Lundi 21 janvier 2008

La recette de Nicolas Sarkozy pour relancer l’économie de notre pays consiste à ses yeux à libéraliser la croissance. En créant à l’automne dernier des commissions, notamment celle présidée par Jacques Attali, il espère trouver les idées qu’il n’a eues jusqu’à présent. Enfin, il se sert des 35 heures comme bouc émissaire pour tenter de se dédouaner de son incompétence, alors que nous savons que les Français sont majoritairement attachés à leur maintien, et sont les premiers bénéficiaires de leur succès.

Une longueur de retard :

Lors de ses vœux Nicolas Sarkozy a déclaré : « Il y a 5 millions de salariés Français qui utilisent les heures supplémentaires. C’est 5 milliards d’euros de pouvoir d’achat en plus et ça marche…au mois de novembre 50% des entreprises de plus de 10 salariés ont eu recours aux heures supplémentaires ». Cette déclaration est tout à fait correcte mais ce qu’il ne dit pas, c’est que pour faire des heures supplémentaires les salariés n’ont pas attendu les injonctions élyséennes. Au demeurant, selon les organismes officiels, la pratique des heures supplémentaires tend à s’élargir et cela bien avant le fameux : « Travailler plus pour gagner plus ». En 2002, 28% des salariés à temps complet en ont effectué au moins une fois au cours de cette année. Ce chiffre a été de 32% en 2003 et de 37% en 2004.
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Selon la ministre de l’économie, il suffirait que chaque salarié fasse une demi-heure supplémentaire chaque semaine pour que la France gagne au bout de 5 ans, un quart à un demi point de croissance.
Il est vrai qu’après avoir tablé sur une croissance de 2 à 2,5% en 2008, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse, pour finalement, selon les propos de la ministre « avoir une croissance en bas de la fourchette, entre 2 et 2,5% ».
Ce que le gouvernement ne dit pas, c’est que déjà certaines professions font bien plus que 35 heures ou 40 heures par semaine, à l’image des bouchers (45,7 heures) ou des cadres de la grande distribution (47,3 heures).

Dans son propre piège :

Lorsque Nicolas Sarkozy laisse entendre que les Français sont des paresseux, il ne tient tout simplement pas compte de la réalité, car dire que les Français travaillent moins que les autres est a priori infondé et les chiffres ne mentent pas. Un Français qui occupe un emploi produit plus qu’un Allemand, qu’un Anglais et même qu’un Japonais. Il n’y a guère que les Belges et les Américains qui produisent un peu plus que nous. En outre, un Français travaille plus qu’un Allemand (34,9 heures) dont on nous vante les qualités avec tellement d’enthousiasme, plus que les Néerlandais (30,4 heures) et que les Danois (34,1 heures), et même plus que les Anglais (34,7heures).

Le gouvernement, si il supprime les 35 heures ferait une erreur importante, car ceux qui travaillent plus que nous, ce sont les pays pauvres, à l’image de la Chine ou dans un moindre mesure, la Roumanie. Enfin, il serait paradoxal, d’être la 4ème puissance mondiale avec les travailleurs les plus paresseux du Monde. Certes, nous sommes leader dans la RTT, mais cette tendance est celle de tous les pays développés depuis la fin des années 60. Parce que la productivité ne cesse de croître.

undefinedDepuis 1830, la durée du travail a été divisée par 2 tandis que la productivité était multipliée par 29. Et la nôtre est la plus importante du Monde, juste derrière les USA. Et ce n’est pas en se tournant les pouces que l’on atteint ce résultat ! Notre pays occupe la 3ème place mondiale de l’investissement étranger derrière la Grande-Bretagne et devant la Chine.

 
L’impasse Attali :

 

Heureusement, Nicolas Sarkozy va bientôt pouvoir appliquer les propositions de la commission Attali pour redresser la situation catastrophique qu’il a provoqué après son passage à l’intérieur, à l’économie et, aujourd’hui à l’Elysée. Ces 314 mesures d’inspirations libérales vont à l’encontre du bon sens et de la politique qui est actuellement menée par François Fillon.

 

Une de ses premières mesures serait de supprimer l’échelon départemental dans les 10 ans à venir. Une utopie ! Quand on sait que 26% de la totalité des investissements se font au niveau de cette collectivité, et qui de surcroît, signe de sa compétence reconnue, s’est vue ces dernières années augmenter ses champs de compétences suite à une décentralisation croissante.

Autre mesure phare : faciliter l’immigration. Si cette mesure était appliquée, Brice Horteufeux serait en quelque sorte un schizophrène qui traquerait les sans-papiers la nuit pour délivrer des visas aux nouveaux arrivants le jour.

 

Enfin, en écho au Medef, la commission entend aussi permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail, en cas d’accord de branche et d’accord majoritaire dans l’entreprise. Cela serait une fois de plus une contradiction Sarkozyenne, car comment une entreprise qui tourne bien irait-elle expliquer à ses salariés qu’il faut travailler plus pour le même salaire ?

