Dimanche 6 juillet 2008

La récente polémique opposant Ségolène Royal à l’UMP mais aussi à une partie du PS au sujet de la libération d’Ingrid Betancourt et du rôle joué par Nicolas Sarkozy me paraît constituer un cas d’école des dysfonctionnements actuels du PS. Bien entendu, contrairement à d’autres camarades, je postule que Ségolène Royal n’est pas (du tout) « le » problème du PS et que toute la discussion ne consiste donc pas à dire que l’ancienne candidate à la présidentielle est seule fautive de la polémique qu’ont suscité ses propos. Il ne s’agira pas non plus de juger de l’impact politique – positif ou négatif – des déclarations de Ségolène Royal sur sa personnne dans sa course vers le Congrès du Reims mais simplement de se demander quelles sont les vérités qui éclatent – au sein du PS – à l’occasion de cette polémique.

 

Quelle type d'opposition : le PS n'est pas les FARC : mais doit-on pour autant abandonner son esprit critique dans le maquis ?

 

De la gauche pétitionnaire à la droite ultra-catholique, tout le monde devrait avoir lieu de se réjouir de la libération d’Ingrid Betancourt. Réjouissons-en nous effectivement pour elle d’abord, pour sa famille ensuite. Ensuite, doit-on rester béats, ne pas se demander si l’on n’en a pas « trop fait », si nous n’avons pas contribué à faire monter le « prix » des autres otages quand on voit le sort que l’on a réservé à l’une d’entre-eux ? Ne doit-on pas se poser la question de la réussite de la stratégie colombienne au détriment de la voie française ? De l’implication des Etats-Unis, d’Israël ? Ne pourrait-on pas s’interroger sur une cause peut-être plus people que réellement populaire ? En d’autres termes, existe-t-il une injonction (biblique ?) à être heureux et… simple d’esprit ?


Le mythe de l'union nationale


Même en Sarkozye, les mots ont un sens et nous ne sommes pas en situation de guerre. Il n’est donc pas question d’ « union nationale » sur une question pareille ou alors faudrait-il la déclencher à tout bout de champ et remettre en cause la nécessaire pluralité démocratique tous les jours. Dans ce cas, doit-on considérer que Ségolène Royal a brisé l’ « union nationale » ou qu’elle a simplement joué le rôle de l’opposition, à savoir rappeler les faits et enjoindre le pouvoir actuel à ne pas récupérer l’événement ? Est-ce « triste et consternant » comme l’a dit le (pourtant habituellement bien mieux inspiré) député Philippe Martin de rappeler ces faits, de contourner la machine de guerre médiatique élyséenne qui de l’invraisemblable culottée Rama Yade à l’éternel sondage Le Figaro/LCI/Opinionway s’était enclenchée ? On aurait pu croire, au vu des premières déclarations et de la relative retenue présidentielle, que la récupération n’allait pour une fois pas avoir lieu. C’était sans compter dès le lendemain matin les déclarations tonitruantes et le concert de klaxons tout au long du week-end.



Les socialistes qui ont vertement critiqué les propos de Ségolène Royal se sont donc engouffrés, même si l’événement a un caractère particulier, dans l’un de leurs principaux travers depuis quelques mois : le mythe de l’union nationale. Plusieurs camarades sont souvent tentés par cette illusion sarkozyste née de la fausse ouverture. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que l’un des principaux critiques de S. Royal soit Jack Lang qui n’a plus rien à prouver en termes de déclarations dissonantes (avec son camp) et de sarkolâtrie parfois avérée. Non seulement l’union nationale n’a pas à exister pour ce genre d’événements mais cela met en outre complètement à mal l’un des rôles fondamentaux d’une opposition politique en démocratie : son caractère cathartique.

 

Le PS n’a bien sûr pas à s’opposer par principe à toute action de Sarkozy (il est d’ailleurs savoureux d’entendre un fabiusien, Philippe Martin, nous expliquer la nécessité de pas faire d’ « opposition frontale »), il doit néanmoins non seulement s’exprimer mais aussi démonter scrupuleusement les plans de communication du pouvoir. En l’occurrence, c’est exactement ce que Ségolène Royal a fait, en guise de prévention, dans la mesure où sur le fond, ses propos ne sont pas condamnables, si ce n’est à dire que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, dont les propos sont exactement les mêmes que ceux de Ségolène Royal, est un anti-sarkozyste acharné.

 

Si la stratégie sarkozyste ne fonctionne pas en Colombie, elle se déroule parfaitement au PS!

 

Au cours des derniers jours, les principaux « ténors » de l’UMP ont rivalisé de grossièretés voire d’insultes en tout genre pour attaquer Ségolène Royal. « Petite fille dans une cour d’école » (Fillon : aurait-il pu ajouter : « qui distribue des caramels mous ? »), « enfant qui vient gâcher la fête » (de la part de Rama Yade – sic) ; « femme à l’humanité d’un bigorneau » (Estrosi)… Ni Philippe Martin ni Jack Lang n’ont jugé utile, dans les communiqués de presse qu’ils ont fait paraître instamment, de condamner la teneur des propos tenus par ces personnalités de droite à l’encontre de leur camarade de parti. S’ils avaient le droit de ne pas être d’accord avec son affirmation, ils avaient le devoir de le faire d’une autre manière, sans des qualificatifs aussi grossiers (« consternant » ou « faute morale ») et surtout en prenant la peine de regretter les insultes proférées. A ce titre, il faut toutefois remercier Christophe Caresche, Julien Dray et Pierre Moscovici d’avoir chacun de leur côté, malgré des engagements différents pour le Congrès, dénoncé les propos tenus par la droite.

Trop occupé à la guérilla interne, le PS a-t-il rendu les armes face à la droite ?

Alors que la droite donnait un spectacle, à certains égards pathétiques certes, d’union totale autour de la figure présidentielle et de sa défense, la gauche donnait une fois de plus l’image d’un parti disloqué, où toute forme de camaraderie, de protection mutuelle face aux attaques du camp d’en face étaient bannies en échange de petits calculs politiciens. Cette absence d’union au sein du PS est pourtant l’un des principaux reproches constamment (et à juste titre) adressé aussi bien par les militants que par les citoyens de manière générale aux cadres du Parti. Cela ne les empêche pas de continuer et de s’enfoncer dans cette voie sans issue.

Au-delà du fait de savoir si la déclaration de Ségolène Royal était opportune ou non, nécessaire ou non, cette histoire illustre précisément ce que le PS était pendant une partie de  la campagne présidentielle et continue à être aujourd’hui, en raison de petits calculs boutiquiers et de l’esprit clanique qui y règnent : un magnifique chèque en blanc à la droite, pourtant l’une des pires que la France ait eu à connaître.

Cela démontre malheureusement que le leçons de la présidentielle et notamment l'absence de solidarité au sein du Parti n'ont toujours pas été tirées mais aussi que Ségolène Royal reste l'opposante numéro 1 et sans doute celle qui en en ayant vécue les conséquences néfastes, sera sans doute la plus capable à y remédier.



par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Jeudi 7 février 2008

Commençons par un mea culpa. Nous, socialistes, avons fait une erreur manifeste – non pas d’appréciation (nous le savions) – mais de tactique lors des dernières élections présidentielles.

