contraire leur faire sortir la tête de l’eau. On pourra ainsi tous avancer ensemble,. Il ne peut pas y avoir que deux camps, celui des riches et celui des pauvres, c’est en équilibrant et en répartissant les richesses que notre société sera plus juste.

Je préfère une politique à long terme qui montre une réelle efficacité pour l’avenir, qu’une politique qui ne soit que des bouts de ficelles et qui devienne désastreuse pour les générations futures. Tous est lié, une baisse de qualité de notre système éducatif, conduira à plus d’insécurité (peut être est-ce le but pour la droite ?), et tirera encore un peu plus notre société vers le bas.

 
 

 


Segolene - Débats - Education
envoyé par da93

Guillaume Leblond
par Moselle d'avenir publié dans : Education
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