Lundi 14 janvier 2008

 Les Français de tout âge sont inquiets. Au premier plan les ménages qui voient le coût de la vie croître bien plus vite que leurs salaires et d’une manière générale leurs revenus. De plus en plus, les jeunes sont convaincus qu’ils devront vivre moins bien que leurs parents. Enfin, de plus en plus de retraités vivent avec des pensions qui se fondent comme peau de chagrin après la disparition du conjoint, pour se retrouver dans des situations de précarité.

  Ensemble, ça ne va pas être possible !

 

Qui ne se souvient pas du Nicolas Sarkozy candidat, de son slogan, et de ses promesses de campagne. Dans chaque discourt il nous parlait de son envie de faire du social : « je maintiendrais les 35 heures », « j’augmenterais les petites retraites de 25% », « je ferais passer la pension de réversion de 54 à 60% pour les veuves »…

Toujours dans l’art de l’illusion du mouvement, et, dans l’art de la diversion il n’a pas hésité à faire référence à Jaurès, Blum, Mendès et Mitterrand, et, d’une certaine manière à s’approprier leurs héritages. Seulement voila, quand il annonce la suppression de l’exonération de redevance audiovisuelle pour les personnes de plus de 65 ans à faibles revenus, quand il veut changer la constitution pour s’inviter en permanence à l’assemblée nationale, et, quand il rouvre le débat sur le séparation de l’Eglise et de l’Etat on est loin des idéaux de séparundefinedation des pouvoirs, d’égalité et de fraternité défendus par ces hommes de gauches.

 

Etre une vigie permanente pour votre pouvoir d’achat :

 

Dès le printemps dernier nous avons avancé des propositions pour revaloriser votre pouvoir d’achat. Par une conférence annuelle sur les salaires, une augmentation significative du SMIC, un bouclier logement, une taxe d’habitation réformée, un niveau minimal de pension de retraire proche du SMIC… vous auriez bénéficié d’une redistribution égalitaire.

Malgré un bilan peu glorieux la droite sortante de Nicolas Sarkozy a conservé une majorité pour gouverner. Utiliser « peu glorieux » n’est pas une injure. Vous subissez injustement depuis 2002 l’inflation des tarifs publics (EDF, GDF, essence…). Le pouvoir d’achat a progressé deux fois moins vite ces 5 dernières années que sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin : +1,5% contre 3% pour la période 1997-2002.
 

Les impôts et cotisations ont augmenté, sauf pour quelques privilégiés. Le paquet fiscal est l’emblème de cette injustice fiscale et sociale. Sachant qu’après avoir coûté 15 milliards d’euros en 2007 il va encore coûté 9 milliards d’euros pour cette nouvelle année. Nicolas Sarkozy s’est plaint il y a peu que les caisses sont vides, un peu plus tôt il a harangué qu’il n’était pas le père Noël, mais il ne peut aujourd’hui que s’en prendre à lui-même et à ses décisions démagogiques et dénuées de bon sens. 

 

Enfin, il laisse planer le doute sur l’éventuelle suppression des 35 heures. Un jour c’est oui, le lendemain c’est non. Comment expliquer après cela que notre président sait ce qu’il veut pour la France. Néanmoins, pour lui-même il sait ce qu’il veut et ne se refuse rien. Il y a peu il s’est octroyé une augmentation de salaire de plus de 170% avec la bénédiction des parlementaires UMP. On peut conclure sur le sujet en utilisant une métaphore maritime : « Heureusement que Nicolas Sarkozy n’a pas été commandant du Titanic, il aurait été le premier dans un canot de sauvetage ».

 

Des solutions à tout niveau existent :

 

Deux niveaux de décisions existent : national et local. Au niveau national le PS a démontré qu’il n’était pas à cour de propositions. Ces dernières portent aussi bien sur la relance du pouvoir d’achat, en créant notamment un chèque transport et en proposant le doublement de la prime pour l’emploi.undefined

 

Pour reprendre une formule propre approprié à cette élection cantonale : « On peut gouverner de loin mais on administre bien que de près », confirmée par les sondages qui disent que majoritairement les Français ont une grande confiance envers leurs dirigeants locaux. Les départements sont des acteurs majeurs de notre pays. Ils pèsent 56 milliards d’euros par an d’investissements et de fonctionnement dans les politiques publiques, soit près du quart des investissements de la nation. Depuis 25 ans, tous les gouvernements successifs ont transféré aux départements des compétences que l’Etat ne pouvait plus ou ne savait plus assumer. Ces transferts croissants doivent avant tout être interprétés par les conseils généraux comme un réel savoir faire des élus, et par la reconnaissance de prises de décisions judicieuses.