 

Même si certains d’entre-nous avait fait part de leur prudence, nous n’aurions pas du faire passer Nicolas Sarkozy pour un « ultra-libéral ». Non seulement cette assertion n’a pas vraimChiracSarkozy.jpgent de sens mais elle était fausse quand on observait de manière attentive le programme du candidat de l’UMP. Qu’il s’agisse de mœurs (hostilité réaffirmée au mariage des couples homosexuels), d’une grande partie de la politique économique (suppression des droits de succession) ou pire encore de politique sécuritaire et d’immigration, le programme sarkozyen n'était pas ultra-libéral mais un vrai condensé d’ultra-conservatisme. Ajoutez à cela une politique internationale mêlant atlantisme doctrinaire et pseudo-hostilité à la Realpolitik au profit d’une diplomatie morale et vous rajouterez une petite touche de « néo-cons » (à la sauce américaine). 

L'escroquerie du 6 mai

 

Dans la pratique ensuite, Sarkozy n’est ni libéral ni même conservateur, il n’est rien du tout. Il est chiraquien. La cacophonie invraisemblable de ces dernières semaines (en résumé : oui puis non puis oui puis ? aux OGM, à la police de proximité, à la suppression des 35 heures, au rapport Attali, à la politisation des municipales, à l’étatisation du site Arcelor-Mittal de Gandrange…) n’est pas seulement qu’un jeu d’influences au sein de la cour sarkozyenne entre conseillers de la lumière et ministres de l’ombre (tiens, ce n’est pas censé être l’inverse ?). Ce capharnaüm permanent est en réalité consubstantiel du sarkozo-chiraquisme. Elevé aux mamelles de Pasqua et de Chirac, après les avoir tous deux trahis, la sarkozysme est un mélange d’affairisme jet-setteur (les « contrats », l’étalage de la vie privée, le jet Bolloré) et de démagogie politique permanente. Ce n’est pas un hasard si le seul précédent historique d’une telle chute dans les cotes de popularité est précisément celui de… Chirac !

 

Sarkozy a en effet été élu sur une double imposture :

- celle de sa prétendue « compétence » alors que ses bilans ministériels (hormis peut-être le sauvetage d’Alstom) sont de véritables naufrages, qu’il s’agisse du Budget en 1993-1995, de l’Intérieur ou de l’Economie et des Finances entre 2002 et 2007 ;

- celle de la prétendue « rupture » qui n’est en réalité qu’une continuité refoulée (vous n’avez jamais remarqué que les Ministres toujours au gouvernement et déjà présents sous Raffarin et Villepin font toujours partir les « réformes » de 2007, comme s'il s'agissait de l'"année zéro" de la droite ?) des piteuses années Chirac. Qu’il s’agisse de sa promesse d’être le « président du pouvoir d’achat », de créer un « choc de confiance » ou encore de faire « revenir la France au centre de l’échiquier mondial », le moral des Français est au plus bas depuis 20 ans, la croissance est à un niveau lamentable (et le déficit du commerce extérieur à un niveau « historique ») et la France est la risée de la presse internationale bien moins obséquieuse que les journalistes français à l’égard du pouvoir en place.

 

La tour d’ivoirisation

 

Au départ, on pouvait croire que Sarkozy rompait avec l’autisme dont Jacques Chirac a fait preuve pendant son deuxième mandat en particulier, en utilisant les recettes de Claude Pilhan sur la « rareté de la parole présidentielle », qui confinait à un isolement total dans la forteresse file_242458_117867.jpgélyséenne tandis que la pays grondait.

Aujourd’hui, c’est en définitive du Chirac, en pire. Comme durant l’époque chiraquienne, l’Elysée est un bunker duquel tout sort (voir les déclarations quotidiennes des porte-paroles et autres conseillers) mais au sein duquel rien ne rentre. Contrairement à Chirac, il intervient sur tout, surréagit en permanence, court après le fait divers, fait des déclarations à l’emporte-pièce immédiatement démenties par les faits. Sarkozy, c'est l'indécision et la démogagie de Chirac, l'ostentation et l'amateurisme en plus

Sarkozy s’est aujourd'hui totalement enfermé dans une bulle, persuadé que son action est soutenue, que ce sont ses réformes (lesquelles ?) qui ont créé une très forte impopularité qu’il juge temporaire. Il balaie d’un revers la main toute critique sur son comportement, sa désinvolture, son incapacité à incarner la fonction présidentielle, ce que Chirac, bon gré mal gré, avait toutefois réussi à faire.

 

Entouré d’une cour qui lui doit tout, qui est habituée aux pratiques claniques depuis leurs premiers amours dans les Hauts-de-Seine, personne n’ose lui dire ce qui est en train de se passer.  Malgré de sérieux remous, mais municipales obligent, la majorité fait encore front pour le moment. Toutefois, comme le promet déjà Claude Goasguen, à qui on ne peut pas vraiment faire des procès de lèse-sarkozysme, ça risque de « chambarder » pas mal après les municipales.

 

Electoralisation, piège à cons !

 

Et comme le niveau de chambardement sera proportionnel au niveau de la défaite, Sarkozy en pur chiraquien aux abois, nous refait le coup de la bonne soupe électoraliste. Une obole de 200€ par ci pour les retraités (parmi les premiers déçus du sarkozysme), un Carambar par là en plus par mois pour les fonctionnaires (le ridicule 0,5% d’augmentation du point d’indice), le retour des OGM pour les furax déjà dépendants des semences de Monsanto, la promesse de l’augmentation des pensions, le retrait en quelques jours (c’est la rue qui gouverne ?) d’une mesure pourtant nécessaire du rapport Attali… Bref tout y passe, n’en jetez plus. Les caisses de l’Etat sont vides, « archi-vides » même, comme le dirait le sémillant Ministre du Budget (qui mérite un bon zéro pointé), mais il faut tout de même penser à d’autres caisses… celles de l’UMP !

 

Cette précipitation dans la distribution de petits cadeaux dont certains pourtant nécessaires en deviennent honteux tellement ils sont déconnectés de toute politique globale cohérente. Les Français ne doivent pas (ou plus) s’y tromper. Il y a 8 mois, ils ont fait confiance dans leur majorité, certains sans doute en toute bonne foi, à un homme qui leur promettait ce qu’il n’a jamais été capable de faire : « changer » aussi bien lui-même, son comportement (politique évidemment) que le pays qu’il dirige.

 

Les douze années de Chirac, par les faux espoirs qu’il a suscités en 1995 et les blocages qu’il a imposés au gouvernement Jospin entre 1997 et 2002, par son calamiteux deuxième mandat (qu’il partage largement avec Sarkozy) ont contribué à déclasser la France au niveau international.


Les cinq ans de Sarkozy, ce « coup d’éclat permanent » (belle formule de François Hollande)bush__afp_ngan-1.jpg s’annoncent désormais sérieusement et malheureusement comme largement pire. Si nous avions dit une chose de plus juste durant la campagne, c’était que l’élection de Sarkozy était « dangereuse ». Dangereuse parce qu’après les cinq dernières années de chiraquisme notamment, les Français avaient soif de politique et l’ont démontré en mai 2007 en participant à plus de 85% au scrutin présidentiel. Cette illusion de volontarisme « politique », relayée complaisamment par les media s’est transformée en volonté égocratique. Afin que les Français croient à nouveau en l’action politique, répondant à des critères simples de lisibilité et de cohérence, le Parti Socialiste, seule force d’alternance, a plus que jamais besoin de se rénover pour dire dès mars 2008 que nous allons résister sur le plan local et démontrer que d’autres politiques sont possibles. A nous aussi de faire comprendre aux Français que 10 ans (voire 17…) en 2012, ça suffira, largement.

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Mercredi 28 novembre 2007
Ces dernières années, elle a mis le droit d'accès à l'eau au premier rang des droits de l'Homme, décidant d'en faire une de ses priorités au côté de l'éducation, de la démocratie participative et de l'économie responsable.