                                                                                      Matthieu Schmidt

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Lundi 7 janvier 2008

En économie, si la théorie peut conduire à la réflexion, une anecdote professionnelle mène souvent à la conviction. C'est un cas d'école, mais pourtant rarement étudié dans les cours d'économie prétendument marxistes que l'on enseignerait. Un marché public devait être attribué dans une grande ville canadienne. Il s’agissait d’un important marché de livraison de matériel ferroviaire pour la municipalité concernée. Deux entreprises principalement étaient en lice : l’une canadienne, l’autre française. La deuxième, qui avait fourni jadis le matériel qu’il fallait renouveler, était favorite dans la mesure où son offre étaitM--tro-Montr--al.JPG techniquement et financièrement la plus profitable. La logique de l’appel d’offres et de la belle loi de l’offre et de la demande aurait du faire naturelle que l’offre française l’eut emporté. Or, après une intense campagne de lobbying sur le mode des « produits bien de chez nous » et de la préférence nationale (on pourrait même dire provinciale) et malgré son surcoût par rapport au projet français, c’est l’entreprise canadienne qui a été choisie, sans même qu’un appel d’offres ait lieu. L’entreprise française a bien essayé de porter l’affaire devant la justice, y compris devant l’ORD (Organe de Règlement des Différends de l’OMC). Rien n’y fit, puisque le Canada était tout simplement dans son bon droit. Lors des négociations des accords de Marrakech, acte de naissance de l’OMC, le gouvernement canadien (sans doute anti-capitaliste) de l’époque avait négocié des clauses dérogatoires à la concurrence libre et non faussée dans un tas de secteurs, dont les transports.

Quelques mois plus tard, la même chose se passa à Toronto. Sans appel d’offres à nouveau, l’entreprise canadienne obtint le marché. Mais le plus invraisemblable est à venir. En 2006 se négociait un très important appel d’offres, qui cette fois-ci a eu lieu et beaucoup plus important dans son montant que les deux précédents, sur la livraison de nouvelles rames pour le Transilien, en Ile de France. Cette fois-ci, un appel d’offres est réellement organisé et en partie grâce à des coûts de production réduits en raison de l’obtention des deux précédents contrats, Bombarbier propose l’offre la moins coûteuse et emporte donc le marché. De son côté, la France et surtout l’Union Européenne (à qui a été déléguée l’ensemble de la négociation en matière de politique commerciale) n’ont évidemment négocié aucune clause d’opting out en la matière.

 


Le libre-échange "pur et parfait" n'a jamais existé


Les Français soumettent donc leurs entreprises à des procédures dont peuvent s’affranchir – en toute légalité internationale – leurs concurrentes et cela au détriment des intérêts français. Il ne s’agit en fait ici nullement de juger si le recours aux appels d’offre est préférable ou non mais OMC.JPGd’observer que la dissymétrie dans les règles établies créent une authentique distorsion dans les conditions d’accès au marché. Le libre échange est donc à géométrie très variable et ce sont les Français et plus largement les Européens qui sont largement les dindons de la farce en la matière.


Au-delà de ces exemples, cette « pureté » de l’application des théories libre-échangistes dont se prévalent les Européens pose un authentique problème économique. Au sein des pays développés, l’OMC actuellement ne fait grosso modo peur qu’à l’Union Européenne, dans la mesure où elle seule semble ne jamais vouloir s’affranchir d’une vision dogmatique et systémique du libre-échange. Pourtant, plusieurs évolutions économiques récentes viennent renforcer l’idée selon laquelle seule une approche pragmatique du libre-échange, fondée sur un « donnant-donnant » international peut assurer à terme le prospérité de nos pays.


Le « libre-échange » : ils s’en moquent souverainement !

La crise financière issue des subprimes n’a pas que des effets négatifs. Elle a eu le mérite de mettre en avant la supercherie totale de la prétendue victoire du capitalisme moderne comme nous l’avions déjà analysé ici. En effet, depuis plusieurs semaines, en raison de leur gestion plus que douteuse des crédits subprime, les plus grandes banques mondiales sont obligées de quémander l’appui de ressources financières extérieures… auprès des fonds souverains. Les fonds souverains sont des entités totalement contrôlées par des Etats. Cette année, l’activité des fonds souverains a étéFonds-souverains.JPG particulièrement intense. En titre d'exemples parmi des dizaines d'autres, l’Agence d’investissement du gouvernement de Singapour (GIC) et une autre agence moyenne-orientale ont ainsi investi à eux près de 8 milliards € dans la banque suisse UBS, en obligations convertibles en actions, ce qui leur permettra de détenir entre 9 % et 12% de la dixième banque mondiale. On pourrait encore citer le cas de Merrill Lynch, où un autre fonds singapourien a investi 5 milliards USD, le fonds d’Etat des Emirats Arabes Unis chez Citigroup ou le fonds d’Etat chinois chez Morgan Stanley.


Mais de quoi s’agit-il exactement lors de ces opérations ? Bien évidemment, il ne s’agit pas d’interdire à ces Etats de pouvoir investir dans des entreprises des pays dits « développés ». En revanche, dans ce cas, les dés sont totalement pipés. Les fonds souverains sont des structures totalement opaques, directement reliées au pouvoir politique des pays concernés et qui peuvent donc poser de véritables problèmes stratégiques. Le système capitaliste est tellement malade qu’il refuse même de voir que les investissements des fonds souverains correspondent à une forme de nationalisation partielle des entreprises dans lesquelles ils investissent. Concernant les nationalisations, on autorise donc aux autres ce que l’on refuse de faire soi-même. Cet aveuglement total sur les règles du jeu commercial international remettent en cause à long terme nos intérêts nationaux. Quelles limites existent-ils aux investissements des fonds souverains ? Aucune si on applique à la lettre les règles actuelles de l’OMC, alors que la visibilité sur leurs démarches est quasi nulle !