 

Pour le département de la Moselle si nous parvenons à devenir majoritaire de nombreux changements interviendront :

- La vocation sociale du département sera confirmée, en ce qui concerne l’enfance, les personnes âgées, les handicapés et les personnes en situation d’exclusion. Nous aurons donc la responsabilité de faire du social donnant-donnant. La réinsertion sera notre priorité, par le pilotage du RMI et par le biais de toutes les aides que nous pourrons apportées. Concrètement la construction de passerelles entre employeurs et bénéficiaires du RMI verra le jour.

 
- La gestion de l’eau, de l’environnement, des collèges qui font parti de nos domaines de compétences se fera au plus près de vous, c'est-à-dire du contribuable.


-Autre attribution importante, les transports. D’une part nous améliorerons ce qui existe déjà et d’autre part nous aiderons à la réalisation de nouveaux modes de transport pour l’axe Thionville-Luxembourg.

 

Nous engagerons notre responsabilité pour vous associez à nos projets et pour une gestion transparente des budgets afin que un euro dépensé soit un euro utile.

 

                                                                                        Matthieu Schmidt

par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Vendredi 12 octobre 2007
Ségolène Royal répond aux question de Charlie Hebdo sur les tests ADN

Pourquoi ce projet de loi vous paraît-il inacceptable ?


Parce que la famille ce n’est pas seulement la filiation biologique, c’est la reconnaissance de la filiation. En tant qu’ancienne Ministre de la Famille ayant renforcé l’autorité parentale et fait voter par le Parlement une loi qui, entre autres dispositions, achevait de reconnaître l’égalité de tous les enfants, qu’ils soient « légitimes » ou « naturels », je suis inquiète à l’idée que la France puisse régresser vers une conception de la filiation où le biologique efface le lien institué et vécu. La présidente de l’association Enfance et Familles d’adoption a très bien dit quelle rupture représenterait « la filiation réduite aux gamettes ». Le Comité national consultatif d’éthique, que le gouvernement avait oublié de consulter, vient lui aussi de rappeler que l’exclusivité accordée à la filiation biologique est contraire à nos valeurs et à nos lois.

Le débat sur l’utilisation des tests génétiques a eu lieu lors de l’élaboration et de l’actualisation des lois bio-éthiques. Le Parlement, toutes étiquettes politiques confondues, avait alors décidé d’encadrer strictement les tests génétiques et de ne les autoriser que pour des raisons médicales ou sous le contrôle du juge. Et voilà que le gouvernement Sarkozy et sa majorité parlementaire sont prêts à légaliser ce qu’il faut bien appeler un fichage génétique !

Je sais que, sur ce sujet, l’opinion française est partagée. Mais il faut bien comprendre combien il serait dangereux de créer un tel précédent. Car qui nous dit que demain, toujours sous le prétexte d’éradiquer la fraude, on ne sera pas tenté d’utiliser ces tests pour, par exemple, le versement des allocations familiales ? Les chercheurs en génétique estiment que 5% à 10% des filiations réputées biologiques sont en réalité adultérines. Méfions-nous de l’accoutumance aux contrôles génétiques par l’Etat…

On fait croire aux Français que nous serions submergés par une fraude massive à l’état-civil du fait des défaillances administratives des pays d’Afrique de l’Ouest. Quelle est la réalité ? Le regroupement familial, c’est 23.000 personnes par an dont 9.000 enfants et, parmi eux, moins d’un millier issu de l’Afrique subsaharienne. J’observe d’ailleurs au passage que c’est sous les derniers gouvernements de droite que l’immigration de travail a baissé et l’immigration familiale augmenté. M. Sarkozy s’est fait une spécialité de la multiplication des lois d’affichage sur l’immigration et la dernière en date en rajoute encore sans que les moyens ne soient pris d’une coopération en matière d’état-civil et surtout d’une profonde réforme de l’aide au développement qui, seule, pourrait tarir les migrations de la misère. On sait que, d’ici la fin du quiquennat, il y aura au moins deux lois par an sur ces sujets pour « entretenir la flamme ».