Citation de Danielle Mitterrand : « Aujourd’hui, France Libertés, forte de ses actions dans le monde, qu’elles soient construction d’école au Mali, lutte contre la peine de mort ou pour l’instauration du droit d’accès à l’eau pour tous, veut résister à l’oppression économique et politique internationale et aider à construire un monde solidaire et pacifique. Vous aussi, vous avez votre place à nos côtés. Conjuguons ensemble ces deux verbes au futur. »
 

Lors du référendum sur le projet de texte constitutionnel européen, en 2005, elle s'oppose à une partie de sa famille en prenant officiellement position pour le « non », mettant ainsi l'aura de son ancien mari dans la balance. Elle prend parti pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle de 2007.

 

Le livre de sa mémoire

 

    

Mal assurée, la voix s’estompe dans un murmure, les mains jointes supportent le micro et mangent partiellement le visage de l’ex-première dame de France. D’emblée, l‘oratrice affiche sa détestation d’un tel qualificatif « Elle n’a aucune existence de droit, ni statut, ni rôle », casse-t-elle, les paupières mi-closes. Durant quatorze ans Danielle Mitterrand a beaucoup travaillé dans son bureau, au 55, rue du Faubourg saint-honoré, Elle y a jeté les bases de sa fondation France Libertés, créée en 1986 désormais orientée sur les enjeux internationaux de l’eau.

 

Aujourd’hui, à 83 ans, elle pianote sur son blog et confie une passion presque juvénile pour Internet « C’est fabuleux de converser avec le monde entier. Le blog a été pour moi une porte de sortie. Elle y voit même un rempart contre les dictatures. C’est qu’à ses yeux la planète ne compte guère de régimes démocratiques. « La démocratie, ça n’est pas que le vote, c’est bien plus que cela », assure-t-elle.

 

De son parcours, de ses engagements, elle ne renie rien conservant la rose et les épines. « Je ne suis pas une rebelle, je suis simplement hérissée contre les injustices », lâche-t-elle empreinte d’une certaine lassitude. Le propos convoque le sous commandant Marcos — et « sa très belle symbolique » — « Ce qui est important ça n’est pas ce qu’il y a sous le passe- montagne, c’est ce qui en sort. » L’évocation de sa bise à Castro la fâche. La distance se creuse brusquement, le regard de braise se fait inquisiteur.

 


De Mazarine et sa mère il n’est pas question 



Pasionaria, Danielle Mitterrand a érigé Cuba en chemin de croix laïc. Son sanctuaire, Elle avance de station en station avec la foi du charbonnier, Fustige « la plus grande injustice mondiale de notre siècle ». Salue « la dignité retrouvée de cette population » foulée au pied par le dévoyé Batista. Mais passe sous silence le triste sort des prisonniers politiques du régime castriste.,.

 

On succombe davantage à ses emportements contre « la marchandisation du monde ». L’économie, l’eau ou encore les sentiments, rien dans son inventaire n’y échappe « Il est grand temps que l’homme reprenne conscience du privilège de sa richesse intérieure pour ne pas la dilapider en conversations de café du commerce. » La blessure intime affleure la cuirasse. De Mazarine et de sa mère, il n’est jamais question. « Oui. Je me protège et je refuse la mondialisation des arrière-cuisines et des alcôves destinées à faire du fric.  L’argent qui est nécessaire n’est pas celui-là. Je suis une femme qui veut continuer à vivre hors de cette dictature économique qui nous prive d’avenir », et conclut par cet aveu que ne renierait pas Besancenot « On n accuse d’être des zozos parce qu’on ne veut pas du pouvoir, mais ce qu’on veut, c’est être entendu. »

 

 

« Le PS est mort, et alors ? »
 

 

Naissance : Danielle Mitterrand « entre dans la vie de ses parents par une belle soirée d’automne » en 1924 à Verdun. Son père vient d’être nommé principal de collège à Buvignier. « C’est ainsi que je suis née Lorraine aux racines bourguignonnes. » « J’ai quitté la Lorraine à l’âge de cinq ans et je n’en ai conservé que des flashes», avoue-t-elle.


Sauvetage : Un soir de mai 1924 sa mère trompée et déjà enceinte tente de se jeter d’un pont dans la Durance avant de se raviser. J’ai toujours pensé que je l’avais empêchée. C’est de là que vient ma volonté de toujours vouloir sauver ce qui est sauvable. Je me suis fait une religion du sauvetage. »
  

Mitterrand : « Il était beau garçon, courageux, intelligent et il plaisait beaucoup à mes parents. Mais jamais en épousant François je n’ai pensé épouser un destin. »

 

Pouvoir : « Le président de la publique n’a en réalité aucun pouvoir. Deux ans après l’élection de François Mitterrand le seul pouvoir des finances a repris le leadership.

 

Politique : « Non, je n’étais pas plus à gauche que François. L’homme l’était tout autant que moi. Mais le président de la République a dû sacrifier à la realpolitik 

 

 

 

Cuba (colère) : Je connais Cuba. Depuis 1974 je travaille avec Castro. C’est lui qui a été choisi par son peuple pour permettre à cette île d’échapper au régime esclavagiste de Batista  qui en avait fait un jeu d’argent et de luxure. Les Cubains sont très fiers de leur révolution et leur malheur vient du harcèlement des Etats-Unis. »

 

PS : « C’est triste de voir qu’il y avait si peu de conviction chez les cadres du PS qu’ils sont partis ailleurs. Le PS est mort, et alors ? Je croise toujours autant de gens de gauche qui se battent pour leurs idées. Tous ceux qui accordent la priorité à la vie plutôt qu’à l’argent. La gauche est bien là, et elle travaille. »


 

                                                                                                                   Matthieu Schmidt

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Vendredi 23 novembre 2007

Il est de bon ton actuellement de railler l’absence des principaux dirigeants socialistes sur le front socialJosiane-Balasko.JPG et plus généralement dans leur rôle en tant que principaux opposants au pouvoir en place. En interpellant de façon tonitruante les dirigeants du PS récemment, Josiane Balasko n’a fait que participer à la curée médiatique dont sont victimes l’ensemble des dirigeants socialistes actuellement. Le « PS bashing » a bien sûr des origines diverses et on ne peut pas exonérer notre Parti et ses dirigeants par ricochet de toutes responsabilités. La « chaude affection littéraire » dixit Ségolène Royal que se sont témoignés les dirigeants socialistes après la campagne électorale a fortement contribué à créer cette impression d’un Parti balkanisé, sans vision d’avenir. Les déclarations intempestives de certains parlementaires, s’écartant volontairement de la ligne pourtant décidée à la majorité (comme la récente décision du Bureau National sur le traité modificatif) sont également des causes évidentes de cette ambiance médiatique.
 