Plus que la croyance aux vertus du libre-échange, plus que la question de l’ouverture nécessaire des frontières, c’est ici de la question de la non-réciprocité absolue des règles du commerce international qui est posée.



La France ne doit pas se comporter en adoratrice aveugle du libre-échange : en amour comme en affaires, la réciprocité est indispensable !

 

Les fonds souverains évoqués ci-dessous posent les bases de ce questionnement. Pourquoi accepter des prises de participation publiques dans nos entreprises, sans aucun contrôle sur l’utilisation de ses fonds, alors que nous nous refusons – de manière dogmatique d’ailleurs – à utiliser nous-mêmes ce genre de pratique ? Cet aveuglement est présent de manière générale dans le commerce international.

Par exemple, en Chine, de très nombreux secteurs économiques restent totalement fermés aux entreprises étrangères, quand ces dernières ne sont pas obligées systématiquement de mettre en place une co-entreprise avec une entreprise chinoise pour pouvoir s’installer dans l’Empire du Milieu. Ne parlons pas encore de l’insécurité juridique totale dans laquelle se trouvent les entreprises françaises quant à leurs investissements sur place (voir le récent exemple opposant Danone à l’entreprise locale Wahaha). On retrouverait la même situation en Inde et encore à plus forte raison dans les pays pétroliers du Golfe notamment, où le secteur des hydrocarbures, pour ne citer que lui, est la plupart du temps totalement fermé aux investissements étrangers.

Il n’est pas possible plus longtemps de permettre dans de telles proportions un tel jeu de dupes. A nouveau, il ne s’agit pas d’interdire à ces pays d’investir dans nos pays. A ce titre, l’acquisition de Arcelor par Mittal n’aurait pas posé davantage de problèmes si un investisseur français avait eu la même possibilité de faire la même chose en Inde.


A cette exigence de la réciprocité de manière générale, se surajoutent deux exigences particulières que devraient porter tous les socialistes et sociaux-démocrates

Plan--te---environnement.JPGTout d’abord, sur le plan environnemental, la récente conférence de Bali, malgré ses résultats discutables ou encore la ratification par l’Australie (après l’arrivée au pouvoir de la gauche locale…) du protocole de Kyoto laissent à penser que même du côté chinois (les Indiens étant encore assez autistes sur ce sujet), une préoccupation mondiale est en train de se manifester enfin sur ce sujet crucial. Il est indiscutable que la mise en place d’une taxe carbone internationale est indispensable. Déjà au niveau communautaire, nous devons porter cette exigence très haut et en avant de tout. Ce sera le seul moyen de réguler la mondialisation en la rendant durable. Et surtout de créer davantage de réciprocité dans la répartition des efforts entre les pays dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Ensuite, sur le plan social, à l’heure où la Chine met en place pour la première fois de son histoire un Code du travail, les préoccupation sociales doivent mobiliser également les socialistes. Nous devons penser à l’échelle européenne d’abord, au niveau mondial ensuite à des critères de protection de nos exigences sociales. Bien évidemment, il ne s’agit pas de forcer les Chinois ou les Indiens à mettre en place dès demain un salaire minimum équivalent au nôtre. Il s’agirait d’imposer un minimum de critères sociaux, déjà au niveau européen, en reprenant l’idée d’un SMIC communautaire (pas impossible, il n’y a qu’à voir les discussions dans de nombreux pays européens à ce sujet). L’OIT pourrait ensuite être le cadre d’une négociation plus internationale. Bien entendu, il s’agit du terrain sur lequel les évolutions seront les plus difficiles.
 

 
Loin de se bercer de rêvasseries protectionnistes d’arrière-garde, la France doit porter au sein de l’Union Européenne une voix singulière auprès de ses partenaires sur une vision pragmatique du libre-échange. Le pragmatisme étant aussi une idéologie, il s’agit précisément de montrer à quel point la mondialisation actuelle donne tort aussi bien aux ultra-libéraux hystériques qu’aux anti-libéraux acharnés. Parce que la mondialisation actuelle, bien loin d’avoir remis en cause le poids de l’Etat dans l’économie notamment, l’a rendu plus flou, plus incertain. Dans le monde développé, les Européens sont sans doute les seuls à croire à une sorte de vulgate libérolâtre totalement déconnectée de la réalité. Rien ne peut être attendu du gouvernement actuel, dont la démagogie de campagne électorale n’a jamais disparu. Les socialistes doivent donc montrer que cette voie de l’acceptation d’un libre-échange équitable dans ses principes et le plus juste possible dans son fonctionnement est à poursuivre pour faire enfin de la mondialisation sinon une chance, au moins un horizon profitable, même s'il reste dépassable.

John_G
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Dimanche 23 décembre 2007
Communiqué ravi mercredi matin de la Ministre des Finances et de l'Emploi, Christine Lagarde, célèbreMarie-Antoinette.JPG pour ses petites phrases fortes à propos (du type : "il n'y a plus d'essence - abordable - faites du vélo !"). Elle annonce que la mesure phare du paquet fiscal, au coût estimé entre 6 et 9 milliards € (à nombre d'heures supplémentaires équivalent à celui de 2006), autrement dit la défiscalisation des heures supplémentaires porterait ses fruits, puisque : "40% des entreprises de plus de 10 salariés auraient déclaré utiliser le nouveau dispositif gouvernemental".