On fait croire aux Français que les démocraties européennes voisines recourrent couramment à ces tests. C’est faux. Dans la plupart des exemples cités, leur utilisation est exceptionnelle et très encadrée. Cette injonction d’alignement est fallacieuse. Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe l’a dit sans ambiguité : si la France adopte cette mesure, elle violera l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’enfant qu’elle a ratifiée en 1990. Ce n’est pas l’idée que je me fais du « retour de la France en Europe » dont s’enorgueillit le Président de la République !

Enfin, comment ne pas humer ici un vilain parfum de récidive ? Un rapport de M. Benisti, député UMP, préconisait il n’y a pas si longtemps de traquer chez les enfants de moins de trois ans, en priorité dans les familles immigrées, le quasi-gène de délinquances à venir. Durant la campagne électorale, l’actuel Président de la République nous a confié son intime conviction que la pédophilie, elle aussi, avait une origine génétique. Et voilà que la parentalité, à son tour, est tirée du côté du gène. Cela fait beaucoup. On nous dit qu’il faut pouvoir tout aborder sans tabou. Pourquoi pas ? Mais alors, allons au fond des choses : l’inquiétante propension du Chef de l’Etat, de son gouvernement et de sa majorité à naturaliser les problèmes politiques et sociaux, cette manière d’en pincer à répétition pour le déterminisme biologique, c’est la pire façon d’y répondre car, pour prix de la trahison de nos principes fondamentaux, nous récolterons non seulement l’injustice mais aussi la violence.

Pourquoi, malgré les amendements votés au Sénat, maintenir votre veto ?

Parce que l’édulcoration de l’amendement de M. Mariani ne change rien à l’atteinte portée au droit de la filiation. Devant la levée de boucliers suscitée jusque dans les rangs de la majorité – je pense notamment à MM. Pinte et Goulard qui ont eu des mots justes pour ne pas accepter l’inacceptable -, devant la gêne de plusieurs Ministres, qu’ils soient « d’ouverture » ou non, devant le vote négatif de la commission des lois du Sénat, devant la protestation des Eglises, des associations, des syndicats, des scientifiques, alors que les pétitions de Charlie et de Sauvons la Recherche dépassent les 100.000 signataires, le gouvernement, sans doute pas mécontent, dans un premier temps, de donner des gages à l’extrême-droite à quelques mois des municipales, s’est retrouvé quelque peu embarrassé par le tollé.

J’entends qu’on va d’abord expérimenter, que la vérification biologique se bornera à la mère, que l’Etat paiera finalement le test : cela ne change rien à l’affaire. Je le redis avec force : ce n’est pas à l’Etat de s’immiscer de la sorte dans l’intimité des familles.

Si la commission mixte paritaire ne fait pas disparaître le fameux amendement ADN et si le Conseil constitutionnel ne censure pas le texte, que faire ?

Continuer à expliquer aux Français que, pour eux aussi, ce texte est une menace.
par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Mercredi 10 octobre 2007
L'accès à la culture s'est démocratisé. Cependant le processus s'est bloqué depuis quelques années. Les pouvoirs publics ne donnent pas suffisament de moyens à ce Ministère. De son côté, Mme Albanel, depuis sa prise de fonction, semble ne pas donner des pistes pour accélérer sa démocratisation.
Une mesure pourrait favoriser une hausse des fréquentations des musées : la gratuité. Cependant sans faire de démagogie, je vais essayer de me mettre successivement à la place de quelqu'un qui est pour l'accès gratuit aux musées, et quelqu'un qui est contre.


Chacun a sans doute une opinion à ce sujet ! Il serait intéressant que chacun donne la sienne.

Cela permettrait de toucher un plus large public, et de le fidéliser...

Le problème de la gratuité des musées est un grand enjeu de politique culturelle. Il n'est pas sûr que si les politiques ne s'y étaient pas intéressés, des villes comme Paris, Caen ou Dijon, par exemple, auraient institué cette gratuité dans leurs musées. On peut défendre une position classique, qui a été celle des fondateurs des grands musées dont l'objectif était d'assurer le plus large accès possible aux collections. Dans le même esprit, les bibliothèques publiques publiques sont gratuites ou presque, ce qui est le modèle le plus efficace du point de vue de la citoyenneté et de l'accès des citoyens à la culture. Il faut lever les barrières. Bien sûr, le prix d'entrée n'est pas le seul obstacle. Les personnes qui fréquentent les musées sont généralement celles qui ont un certain niveau d'éducation ou qui, dans leur enfance, ont eu la chance d'être éveillées à l'art. 