La pensée médiunique

Vautour.JPGMais au-delà de ces causes justifiées, on perçoit une forme de jubilation de la plupart des journalistes (sans parler des caciques de l’UMP), tels des vautours se goinfrant sur la carcasse de ce que serait la gauche de manière générale, à savoir « un grand cadavre à la renverse » comme Jean-Paul Sartre et non un « philosophe » contemporain a pu l’écrire.
Or, cette hallali est totalement disproportionnée quand on rappelle simplement que cela fait à peine six mois que le PS a perdu les élections. Qu’une défaite de ce type occasionne de profonds troubles dans l’identité d’une famille politique. Ou encore que sans remonter très loin dans l’histoire, on se rappelle de cette période de près de quatre ans, entre 1997 et 2001, où la droite s’intitulait elle-même « la droite la plus bête du monde » et vociférait sur ses bancs contre toutes les réformes entreprises par le gouvernement Jospin (il n’y a qu’à se rappeler l’exemple particulièrement navrant du PACS). La période d’introspection actuelle est nécessaire, même si elle a connu les dérives d’une trop forte personnalisation des enjeux. Plus elle sera intense, plus elle sera sans concessions, plus nous pourrons ensuite être en capacité de nous refonder pleinement. C’est une période peu agréable pour les militants et sympathisants socialistes mais qui est nécessaire, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’après 2002. En ne quittant pas la vie politique de manière faussement digne, Ségolène Royal a rendu en réalité un grand service aux socialistes. Les attaques personnelles dont elle a été victime témoignent paradoxalement du fait que l’on ne peut cantonner l’explication à la personnalité du(de la) candidat(e) et que c’est le PS dans son entier qui doit se questionner. Certains objecteront que cette introspection empêche le nécessaire travail d’opposition, pourtant indispensable dans une démocratie qui fonctionne bien.

 

 

Comment l’hyperprésidentialisation du régime efface le travail souvent remarquable effectué par les parlementaires socialistes

 

On a eu l’occasion de souligner ici les limites de certaines initiatives prises par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Pour autant, il ne faudrait pas négliger l’implication totale de nombreux parlementaires socialistes dans leurs hémicycles respectifs (Sénat et Assemblée Nationale). Soulignons par exemple les travaux de Alain Claeys ou de David Assouline sur les questions universitaires, ceux de Geneviève Fioraso sur la recherche, ceux d’Arnaud Montebourg sur la justice, ceux de George-Pau Angevin sur l’immigration… et la liste n’est bien entendu pas exhaustive. Malheureusement, ce travail est effacé par l’effacement progressif du Parlement et par la faiblesse du Premier ministre et du gouvernement actuels. Aucune décision ne leur appartenant, tout étant arbitré sans qu’ils soient consultés, les feux de l’actualité se concentrent rue du Faubourg Saint Honoré plutôt qu’au Palais Bourbon ou au Palais de Luxembourg. Le travail des parlementaires socialiste reste ainsi majoritairement inaudible, ce qui oblige certains de nos députés, à faire dans la surenchère verbale. Le dernier exemple caricatural est encore celui de Mme Dati sur la carte judiciaire, refusant même de recevoir les propositions du groupe socialiste, alors qu’une réunion de conciliation (autrement dit de marchandages) avec les parlementaires UMP a eu lieu à Matignon.

 
 

Ni frontale ni conciliante, l’opposition doit travailler l’alternative et pas l’alternance

 

Les reproches faits par la fameuse « pensée unique » médiatique au PS sont d’une contradiction profonde. Si Jean-Luc Mélenchon réclame une opposition sans concessions à la majorité en place, une avalanche de dénonciations en « sectarisme » s’abat sur les socialistes. Si Manuel Valls propose, maladroitement parfois, de soutenir le gouvernement sur le fond de certaines rares réformes, la meute crie à l’opportunisme et à la mollesse.

ps-1.pngEntre tentation de la pureté et mythe de l’union sacrée, il semble qu’une autre voie puisse être employée par le principal parti de gouvernement alternatif au pouvoir en place qu’est le PS. Le PS, s’il peut adresser des messages de sympathie aux mouvements sociaux qui se forment, notamment celui des fonctionnaires (au sein duquel un cortège du PS était d’ailleurs présent et bien accueilli) n’a pas vocation à se réfugier dans le contentement du suivisme syndical. Sans s’éloigner des principes stricts de la charte d’Amiens, le PS doit davantage entendre les propositions que les simples revendications du mouvement syndical.

La réforme des régimes spéciaux, entre autres, indique ce qu’est cette opposition « alternative ». Nous n’aurions pas pratiqué la même tentative de revanche sociale qui s’est soldée par la frustration de tous, celle des cheminots comme celle des usagers. Nous n’aurions pas menti aux Français sur le fait que cette réforme a minima réglerait magiquement la situation – au passage inquiétante – du déséquilibre des régimes de retraite. De ce fait, nous n’aurions pas isolé facticement de problème de l’ensemble de la question des retraites. En revanche, nous aurions aligné la durée de cotisation sur 40 ans. Soyons clairs !

 
La réforme des universités
, de la même manière. Nous aurions fait l’autonomie mais une autonomie réelle, pas celle prévue par la loi Pécresse (et par le manque de moyens du budget de l’enseignement supérieur) que nous avons décrit ici.
 


Nous ne devons pas non plus céder au moindre appel du pied d’une personnalité, aussi respectable soit-elle, sur une cause pourtant juste, avant d'être en mesure de proposer plutôt que d'hurler. La gauche efficace, économique et sociale plutôt que la gauche morale.
François Hollande a eu parfaitement raison de se rendre rue de la Banque hier au vu de l’entêtement incompréhensible des autorités au sujet de ces familles en situation régulière ne bénéficiant pas de logements décents. Il a eu d’autant plus raison de le faire que son intervention s’est soldée par quatre propositions concrètes :

 

- créer 100.000 logements temporaires: logements promis à la démolition, logements qui ne sont pasSRU.JPG occupés ;
 

- créer 120.000 logements sociaux, contre 50.000 aujourd'hui, en accordant les mêmes crédits au logement social et au logement privé, soit 23.000 euros par logement ;
 

- confirmation de "l'engagement de créer 20% de logements sociaux sur chaque programme immobilier conformément à la loi solidarité urbaine". "Je demande à Nicolas Sarkozy que, chaque fois qu'un maire ne répond pas à cette obligation, le préfet se substitue à lui", a-t-il précisé. Rappelons que cette proposition est également incluse dans la première version du rapport Attali, qu’on nous vend comme « apolitique » ; 

- encadrer les loyers pour 2008 au niveau de l'inflation.


Plutôt que la simple revendication et la déclaration d’intentions, le PS a donc fait des propositions. Qui permettra finalement de mieux faire avancer cette question cruciale ? L'action de Bertrand Delanoë (30 000 logements sociaux financés sur la mandature 2001-2007 contre 8000 entre 1995 et 2001) et de tous les présidents d'exécutifs locaux qui prennent ce projet à bras le corps ou les protestations attendrissantes (parfois) mais (toujours) totalement inefficaces d'un Olivier Besancenot ? Croyez-vous que cela est arrivé jusqu’aux oreilles de Josiane Balasko ? Le PS ne mérite pas [encore] qu'on lui tresse des couronnes de lauriers. Il ne mérite pas non plus d'être cloué au pilori.

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Lundi 5 novembre 2007

Le débat sur le traité modififacit ou "mini-traité" agite comme en 2005 l’ensemble des socialistes. Ségolène Royal était parvenue pendant la campagne à refermer une grande partie des cicatrices laissées par la bataille référendaire. Aujourd’hui, le débat s’ouvre à nouveau.

En revanche, la situation politique est tout à fait différente : les socialistes ont perdu les échéances électorales récentes et le pouvoir en place jouit encore d’une relative appréciation de la part des Français, du moins selon les sondages (à comparer à l’impopularité criante du gouvernement Raffarin à l’époque). Par ailleurs, les socialistes, et nous devons tous le déplorer, sont encore trop peu audibles.
Vincent-Peillon.JPG
Par ailleurs, au sein du PS, les positions évoluent. Vincent Peillon et d’autres personnalités ayant penché pour le « non » en 2005 viennent de signer un texte invitant à voter « oui » lors de la prochaine consultation. Demain, le Bureau National du PS doit se mettre d’accord sur la position que devront tenir l’ensemble des dirigeants socialistes (et qui sera, on l’espère, respectée). Tout le monde ou presque est d’accord pour dire que la pire des solutions serait l’abstention, impossible pour le principal parti de gouvernement leader de l’opposition qu’est le PS. En deux temps, en complément de la prise de position de Thomas Livérani ci-dessous, je souhaite donc faire part de mon point de vue. 