Totalement enferrée dans ses gimmicks de campagne, la Ministre poursuit même en déclarant :
Nous avons voulu créer un dispositif pour redonner du pouvoir d’achat en permettant aux Français de travailler plus pour gagner plus ; les heures supplémentaires, ça marche !".


La ficelle est tellement énorme qu'on est toujours effarés qu'aucun journaliste n'ait saisi la moindre occasion de contre-carrer cette affirmation qui serait simplement culottée si elle n'était pas à ce point trompeuse.

Toute la journée, les différents media ont repris l'information tronquée selon laquelle "40% des entreprises françaises y auraient recours", ce qui peut s'apparenter à un relatif succès.

Lagarde.JPGOr, pourquoi le gouvernement précise-t-il dans son communiqué que ce chiffre ne concerne que "les entreprises de plus de 10 salariés" ? Peut-être, parce que les entreprises de moins de 10 salariés représentent 91% du total des 2,4 millions d'entreprises répertoriées en France et plus du tiers de l'emploi total ?

Du coup, si l'on raisonne avec ce chiffre en tête, cela signifie que le dispositif mis en place par la loi TEPA ne concerne que 40% de 9% du total des entreprises françaises. Autrement dit, 3,6% des entreprises françaises ont eu recours au dispositif gouvernemental de défiscalisation des heures supplémentaires. Effectivement, ça change la perspective et démontre à quel point cette mesure est d'une inanité économique sans nom alors qu'elle devait être la clef du "choc de confiance".

Pourtant, le gouvernement ne s'arrête pas en si bon chemin : de nouveaux tuyaux d'une longueur inégalée sont même en train d'être montés avec la monétisation des RTT pour mettre un terme (provisoire) à la plus gigantesque usine à gaz qu'il nous était donné de connaître. Le "Président du pouvoir d'achat", vous y aviez cru ? Vous auriez du savoir avant que la personne l'ayant dit aimait les contes de Disney...
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Mercredi 12 décembre 2007
Dès que le président est en difficulté et que l'opposition ose s'opposer, la majorité ne manque pas de rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme et des promesses qu'il faut bien qu'il applique. Sa pleine légitimité serait donc fondée sur le mandat que lui ont confié les Français après avoir entendu ce qu'il promettait lors de la campagne. Comme nous l'avons fait récemment avec la pantalonnade dans le domaine international et sans revenir aux promesses indiquant qu'il serait le "Président du pouvoir d'achat", nous reviendrons aujourd'hui sur l'une de ses promesses phares, qui a sans doute attiré vers lui une bonne partie de l'électorat ouvrier.

Serial-liar

Comment ne pas se souvenir du discours prononcé devant le carreau Wendel le 18 avril dernier ? LorsMenteur-menteur.JPG d'un discours d'une démagogie rarement atteinte au cours d'une campagne électorale, même chez les candidats purement contestataires, Sarkozy n'hésita pas à remettre en doute la légitimié du Plan Acier de l'époque, à déclarer que le "marché [était] performant sur le court terme mais aveugle sur le long terme" avant d'ajouter, paroxysme de la démagogie : "je veux me battre contre les délocalisations [...] le mot fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire" ou encore "je n'ai pas aimé que l'on laisse mourir Pechiney"...


Comment ne pas s'apercevoir aujourd'hui de la réalité des faits et de la contradiction profonde avec la politique menée par le gouvernement ? La politique industrielle est inexistante, faute de volonté bien sûr, faute de crédits surtout gaspillés en juillet dernier avec les funestes cadeaux fiscaux. Les délocalisations se poursuivent donc, dans l'indifférence générale, contrairement à tous les engagements de campagne. Mais surtout, les dernières délocalisations annoncées changent de nature et de deux façons. Tout d'abord, alors que seules les industries à faible valeur ajoutée se délocalisaient et que l'on prétendait au caractère inexorable de ces dernières, c'est désormais au tour des industries à forte valeur ajoutée de délocaliser leurs productions. Ensuite, et c'est sans le doute le plus incroyable dans ces récentes annonces, ces délocalisations sont le fait d'entreprises en relation directe avec l'Etat. 


Délocalisons, avec l'argent des contribuables !

Deux exemples récents donnent le tournis si ce n'est autre chose. 

Rafale.JPG- Dassault ou l'envol sauvage de l'oie gavée aux fonds publics : depuis plus de 50 ans, Dassault Aviation, en dehors de ses programmes civils (Falcon) est dépendante des commandes publiques. Elle dispose même très largement de fonds publics pour développer ses aéronefs. Le seul exemple du programme Rafale, dont le coût de développement dépasse largement les 35 milliards € et le désastre commercial assumé par le seul Etat français démontrent à quel point les liens entre l'Etat et Dassault sont vivaces. Pourtant, cela n'a pas empêché le PDG de Dassault de déclarer sans ambages, que "tout était délocalisable", en dehors (encore heureux) des centres de décision. Ce type de déclaration ne peut pas être admis par l'Etat français, dans la mesure où l'existence-même de Dassault et de ses performances financières dépendent des commandes de ce dernier ; 

- EADS ou l'Etat qui organise lui-même la délocalisation d'activités du territoire français : Arnaud-Lagard--re.JPGon atteint dans cet exemple le comble de la tartufferie d'Etat. Arnaud Lagardère, qui on ne le répétèra jamais assez, préfére passer pour "incompétent plutôt que pour malhonnête" persévère visiblement puisqu'il a déclaré tout à trac dimanche dernier qu'une grande partie de la production des Airbus allait être également délocalisée. Rappelons simplement que l'Etat français reste actionnaire à hauteur de 15% du capital d'EADS, que le secteur aéronautique en France est l'une des principales réserves d'emplois mais aussi de recherche-développement. Que l'Etat décide lui-même d'avaliser une délocalisation d'une entreprise dont il contrôle une partie du capital, ce serait en tout cas une première qui serait la première véritable "rupture" du quinquennat. 