Mais le montant élevé de certains billets d'entrée, par exemple 13 Euros au musée du Louvre pour les collections permanentes et les expositions, n'arrange rien. La gratuité permettrait de toucher un plus large public, et surtout d'en fidéliser une partie. Aller une fois dans un musée est une simple démarche de consommation ; le fréquenter est une démarche culturelle. Pour prouver l'impact du prix d'entrée, il suffit de comparer la Tate Modern de Londres, gratuite, et le musée Gerorges Pompidou, payant : la première accueille plus de visiteurs, alors que sa collection n'est pas aussi étoffée et que Londres reçoit moins de touristes que Paris. Mais la Tate compense en partie son manque à gagner par des services commerciaux.

                                                                                                       Autoportait de Pablo Picasso en 1906, âgé de 25 ans


Par ailleurs, des actions de mécénat apportent une aide complémentaire. Néanmoins, il n'y a pas de miracle :
L'Etat devra compléter le financement des musées nationaux au titre de la mission de service public. En outre, il faudra faciliter l'approche des oeuvres aux visiteurs peu familiarisés avec l'histoire de l'art. On peut penser qu'il existe un besoin de culture dans la population et que le satisfaire en diminuant les obstacles constitue un vrai objectif politique. Malheureusement, la tendance actuelle va plutôt dans l'autre sens, avec une augmentation contante du pix des billets des musées et des expositions. Le problème est de savoir si la culture n'est pas trop chère.

 


Il faut bien que quelqu'un paie, notamment le contribuable...

L'idée de la gratuité dans les musées est belle, mais elle est loin d'être neuve et elles souléve des difficultés. Ce serait peut-être un facteur de démocratisation à la marge, sans rapport aves les effetss d'annoce médiatique auxquels les projets récents du Ministère de la Culture ont donné lieu. On peut craindre d'abord que cela nourisse une culture de la gratuité, qui fait déjà des ravages dans de nombreux domaines où l'on considère que tout ce qui est culturel doit être gratuit, en oubliant qu'en dernier ressort, il faut bien que quelqu'un paie, notamment les contribuables. On imagine que les gens vont compenser en reportant leurs dépenses sur les produits dérivés des musées. C'est loin d'être prouvé. Il faudra forcément un financement de substitution. On oublie aussi que la prmière conséquence de la gratuité sera l'effet d'aubaine : les visiteurs et les touristes qui étaient prêts à payer entreront désormais gratuitement.

D'une certaine façon, on arriverait à subventionner les touristes, ce qui est absurde, car en France, le tourisme est une ressource importante, c'est lui qui doit être source de retombées. Comme on le constate au Royaume-Uni, quand les collections permanentes sont gratuites, les prix des expositions temporaires augmentent : elles atteignent outre-Manche 10 à 12 livres ! Il ne faut pas non plus se leurrer sur l'augmentation de la fréquentation : la ville de Paris l'estimait à 80% en 2002, un an après la décision de gratuité dans les musées municipaux, mais sans pouvoir préciser s'il s'agissait d'une augmantation du nombre des visiteurs ou de celle du nombre des visites, les mêmes personnes revenant plusieurs fois.

Ce qui serait souhaitable, c'est de proposer des tarifications encore plus différenciées selon le profil des publics, assorties de réductions ciblées. La vraie démocratisation doit porter marginalement su les prix, principalement sur l'éducation et l'enseignement de l'art. Mais ça, c'est un travail de fond, pas une annonce médiatique.
                                                                                                           Matthieu Schmidt
par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Vendredi 5 octobre 2007

Rupture, rupture et encore rupture. Mais quelle rupture ? Le vote hier de la loi Hortefeux sur l’immigration rappelle de manière précise la nature du pouvoir actuellement en place. Elle rappelle également que la majorité en place est celle qui en 2005 a été capable de voter cet amendement reconnaissant le « rôle positif de la colonisation », avant que cet amendement soit atténué puis retiré. Des effets de manche, des dérives front-nationalisantes qui étaient enore alors quelques peu contenues.

Aujourd’hui, et c'est là se situe la rupture, les verrous ont sauté. Ceux qui soutenaient l’amendement sur le rôle positif de la colonisation, parmi lesquels Thierry Mariani, ont gagné. Il existe à droite des députés (Etienne Pinte notamment), des sénateurs qui ont affiché leurs réticences avec ce texte mais n’ont pas pu ou n’ont pas voulu aller plus loin en votant finalement la nuit dernière une loi sur l’immigration contenant un amendement bancal, à l’application incompréhensible mais dont le principe reste le même : la vérification de la filiation par le recours à la génétique.