 

1. Sur le mode de ratification du traité modificatif 

 

Lors de la campagne présidentielle, Ségolène Royal avait promis la ratification d’un nouveau traité par voie référendaire. Elle aurait tenu ses engagements dit-elle, en élargissant la question du référendum à une « réforme globale des institutions […] avec un volet sur les institutions européennes ». Aujourd’hui, elle explique que le référendum n’est plus une « question de principe » et elle ne s’oppose pas en tant que telle à sa ratification parlementaire. Certains parlent de trahison. Il me semble qu’il s’agit au contraire d’un principe de réalité démocratique.

Nicolas Sarkozy a remporté les élections présidentielles et législatives en mettant en avant sa volonté de ne pas consulter le peuple à nouveau sur la question européenne. Aujourd’hui, pour bloquer le processus choisi par Nicolas Sarkozy et en partie avalisé par les Français lors du scrutin du 6 mai 2007, l’ensemble des parlementaires de gauche devrait voter « non » à la révision constitutionnelle lors du vote au Congrès. Même si tous les parlementaires de gauche votaient contre (ce qui est peu probable), leurs voix ne suffisant pas, ils devraient s’allier avec les pires représentants du souverainisme de droite (Nicolas Dupont-Aignan et autre Philippe de Villiers) pour faire capoter le processus. Quelle belle image de la gauche française donnerions-nous alors, non seulement à l’égard des citoyens mais surtout de nos voisins et amis de gauche européens !

 

Nous avons exigé le référendum, Nicolas Sarkozy l’a refusé. Toute démarche jusqu’au-boutiste dans ce domaine conduirait à une illisibilité totale de la démarche du PS, s’alliant avec les plus anti-européens en confondant les enjeux intérieurs et extérieurs. Bien entendu que Sarkozy tentera à nouveau de récupérer ce « succès » qui n’est que le fruit d’un long processus commencé dès le lendemain du 29 mai 2005 et relancé par la chancelière allemande. Mais le PS n’a malheureusement pas le choix en matière, au risque sinon de rejoindre les rangs d’une gauche qui ne sait que protester, jamais construire.

 

 

2. Sur la réponse à donner 


Comme beaucoup de militants socialistes, malgré le vote interne qui avait donné une large majorité au « oui », j’ai voté « non » le 29 mai 2005.
Ceci pour plusieurs raisons, notamment le fait que les parties III et IV étaient constitutionnalisées, que la Charte des droits fondamentaux n’avait aucune valeur contraignante ou encore que l’indépendance de la BCE était sanctuarisée, tout autant que sa politique autiste de lutte contre l’inflation. Je sais que ce dernier élément n’est pas réglé et que le traité modificatif contient également ces dispositions. En revanche, la Charte des droits fondamentaux a une valeur contraignante (excepté pour la Grande-Bretagne évidemment…) et les parties III et IV ont été rejetées à juste titre de ce texte, leur retirant leur caractère de « marbre constitutionnel ».

 

Bien sûr, le texte est complexe et comprend sur le volet institutionnel un certain nombre d’incongruités relevées lors des discussions sur le TCE (Traité Constitutionnel Européen) en 2005. Oui.JPGMais de facto, il s’agit d’un traité modificatif sur lequel nous pourrons revenir, à condition de créer un consensus et de ne pas s’en remettre comme cela a pu être fait par le passé (Conseil de Barcelone en 2000) à la nécessité absolue du compromis pour accepter toutes les mauvaises directions prises par la construction européenne.

 

Le PS est le parti européen par excellence, celui qui a contribué à valider le traité de Maastricht, entériné le traité d’Amsterdam, qui a qualifié la France pour l’Euro (sans lequel, par exemple, nous aurions dévalué au moins 5 fois le Franc, compte tenu de notre déficit extérieur). Nous n’avons pas les manettes du pouvoir national avant cinq années. Il ne s’agit pas de faire un cadeau à Sarkozy mais de ne pas se diriger vers une impasse politique assurée que serait l’abstention ou pire le « non ».

 

La rénovation mérite un « oui » même critique. Nous ne pouvons, socialistes, femmes et hommes de gauche français, avoir toujours raison contre nos amis de gauche espagnols, portugais, italiens, scandinaves ou encore anglais. Cette fois-ci, pour ma part, ce sera un « ou, mais » mais un « oui ».

Jonathan Gindt 
par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Jeudi 1 novembre 2007
Après avoir décrit les blocages, il convient de parler du nouveau Traité et notamment de définir s'il répond, ou non, aux défis et aux ambitions qui se posent à la construction européenne. Cet article est ici plus personnel et ne prétend aucunement à une objectivité quelconque. 

Confessions d'un noniste européen


Je souhaite tout d'abord, et sans vouloir polémiquer ni ranimer les vieux démons, revenir sur les motivations de mon vote « non » à la Constitution Européenne. Deux points me tracassaient tout particulièrement :

Drapeau-UE-copie-2.JPG- Le premier était la constitutionnalisation des politiques européennes couplée à une procédure de révision à la double unanimité. Ce texte, et donc ces politiques, n’auraient plus été modifiables pendant des dizaines d’années et auraient, j’en suis convaincu, entravé tout approfondissement de l’Europe. Pour moi, le non dans deux pays fondateurs de l’Union a montré que ce texte était intrinsèquement inadapté aux défis européens : n’était-il pas sensé faciliter les procédures de décision plutôt que de les figer ? N’était-il pas sensé prendre la mesure des élargissements et rendre l’Europe plus efficace ? Ces refus de la constitution ont validé le choix du non en montrant les failles d’un texte qui n’était pas à la hauteur de l’ambition européenne;

- Le second point était que, même si la Constitution marquait un certain nombre d’avancées non négligeables en matière de gouvernabilité, elle ne permettait de régler que partiellement et temporairement ce problème. Le déficit démocratique et surtout le problème identitaire qu’aurait dû régler ce texte ne trouvaient aucune réponse. Cette Constitution aurait donc constitué une chape de plomb sur mon rêve d’Europe et le non nous a permis, pendant deux ans, de tout pouvoir à nouveau envisager. Trois ans après le 29 mai 2005, ma position, loin d’avoir été révisée, s’est renforcée. Ma conviction est que ce texte n’était pas bon pour l’Europe.


Et le traité moditicatif ?


Sans approfondir, il convient ensuite de définir les différentes dispositions de ce nouveau traité.

- Tout d’abord, l’ensemble des symboles d’une Europe politique disparaissent.
Ainsi, le terme de
Constitution, les références aux symboles tels le drapeau à douze étoiles, l’hymne : l’Ode à la joie, la devise : « l’Union dans la diversité » ou encore la mention « La monnaie de l’Union est l’euro » disparaissent. Le Traité établissant une constitution pour l’Europe laisse ainsi la place à un Traité sur le fonctionnement de l’Union. Les noms qui lui sont accolés sont très diverses : Traité modificatif, Traité simplifié, Traité réformateur, Mini Traité… Concernant les critiques de gauche sur la Constitution de 2005, il faut signaler que le risque de constitutionnalisation des politiques européennes disparaît puisque la partie III de la Constitution n’est pas incorporée au nouveau traité même si ces dispositions restent dans les traités déjà existant...