Dans les deux cas, bien évidemment, le prétexte de l'Euro fort est avancé pour légitimer les délocalisations. Bien évidemment, l'Euro est à niveau trop élevé et cela porte en partie préjudice à Airbus dont les coûts de production sont en Euros et les recettes commerciales en dollars. Mais outre que cet argument peut être relativisé  (toutes les commandes ne sont pas impactées de la même façon : 40% d'entre-elles sont intra-européennes), il est inconcevable de déplacer des usines de production d'une telle importance à la petite semaine en tenant compte de l'évolution du marché des changes (qui évoluent d'ailleurs sans que l'anticipation soit évidente). Faudra-t-il les redéplacer dans six mois si la parité Euro-dollar s'inverse ? Ces arguments ne sont donc pas recevables. Ils le sont d'autant moins que ces entreprises sont, indirectement ou très directement, liées à l'Etat, aux fonds publics.

Les socialistes doivent être à l'avant-garde dans ce combat parce que dans ce cas, l'Etat peut beaucoup, voire tout. Sa démission dans le cas d'espèce serait inqualifiable, tellement elle mettrait en cause l'emploi bien sûr, notre industrie mais aussi nos intérêts stratégiques.

John_G
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Mardi 4 décembre 2007

L’examen attentif du projet de loi de finances (PLF) pour 2008 réserve des surprises qui témoignent des orientations réelles du gouvernement en matière économique. Celles-ci consistent, dans la continuité du paquet fiscal de juillet, à accorder un nombre invraisemblable de cadeaux fiscaux aux plus fortunés quand dans le même temps de nouvelles taxes (franchises notamment mais pas seulement) sont mises en place pour le plus grand nombre.


Boursicoteurs de tout le pays, réjouissez-vous !

 

Rappelons-nous l’aveu du Premier ministre (l’Etat « en faillite ») ou celui du Président (« il n’y a plus d’argent dans les caisses »). En réalité, cette pingrerie généralisée à la tête de l’Etat après les poches imp--t-de-bourse.JPGpercées des 15 milliards € distribués sans aucune efficacité en juillet est à géométrie variable. Lors de la discussion du PLF à l’Assemblée, le gouvernement a mis deux minutes environ à accepter un amendement qui allait retirer, d’un coup, 240 millions € des caisses de l’Etat. Cet amendement consiste en effet à supprimer l’impôt de bourse, qui existe depuis 1893 et consistait à taxer à hauteur de 0,3% (autrement dit, une fiscalité confiscatoire…) toute transaction boursière d’un montant supérieur à 0,3% à 7668 € (et l’Etat ne pouvait en outre percevoir plus de 610 € par transaction). Cela excluait bien entendu la plupart de ces dites transactions, notamment celles qui concernent l’épargne populaire, dont les montants sont évidemment bien moins élevés. Qu’à cela ne tienne, face à un tel spectacle d’inégalités criantes et de véritable confiscation du pouvoir d’achat, le gouvernement expliqua à l’Assemblée que cet impôt devait être supprimé et il le sera effectivement d’ici 2009.

 

Dans une décision politique, il y a deux critères essentiels :

- L’efficacité de cette dernière, à savoir quels en sont les bénéfices attendus au regard du coût qu’elle génère. Dans ce cas, il est évident que la transposition de la directive européenne MIF (Marchés d'instruments financiers) qui implique la fixation d’ « exigences harmonisées pour l'activité des intermédiaires agréés » oblige à une réévaluation de cet impôt de bourse séculaire. On aurait pu effectivement réfléchir à un autre moyen de taxer les transactions financières mais on s’étonne de la facilité avec laquelle le gouvernement a cédé, sans réflexion préalable, à cet amendement parlementaire. On s’étonne par exemple que le gouvernement n’ait pas conditionné le renoncement à cet impôt avec la relocalisation des activités financières concernées qui auraient quitté le sol français en raison de cet impôt. On exige de plus en plus et souvent à raison qu’un individu rende compte des aides qu’il perçoit. Pourquoi ne pas faire de même avec une entreprise ? ;