Non seulement ce vote est abject sur le plan des principes censés organisés notre vivre-ensemble mais il n’honore pas le Parlement, qui va une fois de plus voter une loi à la fois dangereuse et inutile.

Revenons sur quelques éléments « simples » de cet amendement, tel que remanié par le Sénat. 

   

Une négation de la loi, un principe dangereux

  

Les deux lois sur la bioéthique en France, qui réglemente l’utilisation de la génétique notamment ont été toutes deux votées à l’unanimité, notamment la dernière en date, celle du 6 août 2004. Ces deux lois Gattaca-copie-1.JPGmettent en avant le caractère « social » des liens familiaux et bannit tout recours à une identification génétique (en dehors de procédures criminelles et reconnaissance de paternité dans le cadre d’une action en justice bien entendu). De cette manière, l’amendement Mariani, même remanié, contredit les principes de cette loi pourtant votée par l’ensemble des parlementaires (dont M. Mariani ?). De fait, cet amendement crée une rupture d’égalité juridique profonde entre les Français et les étrangers qui n’est pas acceptable.

Le Comité Consultatif National d’Ethique, créé par les lois sur la bioéthique pour donner son avis sur ce type de questions a été saisi en urgence par la sénatrice de l'Orne (RDSE), Nathalie Goulet. De manière très claire, voilà ce que le CCNE déclare à propos de cet amendement dans
son avis numéro 100  :
 

« Cette inscription dans la loi d'une identification biologique réservée aux seuls étrangers, quelles qu'en soient les modalités, introduit de fait une dimension symbolique dans la représentation d'une hiérarchie entre diverses filiations, faisant primer en dernier lieu la filiation génétique vis-à-vis du père ou vis-à-vis de la mère comme étant un facteur prédominant, ce qui est en contradiction avec l'esprit de la loi française. De nombreuses familles françaises témoignent de la relativité de ce critère : familles recomposées après divorce, enfant adopté, enfant né d'accouchement dans le secret, sans parler de toutes les dissociations que peuvent créer les techniques actuelles d'assistance médicale à la procréation »

 

  

Entre pur affichage et drague ouverte
 

Si la question des principes est plus que jamais présente, c’est parce que dans sa version remaniée par le Sénat, l’amendement Mariani devient d’une complexité ahurissante. De fait, face aux protestations de nombreux pays qui déclarent disposer d’un système d’état civil tout à fait performant, l’application des « tests ADN » exclue donc notamment l’Algérie, le Maroc ou encore la Tunisie. Or, ce sont les Français originaires de ces pays qui utilisent le plus la procédure de regroupement familial (13 722 personnes sur un total de 22 978 l’année dernière). D’ailleurs, Thierry Mariani explique lui-même, qu’au mieux, cette procédure « s’appliquerait à 2000 ou 4000 personnes ». Ajoutons enfin à cela que, dans la version remaniée de l’amendement Mariani, la vérification de la filiation serait faite à partir de l’ADN de la mère, alors que 85% des demandes de regroupement familial sont émises par des hommes. En quoi une telle négation de la loi et des principes de la République serait-il nécessaire s’il s’agit d’un tel problème isolé ? Pourquoi cet amendement a-t-il été voté, alors qu’il est devenu tellement incompréhensible, quasiment inapplicable ?

 

En réalité, cet amendement n’est pas que du simple affichage. Il vise ouvertement à draguer un électorat fantasmé, celui que Nicolas Sarkozy pense avoir récupérer lors du dernier scrutin présidentiel. Il témoigne surtout, bien au-delà des fantasmes de l’ouverture, de la vraie nature du sarkozysme. Presque tous les ministres se sont déclarés hostiles à cette mesure, avec cette formule bien curieuse, due à Bernard Kouchner : « opposé mais pas indigné ». Autrement dit, Bernard Kouchner approuve à demi-mot quand Edouard Balladur se déclare « profondément choqué ». L’influence des débauchés est donc nulle, mais on le savait déjà. La majorité à l’Assemblée nationale s’apprête même à vouloir réhabiliter l’amendement Mariani d’origine. C’est pour cela qu’au-delà de la mobilisation des parlementaires de gauche, il faudra compter sur la sagesse de plusieurs parlementaires de la majorité pour continuer le combat.

 

  

« Mais mon bon Monsieur, 11 autres pays l’appliquent déjà ! » : la France en « parangon de la vertu » ou manifestation de la pensée unique ?