- D’autre part, dans l’article sur les objectifs de l’Union, la référence à la « concurrence libre et non faussée » a été biffée mais ce principe est également maintenu dans les traités existants... Les symboles disparaissent donc mais le fond reste;

- Enfin, pratiquement toutes les dispositions politiques de la Constitution restent en place dans le nouveau traité (vote à la double majorité, extension de la majorité qualifiée, délimitation des compétences, présidence stable du conseil européen, procédure de codécision du parlement européen étendu, rehaussement du rôle des Parlements nationaux). Le Ministre des Affaires étrangères perd son titre pour devenir un « Haut représentant pour la politique étrangère » mais ses compétences restent identiques. La Charte des Droits fondamentaux se verra conférer une valeur juridique contraignante sauf pour le Royaume Uni et pour la Pologne. Pour l’anecdote, le droit d’initiative citoyenne est conservé, il permettra à un million de citoyens d’inviter la Commission européenne à soumettre une proposition.


Les réactions des Etats membres

La réaction des pays européens sont de trois ordres. Les pays scandinaves et germaniques dénoncent l’égoïsme des Polonais qui insistent pour préserver le compromis de Ioannina. Les pays Méditerranéens sont dans l’expectative et approuvent le texte sans pour autant s’en réjouir. Au Royaume Uni, les journaux dénoncent surtout une perte de souveraineté supplémentaire tandis qu’en France Nicolas Sarkozy est présenté comme le sauveur de l’Europe. Deux réactions de presses nationales sont cependant notables. En Suède, pour le Dagens Nyheter, l’accord « n’est en aucun cas la garantie d’une Europe soudainement harmonieuse. Les tensions et les oppositions sont d’une certaine façon inhérentes au système ». Aux Pays-Bas, le De Telegraaf juge l’accord positif et souhaite qu’il ne soit pas soumis à un nouveau référendum, comme l’ont demandé les partis eurosceptiques de l’opposition. Alain Duhamel parle quant à lui de « brave compromis ». Ce traité est donc loin d’emporter l’enthousiasme de ses signataires.

Ma réaction

Pour ma part, en pesant le pour et le contre, j’estime que ce traité n’est pas un traité idéal, loin de là. Rose-PSE.JPGLes arguments du non de 2005 ont été contournés mais pas réellement pris en compte sur le fond. Cependant, l’absence de partie III et la Charte des droits fondamentaux qui deviendrait contraignante sont des avancées non négligeables. J’estime que la Gauche, pour ne pas freiner la construction européenne, et que l’Europe sorte plus ou moins de la crise institutionnelle et puisse s’intéresser aux vrais problèmes des citoyens, tout en montrant sa désapprobation vis-à-vis d’un certain nombre de mesures inacceptables, devrait s’abstenir si un vote parlementaire devait avoir lieu. Cela aurait, en outre, l’avantage d’éviter de nouvelles fractures de la Gauche sur ce thème.

J’estime également, toujours en prônant l’abstention, qu’un référendum serait l’idéal pour l’Europe que j’appelle de mes vœux. Enfin, je ne peux que constater la petite musique "ouiouiste" qui repart de plus belle ces derniers jours et qui me hérisse au plus haut point. Il faut que ces gens qui assènenent et empêchent la tenue d'une consultation populaire sachent qu'ils pourront signer
autant de traités qu'ils veulent, l'Europe ne se fera pas sans les Européens.


Thomas Liverani

 

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Vendredi 12 octobre 2007

On glose souvent sur les investitures, les synthèses, les motions ou encore les congrès, parfois à juste titre. Mais on oublie souvent que tout cela est la condition du fonctionnement parfaitement démocratique du Parti Socialiste. Au-delà des limites évidentes de ce qui constituait une première, tout les observateurs ont d’ailleurs souligné le caractère démocratiquement incontestable des primaires organisées par le PS en novembre dernier, seul parti de France à l’avoir fait.


Face à cela, l’UMP est en progrès tout relatif, certains de ses candidats (même si cela ne leur porte pas toujours chance…) étant désormais, comme à Paris, désignés par les militants.

Vous avez dit "Mouvement" quoi déjà ?  


On pouvait alors se dire, au vu de la jeunesse et de la prétendue fraîcheur qui anime celui qui se réclame comme la « seule nouvelle formation politique française », qui porte en étendard, dans son propre nom, la revendication « démocrate », qu’il fasse de même.
Puisque ce parti nouvellement constitué prétend faire de la politique autrement, créer une « force politique nouvelle », qu’il le fasse en prenant le meilleur du fonctionnement d'un parti moderne !


Jean Arthuis (président du groupe UDF au Sénat) déclarait récemment qu’on ne « dirigeait pas un parti comme une secte » en visant explicitement ce qui ou est pas son parti, that’s [an other] question. Or, la façon dont le Modem vient de procéder au désignation à l’investiture des candidats aux municipales dans de nombreuses villes de France témoigne au contraire du caractère extraordinairement passéiste et anti-démocratique de sa démarche.


Dans ce qui est présenté comme une première vague d’investitures, c’est une « commission électorale nationale », composée de 12 membres, qui a procédé à la désignation de 41 têtes de listes, dont, rien que ça, la tête de liste aux municipales de Paris, bien entendu Marielle de Sarnez. Ajoutons à cela que, force politique nouvelle s’il en est, 17 candidats sur les 41 d’ores et déjà investis sont des sortants…

 

Outre que cette commission fédérale n’a pas de légitimité puisqu’elle n’a pas été désignée par les adhérents du Modem, elle est en contradiction avec l’exigence démocratique dont ne devrait s’affranchir aucun parti politique d’importance, d’autant plus s’il est aussi jeune que le Modem.

Alors, erreur de jeunesse ou récidive ? On se souvient à Paris de la façon dont Quitterie Delmas (voir son blog), pourtant excellentissime relais de la parole bayrouïste pendant la campagne présidentielle, avait été éjectée de l’investiture aux élections législatives dans le Xème arrondissement, le Modem préférant à la franchise de son engagement une manœuvre politicienne (la candidate finalement investie était un transfuge des Verts).


De nombreux adhérents Modem, qui en sont pour nombre d’entre-eux à leur premier engagement politique, ont réclamé l’organisation de primaires, notamment à Lyon ou à Marseille, où plusieurs candidats à l’investiture pour les municipales s’affrontent. François Bayrou a déclaré qu’il s’y « rendrait »… Pour rendre la justice divine ?

 

On ne peut pas comprendre qu’un mouvement politique qui se réclame comme le parangon de la modernité puisse adopter des méthodes aussi moyen-âgeuses. Cela illustre les difficultés d’un parti concentré autour de la figure d’une seule personne, dont l’anti-sarkozysme est l’unique marque de fabrique au niveau national mais qui n’hésiterait pas, au gré de ses envies princières, et sans consultation de la base, à s’allier avec des listes pourtant soutenues par… Nicolas Sarkozy.