- L’opportunité politique, autrement dit son caractère symbolique. Le message essentiel du gouvernement, comme on l’a rappelé, consiste à dire qu’il faut travailler davantage pour mériter plus de pouvoir d’achat. Or, le coût de cette mesure est loin d’être neutre pour l’Etat, mais est en revanche un réel avantage pour les plus grosses transactions financières, tandis que le plus grand nombre ne bénéficie pas de cette grande mansuétude. Mais le caractère symboliquement plus que désagréable de cette mesure est renforcé par le votre d’autres mesures que l’on retrouve dans le PLF. Notamment le fait que toutes les mesures censées mettre toutes les formes de revenus à égalité de contribution à la solidarité nationale très fortement ment édulcorées, voire vidées de leurs contenus. Par exemple, en minimisant déjà considérablement la proposition de la Cour des comptes qui consistait à taxer les stock-options (avec un bénéfice attendu de 3 milliards € pour les caisses de la sécurité sociale),  le gouvernement avait fait voter une contribution salariale de 2,5 % sur la plus-value dégagée par le bénéficiaire lors de la levée de stock-options. Mais cette extrême sympathie ne devant pas suffire, cette mesure ne sera pas rétroactive, ce qui est totalement aberrant en matière de stock-options puisque cela revient à dire que les bénéficiaires de stock-options se voient accorder un délai d'au moins quatre ans, correspondant à la période d'indisponibilité fiscale de cette forme de rémunération des cadres et des dirigeants. Autrement dit, les stock-options ne rapporteront quasiment rien à notre système de protection sociale d’ici 2011…

 

Vous l’avez voulu, vous en voulez encore ?

 

C’est sans doute la manière dont le candidat Sarkozy remercie nos aînés, qui ont voté à plus de 65% pour lui le 6 mai dernier. On pourrait donc se dire que certaines personnes âgées n’ont que ce qu’ellesTV.JPG souhaitaient. En plus des franchises qui vont particulièrement les toucher, du non-relèvement des petites retraites (pourtant promis par le candidat de l’UMP) dont pâtissent particulièrement les femmes âgées veuves, le gouvernement vient leur expliquer que ce qui reste souvent et malheureusement leur dernière distraction va leur coûter davantage ! Le gouvernement a effectivement décidé dans le PLF que 780 000 ménages, exonérés du paiement de la redevance audiovisuelle pour raisons sociales allaient devoir désormais la payer. Une réforme votée en 2004 avait effectivement prévu, pour améliorer le coût de la collecte, d’adosser la redevance télévision sur la taxe d’habitation. Profitant de cela, le gouvernement a donc décidé d’intégrer dans l’assiette de la redevance des ménages, souvent âgés de plus de 60 ans, qui ne disposent de revenus trop faibles pour payer l’impôt sur le revenu mais trop élevés pour ne pas être assujettis à la taxe d’habitation. Le vote de cette mesure est non seulement particulièrement inique mais les quelques 100 millions € qu’elle rapportera ne bénéficieront même pas à l’audiovisuel public puisque officiellement, selon le contrat qui lie France Télévisions à l’Etat, aucune somme supplémentaire ne devrait leur être accordée. Autrement dit, Mesdames et Messieurs, il ne faut même pas compter sur une amélioration de la qualité de vos programmes !

Le télescopage de ces quelques mesures pourrait, pour un esprit peu avisé, paraître cruel. En réalité, il est l’illustration parfaite de l’exercice du pouvoir sarkozyste. Sans complexes avec l’argent de l’Etat quand il s’agit de la redistribuer aux plus aisés, sans complexes également quand il s’agit de le reprendre chez l'ensemble des Français.

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Lundi 19 novembre 2007

Après une première semaine sociale agitée, encouragée par le gouverment, la prochaine ne s'annonce pas moins intense, bien au contraire. Six fédérations syndicales ont effectivement appelé à la reconduction de la grève pour demain. Mardi 20 novembre, ce sera au tour des fonctionnaires de manifester avec pour principaux mots d'ordre (rejoignant ainsi la grande majorité des Français) la revalorisation de leur pouvoir d'achat et la lutte contre les suppressions de postes aveugles prévues par le gouverment.

Plus que les enjeux des réformes concernées par la grogne sociale, plus que la question de la méthode utilisée par le gouvernement, cette semaine a illustré à bien d'autres égards, l'héritage des cinq années piteuses de droite que nous venons de connaitre et les risques avérés que ces directions calamiteuses se poursuivent, voire s'amplifient au cours des cinq prochaines années.

Compte tenu de la mobilisation sociale, ces deux nouvelles sont passés trop inaperçues. Elles y trouvent pourtant un écho particulièrement puissant, même si tous les Français, in fine, sont concernés.


La mort du CNE ou l'exemple typique de l'incompétence économique totale de la droite française

Dominique de Villepin, présenté pour des questions de stricte rivalité personnelle comme un "opposant" à Nicolas Sarkozy n'en est en réalité à bien des égards que le précurseur. En matière de méconnaissances économiques et sociales par exemple. On nous expliquait alors que le meilleur moyen de lutter contre le chômage était de flexibiliser et encore flexibiliser sans cesse le marché du travail, afin de le rendre favorable aux patrons et ceci au détriment évidemment du salarié.
 

CPE---PS.JPGLe CNE - Contrat Nouvelle Embauche - (promulgué par ordonnance en août 2005) allait même jusqu'à proposer pour les entreprises de moins de 20 salariés (soit plus de 95% des entreprises françaises) que les patrons puissent se séparer pendant deux ans (période dite de "consolidation"), et ceci sans aucun motif, de l'un de leurs salariés. Les conditions de licenciement (préavis et autres modalités) étaient simplifiés à tel point que le salarié était littéralement "jetable" du jour au lendemain. Par ailleurs, l'indemnité obtenue par le salarié en cas de rupture de contrat était même inférieure à celle que celui-ci percevait s'il était embauché en tant qu'intérimaire. Contrairement à la fantasmagorie créée lors de la campagne, la droite "décomplexée" a déjà pleinement et entièrement montré son visage à cette occasion.