Puisque les partisans de l’amendement Mariani n’ont quasiment aucun argument valable après discussions, ils en reviennent à cette parade faussement imparable : onze de nos partenaires européens appliqueraient déjà le recours aux tests ADN, pourquoi pas la France ? Tout d’abord, la généralisation de cette affirmation est totalement fausse. Seul le Royaume-Uni a généralisé ce type de procédures. Le Image-ADN.JPGDanemark et la Norvège prévoient un recours "exceptionnel" à ces pratiques même si elles ont eu tendance à concerner un grand nombre d'immigrants. Mais ces pays ont pour particularité d’avoir des lois en matière de bioéthique très lâches, ce dont on est en droit de ne pas se féliciter. Quand aux autres pays, le recours n’est réellement que très exceptionnel.

 

Mais au-delà de ces faits qui relativise le caractère unanime de l’acceptation de ce type de procédures, ce type d’argumentation pose un problème évident. Nous ne sommes pas sur un sujet économique ou social mais sur un problème d’ordre moral, philosophique. Prétendre à un certain relativisme des principes éthiques décidés unanimement par les parlementaires au principe que d’autres pays auraient une autre approche, que l’on ne juge pas bonne ou mauvaise, mais différente, ne serait-ce pas précisément cela, la « pensée unique » tant décriée ?  

 
 

L’incurie d’une majorité : quand la droite succède à la droite et se sert d’un sujet aussi sensible que l’immigration pour masquer ses autres difficultés

  

En 5 ans, la loi Hortefeux sera la 4ème loi portant sur le « contrôle de l’immigration ». Alors qu’on nous rappelle sans cesse la nécessité de l’évaluation des politiques publiques, voilà que de nouvelles lois sont constamment mises en place, sans même que l’on n’ait pu savoir quelle a été leur efficacité. Chose encore plus incroyable : alors que la loi actuelle n’a même pas encore votée, Nicolas Sarkozy évoque déjà la nécessité d’en voter une nouvelle, en agitant le chiffon (inutile une fois de plus) des quotas.

 

"L'ADN qui cache la forêt"

 

Au-delà de la gestion calamiteuse de ce dossier par la droite, cet amendement Mariani, en plus de son caractère dangereux ne permet pas d’avoir un débat aussi serein que possible sur l’ensemble de la loi Hortefeux dont d’autres dispositions n’en sont pas moins fortement condamnables.
- La question de la formation linguistique tout d’abord. Cela paraît de bon sens qu’une formation en français soit fournie aux personnes concernées par le regroupement familial lorsqu’elles arrivent en France. Mais en quoi cela devrait-il être un a priori ? Cela aura deux effets négatifs. Un effet pervers en premier lieu sur l'attractivité du territoire, dans la mesure, comme l’a réclamé par exemple l’Ambassade du Japon en France, cela limitera les chances pour un expatrié étranger de faire venir son époux ou son épouse en France, sous prétexte qu’il/elle ne maîtriserait pas la langue. Pour les autres populations, notamment les personnes illettrées africaines qui ne maitrisent déjà pas leur propre langue, ce ne sera qu’une formation illusoire puisque seule l’assiduité (2 mois de formation) compte, pas l’atteinte d’une pratique effective de la langue française ;
- La question du délai de recours pour les personnes déboutées après leur demande d’asile ensuite, désormais réduit à 15 jours. Alors que ce délai de recours est en droit public français un principe à valeur constitutionnel, voilà désormais que par cette réduction drastique du délai imparti, ce sont non seulement les conditions de possibilité d’accès à ce recours mais aussi l’effectivité de ce droit qui sont remises en cause;
- L'impossibilité d'accès aux logements d'urgence pour les clandestins qui n'est qu'une mesure populiste  remettant en cause la tradition de la France en matière d'accueil.

 

 

Le devoir des socialistes : la vérité sur l’immigration

 

Comme l’ont écrit Pierre Moscovici et Catherine Tasca, « l’immigration n’est pas un fléau ». La présentation qu’en fait la droite permet avant tout de masquer les véritables difficultés de la France, notamment financières et économiques. Depuis 25 ans, le proportion d’étrangers sur notre territoire est stable : entre 5 et 6% de la population, soit un peu plus de 3 millions de personnes pour 60 millions d’habitants. Dans les années qui viennent, le déclin démographique dans de nombreux pays européens, même si celui-ci est très limité en France, va nécessiter un recours à l’immigration. Les termes du débat doivent donc être clairs. Les socialistes doivent expliquer aux Français pourquoi cette immigration, maîtrisée bien entendu, doit être vécue comme une chance.