Modem.JPGLe droit d'ingérence démocratique

Mais qu’est-ce qu’un militant PS vient donc faire dans cette galère ? N’a-t-il pas suffisamment à faire avec la rénovation de son propre parti avant d’évoquer les problèmes des autres ?
Tout d'abord, il semble que les militants d'autres partis se sont suffissament prononcés sur l'"avenir" du PS pour que nous puissions en faire autant.
En outre et surtout, il semble que si la parole était réellement donnée à la base militante du Modem, ce serait une ligne politique claire qui se dégagerait visant certes à proposer le maximum de listes indépendantes Modem au premier tour des municipales mais témoignant de sa cohérence au deuxième tour.
Il est effectivement assez rare d’écouter des adhérents Modem encenser le pouvoir national en place. Il est aussi assez peu commun d’entendre des « démocrates » souhaiter le retour du système Chirac-Tibéri-Panafieu à Paris ou du système Perben-Millon à Lyon…

L'illusion de la schizophrénie UMP

L’ « ouverture » fallacieuse menée par Nicolas Sarkozy a déjà suffisamment brouiller inutilement les cartes du jeu politique national transformé en théâtre des ambitions pour que cela ne se reproduise pas au niveau local. Il faut ajouter à cela que la trop forte « concentration des pouvoirs » dénoncée y compris par François Bayrou serait encore renforcée avec des maires UMP.

 

Comme le disait justement Azouz Begag pour Lyon, les villes, les départements (n’oublions pas les cantonales) sont désormais dotés de compétences qui leur permettent dans de nombreux domaines (éducation, insertion, logement…) de remédier aux politiques désastreuses menées par la majorité au pouvoir. Sans n'être que des laboratoires "anti-Sarkozy", ces collectivités territoriales pouraient toutefois éviter de n'être que des laboratoires pro-UMP. Comment imaginer qu’un élu UMP soit d’accord au niveau national avec une forme de politique qu’il ne mettrait pas en œuvre dans sa propre collectivité ?

 

En privant ainsi les jeunes adhérents au Modem de leur expression démocratique, de leur liberté (pourtant deux notions particulièrement revendiquées par eux), François Bayrou continue à ne dessiner qu’une seule perspective… la sienne.

 

Adhérents du Modem, un parti jeune, peu suspect de devoir encore ménager les susceptibilités d’édiles locaux, qui réclame en outre une « nouvelle voie », doit avoir cette exigence, cette cohérence. Soyez libres, soyez démocrates !  

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Jeudi 11 octobre 2007
Une fois n'est pas coutume, nous reprendrons un texte rédigé par des camarades extérieurs au comité. Dans le cadre de la réfléxion que "Moselle d'avenir" a initié dans le rapport des socialistes au marché (ici ou ici), ce qui s'inscrit parfaitement dans le cadre du 1er forum de la rénovation, il nous semble que cette contribution peut être très utile au débat. A vos commentaires !


L’emploi indistinct des notions de marché et de capitalisme est monnaie courante dans le discours aussi bien de la gauche que du néolibéralisme. Pourtant, il y a une réelle ambiguïté voire une contradiction entre ces deux concepts. Lever cette ambiguïté doit être un défi pour les socialistes s’ils veulent se doter enfin d’une doctrine économique claire, enjeu central de la rénovation…

 

 

Marché et capitalisme : le piège d’une imposture

 

Dans un contexte marqué par la nécessité de la rénovation, un des points sensibles et le plus souvent mis en avant est incontestablement la clarification du discours économique de la gauche et notamment de son rapport au marché et à l’entreprise.Fernand-Leger-copie-4.jpg A la lecture de certaines publications, textes de réflexion ou déclarations, on peut pourtant être frappé par une ambiguïté récurrente : l’emploi indistinct des mots « marché » et « capitalisme » comme s’il s’agissait de deux synonymes qu’il serait possible d’amalgamer, tantôt pour les assumer, tantôt pour s’y opposer.

 

Or le marché et le capitalisme sont deux choses tout à fait différentes. Le premier renvoie à un mode de régulation fondé essentiellement sur la concurrence et – condition par excellence d’une concurrence effective – l’atomicité des acteurs. Le second se définit davantage comme un mode de propriété et un processus. S’il est particulièrement difficile à définir – François Perroux parlait du capitalisme et de ses innombrables définitions comme d’un « mot de combat » – le capitalisme renvoie essentiellement en réalité à la propriété des moyens de production par des acteurs privés qui cherchent à concentrer et accumuler du capital afin d’atteindre une taille suffisante pour occuper une position dominante sur un marché, se mettant ainsi à l’abri de la concurrence.

 

Le capitalisme rassemble donc deux éléments fondamentaux qui sont difficiles à distinguer tant ils sont liés : un mode de propriété et un processus de concentration et d’accumulation du capital aboutissant à la constitution d’entités économiques dont la taille est susceptible de remettre en cause l’atomicité des acteurs et d’engendrer inégalités et inefficacité.

 

La contradiction entre le marché, mode de régulation, et le capitalisme en tant que processus est ici aisément perceptible : le premier favorise l’innovation, la concurrence au profit du consommateur et est tout à fait compatible avec l’émancipation individuelle ; le second, par sa logique de concentration porte in fine de sérieuses atteintes à la concurrence, provoque des déséquilibres et, parce qu’il engendre un déséquilibre des rapports de force, peut être source d’exploitation et de domination. Il constitue en définitive une perversion de l’économie de marché.

 

Le contraste est alors saisissant et l’on voit mal d’où pourrait provenir une confusion entre ces deux termes. Il y a pourtant une relation entre capitalisme et marché. Le marché, loin de toute la perfection des théories microéconomiques de la fin du XIXème siècle, peut porter en réalité, s’il n’est pas régulé par la collectivité, les germes d’une dérive vers la concentration inhérente à la dynamique du capitalisme. La multiplication des déséquilibres entre acteurs, au profit d’entreprises qui dominent progressivement le marché peut le faire dériver vers une situation que Schumpeter, à la fin de son œuvre, avait admirablement décrite : une configuration dans laquelle se constituent des « technostructures économiques » aucunement incitées à innover.

 

Or, le discours néolibéral, depuis les années 1970, contribue à brouiller habilement le message en promouvant le capitalisme sous les traits de l’économie de marché.

 

Dupe des apparences et victime d’un discours économique condamnant ou se méfiant au moins du marché et du capitalisme indistinctement, la gauche est tombée dans le piège de cette imposture intellectuelle.

 

Il lui revient aujourd’hui de lever l’ambiguïté et d’affirmer haut et fort sa préférence pour un marché régulé, qui doit faire une place à l’intervention publique afin de le prémunir de toute dérive et déséquilibre qui en menaceraient le fonctionnement et l’esprit même. Cette vision implique une reconnaissance de la légitimité des politiques de concurrence[1], à condition qu’elles n’empêchent pas les synergies nécessaires à la politique industrielle et qu’elles adoptent la maximisation du surplus du consommateur comme critère de référence.

 

En revanche, cette adhésion au marché, n’est pas une adhésion au capitalisme, au contraire : c’est parce que nous sommes attachés au marché que nous voulons combattre les risques de dérives que peut comporter le capitalisme. Nous adhérons au marché, contre le capitalisme en tant que dynamique tendant à la perversion de l’économie de marché. En effet, si, par opposition au communisme, nous privilégions la propriété privée des moyens de production, nous combattons les abus de position dominante qui serait source d’inégalités et d’inefficacité.

 

La gauche doit donc prendre garde de ne pas, à la hâte et pour satisfaire aux simplifications du discours journalistique en période de rénovation, dire qu’elle assume indistinctement un attachement au marché et au capitalisme sans lever cette ambiguïté.


Pour une approche pragmatique du marché

La reconnaissance de l’efficacité du marché comme mode d’allocation des richesses ne signifie cependant pas que sa logique soit légitime dans tous les secteurs. S’il ne fait pas de doute que des entreprises privées peuvent être investies de missions de service public, la privatisation de certains secteurs pose question.