Tellement content de sa magnifique trouvaille, le gouvernement de l'époque avait même décidé d'étendre ce dispositif aux jeunes. Le CPE (Contrat Première Embauche), réservé aux jeunes était créé et en termes de modalités une copie conforme du CNE. La mobilisation des parlementaires socialistes et plus largement de la population française a permis de faire reculer le gouvernement qui essayait pourtant de passer en force (recours au 49-3…). Pourtant, que ne nous a-t-on pas expliqué à l’époque ! Que la France devrait au moins l’ « expérimenter », qu’elle était le dernier « bastion soviétique sur Terre », qu’il fallait de toutes façons « casser le Code du travail » (Christine Lagarde) et surtout, argument censé « imparable » de l’UMPiste de base, que « tous les pays l’ont fait sauf nous ».

Or, que vient de dire l’OIT (Organisation Internationale du Travail) le 14 novembre dernier ? Cette organisation (connue pour ses appels réguliers au Grand Soir) qui est censée édicter des règles CPE.JPGde droit travail minimales pour tous les Etats parties, vient de censurer très nettement l’existence-même du CNE (et par ricochet, de toute expérimentation de type CPE). La convention n°158 de l’Organisation, ratifiée par la France, prévoit effectivement que tout licenciement soit dûment motivé et que la période d’essai de deux années n’est pas objectivement raisonnable. Autrement dit, les arguments répétés depuis la promulgation de cette loi par l’ensemble des socialiste et toutes les personnes sensées de ce pays.

 

Comment ne pas être consterné à rebours par l’autisme total de la majorité UMP alors que le gouvernement avait tenu pendant des mois face à un projet que même des règles extrêmement minimalistes de protection du salarié acceptées par plus de 180 Etats condamnent ?

 

 

Depuis 2002, les inégalités sont reparties à la hausse : la condamnation sans appel de la stratégie du gouvernement

 

La dernière publication du Portrait social de la France par l’INSEE a donné lieu à un concert d’auto-satisfaction absolument invraisemblable de la part du gouvernement. La Ministre Christine Lagarde n’a même pas hésité à se féliciter de la baisse du chômage (8,4% tout de même) alors que cela ne représente ni plus ni moins qu’une légère hausse par rapport à son niveau au départ du gouvernement Jospin (qui l’avait effectivement fait baisser de plus de 4 points entre 1997 et 2002) !
 

Pourtant, ce Portrait social révèle une vérité criante et terrifiante, quPortefeuille.JPGe de la même façon, les parlementaires socialistes avaient bien mis en avant. L’INSEE établit clairement que « depuis 2002 » et pour la première fois depuis les années 1970, le mouvement de réduction des inégalités de niveau de vie et de pauvreté s’essouffle.

L’INSEE continue en montrant qu’entre 1997 et 2007, le patrimoine des 10 % les plus riches a progressé de 40 %, alors qu’il a stagné, voire diminué pour les 10 % les plus modestes. L’INSEE a recensé l’apparition de 260 000 "nouveaux pauvres", de la même manière un chiffre accablant, tandis que 7,1 millions de Français peuvent en tout être considérés comme tels. 

En ce qui concerne les revenus d’activité, les choix fiscaux opérés ont abouti à ce que, selon l’INSEE, « la baisse globale du poids des prélèvements, en particulier de l'impôt sur le revenu, a profité davantage aux plus aisés », alors que les prestations, qui bénéficient aux ménages les plus modestes, « en revanche ont peu évolué ».

 

 

Tout cela sonne comme un réquisitoire implacable contre la politique menée par le gouvernement actuel, qui n’est que l’amplification du désastre du deuxième mandat de Jacques Chirac. Alors que les inégalités de patrimoine et de revenus sont exacerbées, que le nivellement vers le bas est plus puissant que jamais, le gouvernement n’a pas hésité à faire voter dans l’urgence, en juillet dernier, des cadeaux fiscaux d’un montant total de 15 milliards € et notamment le « bouclier fiscal » distribuant près de 200 millions € (soit le gain supposé l’année prochaine de la réforme des régimes spéciaux) à 2400 contribuables ! C’est ce même gouvernement qui va mettre en place la franchise médicale (50 Euros par malade, même au SMIC !), bientôt la franchise judiciaire (pour les plus modestes bénéficiant de l’aide juridictionnelle) ou qui invoque l’ « équité » face aux « privilégiés » que seraient les cheminots et autres traminots.


Le gouvernement ne peut pas sans cesse opposer démocratie politique et sociale. L’élection du Président de la République le 6 mai dernier n’est pas une onction qui le rend intouchable. Le combat contre le CNE et le CPE ont montré à quel point au contraire la vigilance politique et citoyenne, la mobilisation de l’opposition et des acteurs sociaux ont porté leurs fruits… et à quel point ils étaient (à tous les sens du terme) dans leur bon droit.