Martine Aubry et Adeline Hazan ont également brillamment décrit cette nouvelle problématique à laquelle la gauche doit se confronter réellement, mais extrayons de leur tribune les propositions que peuvent faire les socialistes en la matière :

  

ps.png- Véritable politique d’immigration au « cas par cas », en fonction de critères précis et non pas avec des quotas définis d'avance : la durée de la présence sur le territoire français, les attaches personnelles, la scolarisation ainsi que la possession ou la promesse d'un contrat de travail;

- Examen au cas par cas des situations des « ni-ni », ni explusables ni régularisables, de plus en plus nombreux en raison des contradictions des différentes lois sur l’immigration;

- Renforcement de l’aide au développement (en accentuant les dépenses sur la santé et l’éducation). Alors que le Ministère de M. Hortefeux s’occupe officiellement également de codéveloppement, absolument aucune mesure à ce sujet n’est contenu dans le projet ainsi présenté. L’urgence qui a présidé à sa rédaction et les amendements scélérats qui s’y sont ajoutés n’ont même pas permis d’en parler;

 

- Conclusion d'accords négociés et non imposés avec les pays d’origine sur les politiques de visas;

 

- Mise en place d’un passeport d’allers-retours pour les travailleurs qui sont sur le territoire français (allers-retours multiples sur plusieurs années, afin que les migrations s’adaptent aux besoins réels du marché du travail);

 

- Assouplissement des procédures de visa pour les étudiants;

 

- Meilleure coordination européenne : création d'une police européenne en la matière

  

Pour les raisons éthiques et politiques évoquées, le retrait de cet amendement (art. 5-10 de la loi Hortefeux) en commission mixte paritaire doit être exigée par le Gouvernement. Si ce dernier refuse d’entendre à la fois l’opposition mais aussi la plupart des autorités morales, les socialistes ont bien sûr vocation à saisir le Conseil Constitutionnel. M. Thierry Mariani et la majeure partie malheureusement des députés UMP sont même prêts à modifier encore l’amendement remanié, pour le durcir à nouveau.

La majorité aux abois tente de dévier l’attention des Français des sujets cruciaux (croissance, pouvoir d’achat, logement…) par ces artifices dangereux. Cela tourne à la pantalonnade parlementaire et nous décrédibilise aux yeux de nos partenaires mondiaux.

Ne pouvant pas être taxé de pétitionnite aiguë, mais se situant très clairement dans le choix de l’action et des contre-propositions, le comité Moselle d'Avenir est tout à fait solidaire de la démarche entreprise par le site www.touchepasamonadn.com. Ségolène Royal est d'ailleurs l'une des premières signataires de cette pétition. Comme elle, et avec l'ensemble des parlementaires socialistes, nous appelons au retrait de ce texte lors de la Commission Mixte Paritaire. Mobilions-nous !

 

Jonathan Gindt

par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Lundi 30 juillet 2007

Un constat :

Tout le monde s'accorde à dire que nos villes sont trop bruyantes, trop encombrées et trop polluées. C'est le cas de Thionville mais de bien d'autres villes. Trop souvent les municipalités ne se saisissent pas à bras le corps de ce problème, et elles préférent espérer que ce seront  les constructeurs automobiles ou le pouvoir national qui réglera ce problème. A l'heure de la décentralisation, n'est-ce pas illusoire d'attendre que le remède vienne de Paris? D'autre part, les constructeurs avancent les biocarburants comme remède miracle pour règler l'après pétrole et, favoriser la diminution de la pollution. On peut y croire, si on aime le changement dans la continuité...
Les remèdes sont autres, et je vais essayer de les mettres en lumière.

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Les bio-carburants: effets pervers ou bénéfiques ?