D’un point de vue purement économique, l’ouverture à la concurrence du secteur de l’énergie centraleEDF-copie-1.jpgest-elle réellement porteuse d’une plus grande efficacité, sachant qu’elle entraînera inévitablement la transformation d’un marché monopolistique en un marché oligopolistique ?
Compte tenu de la lourdeur des infrastructures nécessaires, il est en effet inenvisageable que plus de trois entreprises se partagent le marché français. Or l’oligopole incite inévitablement les opérateurs à s’entendre sur les prix et ce au détriment du consommateur, comme le montrent les ententes dans le domaine de la téléphonie mobile (sur les tarifs des SMS ou des communications internationales par exemple). Mais il y a plus. Pour les socialistes, l’accès à l’énergie constitue un droit fondamental qui peut légitimer un contrôle des prix. En outre, ce secteur est aujourd’hui au cœur de considérations géopolitiques et le marché du gaz est particulièrement vulnérable aux caprices de la Russie, ce qui incite plutôt à conserver un opérateur unique, afin de peser davantage dans les négociations avec Gazprom.

Mais il existe d’autres secteurs dans lesquels il peut être utile, voire vital de préserver des opérateurs publics, en situation de monopole ou de complémentarité avec les acteurs privés
. On peut penser par exemple aux secteurs de l’éducation ou de la culture. Si l’on ne peut que se réjouir de la diversification de l’offre générée par l’ouverture des ondes et des canaux télévisuels, l’existence de chaînes de radio et de télévision publiques a vocation à assurer des missions complémentaires, pédagogiques, culturelles et non soumises à des impératifs de rentabilité. Et elle y réussi, au moins partiellement.

Loin de tout dogmatisme, il importe donc de débattre librement du champ et des modalités de l’intervention de l’Etat.
Après avoir redéfini dans un premier temps les missions d’intérêt général au regard des besoins et des attentes actuelles de nos concitoyens, le débat politique devra déterminer ensuite si ces objectifs peuvent ou non être atteints par des acteurs privés évoluant sur un marché concurrentiel. Pourtant, trop souvent, le débat reste bloqué car ces deux  temps de la réflexion sont confondus, la deuxième étape constituant dans beaucoup d’esprits un préalable.

 

De même, reconnaître l’efficacité de la régulation par le marché ne signifie pas que la planification doive être systématiquement vouée aux gémonies. En effet, les marchés répondent souvent à des logiques court-termistes et ne sont pas nécessairement à même d’assurer les investissements nécessaires pour faire face aux grands défis de demain (réchauffement climatique, économie de l’innovation, sauvegarde de la diversité culturelle, etc). Que ce soit dans le domaine de la politique industrielle, de l’environnement ou de la culture, le politique reste donc pleinement légitime pour fixer des orientations de long terme et veiller à leur mise en œuvre, par des acteurs tant publics que privés.

 

La distinction entre les notions de marché et de capitalisme est donc particulièrement importante et surtout féconde en réflexions sur des thèmes tels que la politique industrielle ou l’environnement. Elle doit constituer pour la gauche la matrice et l’armature d’un discours économique sans ambiguïté, assumé, capable de voir dans un marché régulé un instrument possible au service de ses objectifs.

 



[1] C’est, de ce point de vue, toute la difficulté et l’ambiguïté de l’action de la Commission européenne, perceptible dans son Livre blanc de 1994 sur la compétitivité : politique de concurrence ou promotion de « champions industriels » au nom de la compétitivité européenne ? La voie est étroite.

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Samedi 22 septembre 2007

Je poursuis ici la retranscription des débâts ayant eu lieu lors de la précédente réunion du comité. Après une réflexion sur le marché, c'est sur l'individualisme, le concept d'assistanat et donc sur une certaine idée de la nation Française que s'est porté le débât.


          Concernant l'individualisme et le concept d'assistanat, Ségolène renchérit constamment et, par ce biais, entre dans le cadre de la pensée unique du moment en validant les orientations politiques de la Droite. 

          Bien sûr, il faut que chaque individu puisse s'épanouir puisque le bonheur et le bien-être est bien l'objectif final de toute politique. Simplement, pour faire progresser ce bonheur et pour faire s'étendre ce bien-être, il faut que l'action collective prime et surtout, la Gauche l'a souvent oublié ou perdu de vue, il faut en finir avec le clientélisme. Il faut que l'intérêt général prime. Je suis convaincu qu'une société dans laquelle on érigerait l'individualisme en modèle, comme c'est déjà le cas dans plusieurs autres pays que je ne citerai pas, serait une société d'indifférence au mieux, de renfermement sur soi ou au sein de communautés de semblables, d'incompréhension et de violence au pire. Ce serait une société dans laquelle la famille nationale ne pourrait pas exister et se déliterait jusqu'à disparaître totalement car la solidarité n'aurait plus lieu d'être. Une société où l'individualisme règne est, selon moi, incompatible avec le concept de nation française.

          Le problème lié à l'utilisation du concept d'assistanat est du même tenant. En effet, en dénonçant sans cesse l'assistanat, Ségolène valide l'idée selon laquelle une majorité de nos concitoyens dans le besoin, ne pouvant pas payer le loyer de leur logement, les études de leurs enfants, les soins médicaux de leurs parents, leurs transports ou même leurs vêtements et leur nourriture, seraient des assistés et que ce serait mal. Je pense que les situations que ces personnes vivent sont déjà assez dégradantes et humiliantes pour ne pas les accabler davantage en les accusant, indirectement, de profiter du système, d'être des fainéants, de voler le « pauvre contribuable ». Non, aider les gens dans le besoin, gratuitement, ce n'est pas de l'assistanat, c'est le droit et le devoir qui cimente notre nation, les Français. En effet, j'ai la ferme conviction que notre nation Française ne peut exister sans cette solidarité, sans cette entraide, j'insiste : gratuite. Car au travers du temps et de l'Histoire, on voit bien que ce n'est ni le droit du sang ni le droit du sol qui nous a fait Français, c'est le droit de solidarité. On est Français parce qu'on est solidaire les uns des autres dans les bons moments comme dans les mauvaises passes tout au long de la vie et au travers des âges. Ce sont ces multiples solidarités qui ont fait la pérennité de notre pays, son unité précoce et sa solidité à toute épreuve : guerres, occupations, sièges, mouvement sociaux, grèves. La solidarité c'est l'unité et l'unité c'est la victoire. Or renchérir sur l'assistanat, c'est fissurer volontairement cette solidarité en lui donnant une connotation méprisante et négative, c'est fissurer le lien entre les citoyens et donc saper les bases de la nation Française tout entière !

          Cette pensée unique telle que je la perçois, nous fait même oublier que stratégiquement, le plus sûr atout de la victoire prochaine de la Gauche, c'est la reconquête culturelle, la reconquête des esprits, car le but du combat politique est bien de créer le mouvement et non de le suivre. Or cette reconquête ne peut s'effectuer qu'à la condition sine qua non de proposer un projet de société, une vision de la France, radicalement différent de celle que la Droite au pouvoir, libérale économiquement, conservatrice dans les mœurs et autoritaire sur la forme, met en œuvre depuis maintenant 5 années. S'aligner sur des valeurs qui, il faut le rappeler même si ça peut heurter, sont de droite, accepter le cadre du marché comme étant indépassable, l'individualisme comme objectif, le concept de l'assistanat, c'est valider les modes de pensées, les raisonnements et, en définitive, les valeurs de la Droite. C'est donner raison à l'adversaire et, tout bon stratège vous le dira, on ne bat personne si on est persuadé qu'elle a