A première vue, les biocarburants ont tout pour plaire: ils maintiendront 6l'activité rurale, ils ont un faible impact sur la couche d'ozone et ils permettront de remettre en culture certaines terres laissées en jachères.
Il ne faut pas oublier le revers de la médaille qui commence à apparaître chez nous et chez nos voisins européens.
Les autorités italiennes s'inquiètent de la "guerre " à venir entre biocarburants et spaghettis. L'organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a souligné des hausses qui ont déjà affecté les cours des matières premières servant au secteur alimentaire (maîs, colza..).
Le trimestriel L'Ecologiste va plus loin puisqu'il évoque la possibilité de pénuries alimentaires et il imput6e en partie au biocarburants la hausse de 40% du prix du blé dur au cours de ces denières semaines.
Au Etats-Unis et en Allemagne, une hausse des prix se profile après la reconversion de milliers d'hectares de culture de blé ou d'orge en maïs, céréales de base de l'éthanol.
Un exemple concret: outre-Rhin, l'industrie de la bière subit les conséquences de la réduction des surfaces d'orge destinées aux brasseurs, de 5 % par an . Ce qui a pour conséquence une hausse du prix de la bière de 3%.

La solution? Une autre manière de vivre en ville :

Nombreuses sont les agglomérations qui ont compris la nécessité de s'équiper en infrastructures cyclables, dans le cadre de la diversification de leurs systèmes de transports collectifs. Il faut savoir qu'environ 2% des déplacements au sein des villes se font à vélo; pour une moyenne de trajet de 22 minutes et de 2,8 kilomètres.
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58% des urbains se disent prêts à laisser leur voiture au garage pour adopter la bicyclette.
Pourquoi un tel engoument ?

Pas seulement parce que le vélo fait écolo. Mais parce que ces systèmes massif de location (à Paris, Lyon...) sont à la fois efficaces, économes et adaptés dans un cadre urbain. Où qu'il soit, l'utilisateur a la certitude de trouver une bicyclette à deux pas de son lieu de départ et de son lieu d'arrivée, 24h/24h, explique Bertrand Delanoë. L'un des avantages majeurs de ce système, c'est sa souplesse d'utilisation. Cela permet au citadin de pouvoir choisir, en fonction des jours et des horaires, entre le taxi, le métro, le vélo, le tram, le bus... Véli'b change les mentalités et favorise une autre manière de vivre en ville: plus libre, plus sereine, plus ouverte sur les autres.


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Face à la densité du réseau urbain, le vélo devient la façon la plus rapide de se rendre d'un point A à un point B.
Il ne s'agit pas de mettre vélo et auto en concurrence, mais d'intégrer la bicyclette comme un nouveau maillon de la chaîne de mobilité, en tant que "transporteur individuel public".
En plus d'agir positivement sur le porte-monnaie et l'environnement, pédaler c'est bon pour la santé.
Le seul bémol réside dans la pratique même du vélo. Le cyliste doit absolument avoir un comportement respectueux du code de la route.

Un exemple local : Metz :


La municipalité de droite... a été précurseur en la matière d'anticipation de l'évoltion du transport urbain. Dans la mesure où la municipalité soutient financièrement, depuis juin 2000, l'opération Vélocation, initié avec succès par l'association Mob emploi. La majorité municipale de Metz a consacré plus d'un million d'euros aux investissements en faveur du vélo depuis 1997. Tous les projets de voirie sont aujourd'hui étudiées avec la prise en compte de l'intégration d'un équipement cyclable. Enfin  il faut savoir que Metz dispose de 60 parcs deux-roues qui offrent plus de 960 places de stationnements.

Et l'agglomération Thionvilloise?

Depuis que Demange est en place, municipalité de droite... c'est le vide. Il ni a aucun projet en faveur du développement durable en ce qui concerne les tranports urbains.
Néanmoins, l'opposition de gauche conduite par Bertrand Mertz travaille activement sur l'idée de créer un tram-train. Ce dernier est sur de "bon rails" car il a reçu l'appuis de la SNCF et du ministre Luxembourgeois des Transports, Lucien Lux. Sans oublier le Conseil régional de Lorraine.

Matthieu Schmidt

par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Mardi 24 juillet 2007

Sarkozy a dit un jour qu'organiser un match de rugby pour les jeunes du quartier n'etait pas la mission première de la police. Il avait oublié de nous dire qu'il souhaitait que la police fasse un maximum de chiffres et du tout repressif en oubliant completement la justice. Vidéo d'un ancien policier qui témoigne.

 

 

 

 


un flic parle part4 la Justice
envoyé par AMIOSIS



Alors quelle est la mission première de la police? A mon sens, la police est là pour protéger tout le monde sans aucune distinction. Entre les jeunes et la police, on peut voir qu'une barrière de haine s'est installée. La suppresion de la police de proximité n'a fait qu'accroître cette barrière. Il est temps de réinstaurer le dialogue, afin d'éviter toute sorte de conflits.

Guillaume Leblond
par Moselle d'avenir publié dans : Société
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