 

Surtout, le gouvernement ne peut pas se prévaloir de cette légitimité sans cesse invoquée quand l’observation scientifique, presque clinique du pays qu’il dirige, montre à quel point les choix opérés vont désespérément dans le sens contraire de l’intérêt général. En ce début de semaine sociale, nous devons en tout cas nous rappeler de cette victoire et de ce constat, tous deux des condamnations vigoureuses de la politique menée actuellement.
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Dimanche 18 novembre 2007
Réforme des retraites : ce qu’aurait pu faire Ségolène

Ce qui est vital, c’est un financement durable des retraites et la garantie d’un niveau correct de pension pour les retraités. Les choix opérés en 1993, 2003 et 2007 n’ont pas réglé ces questions. Une politique de gauche des retraites consisterait à mener la réforme dans le cadre d’une négociation d’ensemble, au lieu d’opposer les salariés entre eux. Je ne peux que constaté le fait que beaucoup de temps a été perdu.

Quarante annuités pour tous constitue un horizon général raisonnable, à moduler en fonction de la spécificité des métiers, de leur pénibilité physique et psychologique, mais aussi de l’espérance de vie variable selon les professions. Comment une réforme (en l’occurrence celle des régimes spéciaux) pourrait-elle être acceptée, car elle aboutit à " travailler plus pour gagner moins " ?

A partir des travaux du Conseil d’orientation des retraites, plaidons pour un financement équitable et pérenne, le maintien du taux de remplacement du salaire, la prise en compte de l’espérance de vie, une hausse des petites pensions. Proposons aussi une contribution des revenus du capital à la solidarité nationale.
 
C’est sur ces bases que l’on doit pouvoir avancer tout en préservant l’ensemble de nos régimes de retraite par répartition.


Pour l’anecdote. Sarkozy dans son élan social a mis dans son programme la proposition suivante : faire passer le taux de réversion des 54 à 60%, en direction des veuves ayants peu ou pas travaillées. Qui s’en souvient aujourd’hui ? N’est-elle pas devenue lettre morte ?

Il est vrai que depuis 6 mois beaucoup de choses se sont passées :

Le mirage de l’ouverture

La tactique dite « d’ouverture » complète la stratégie présidentielle. Ont été convaincues d’entrer au gouvernement - sans trop de mal, semble-t-il - des personnalités anciennement classées à gauche. Il n’a pas été question - ce qui aurait constitué une vraie « ouverture » - de modifier le contenu de la politique de la majorité afin de tenir compte de l’opposition. Non : il s’agit exactement du contraire. Il s’agit d’essayer de disqualifier la gauche en prétendant que la politique de la droite recueille désormais l’assentiment général. Comment qualifier ces transfuges ? Car, au-delà de leur diversité, ils me semblent présenter deux caractéristiques communes : être attirés par la lumière et être tatillon sur leurs  convictions. Le PS a hésité sur l’attitude à adopter. Elle est pourtant simple. Dans les instances, commissions et procédures de la République, nous devons occuper toute notre place ; en revanche nous devons refuser toute participation directe ou indirecte à l’exécutif. La démocratie, c’est d’abord la clarté.


La complaisance des médias envers le Président

Tout est organisé pour favoriser cette stratégie. Aujourd’hui,  l’expression du Président de la République dans les médias audiovisuels n’est pas décomptée. Le gouvernement, la majorité, l’opposition, oui ; le Président, non ! Or le vrai chef de l’exécutif et de la majorité, plus encore que dans le passé, c’est lui. Il serait donc normal, comme cela a été demandé, que son temps d’intervention audiovisuelle et celui de ses collaborateurs soient désormais comptabilisés, et que soit accordé un temps équivalent à la majorité et à l’opposition. Un texte devrait le prévoir. Afin d’en assurer le respect, les radios et les télévisions doivent comporter dans leur programme un équilibre entre trois temps d’intervention et assurer des conditions de programmation comparables : celui du Président de la République, de ses collaborateurs et des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire, celui des personnalités de l’opposition ». Je souhaite qu’un article de ce type sur la démocratie médiatique soit inscrit dans la Constitution. Cet aspect est devenu plus décisif pour l’équilibre des pouvoirs.

Quand le paquet fiscal est devenu le boulet fiscal

Pour trouver l’argent jeté par les fenêtres, en direction des plus riches : Que fera t-il ? Premièrement, pour réduire le plus possible les interventions et services publics, puisque c’est son obsession idéologique, il évoque  la montée de l’individualisme : comme si le recours au collectif était contradictoire avec la satisfaction des individus ! Sarko tentera de diviser les fonctionnaires, en leur promettant une ristourne si les postes de leurs collègues sont supprimés, si il parvient à ses fins. Il y aura bien au bout du compte moins de fonctionnaires et pas mieux payés. Les Français en général pourront "gagner plus s’ils travaillent plus" ? Non, il faudra travailler plus sans gagner plus ; souvent même, on devra travailler plus et plus longtemps, pour finir par gagner moins, en salaire, en retraite et, une fois toutes les ponctions opérées, en pouvoir d’achat. Le SMIC sera remis en cause, le contrat de travail aussi puisque, dans cette conception, l’avancée économique ne peut exister que par le recul du social. Quant à l’Europe, elle sera à la fois courtisée et accusée de tous les maux pour excuser les échecs gouvernementaux.

La myopie sarkozienne

La France possède des atouts : notre productivité, notre démographie, notre qualité de main d’œuvre, nos services publics, notre géographie, mais notre pays a besoin de réformes profondes, justes, concertées. Nous avons besoin de renforcer l’offre des entreprises, en particulier les PME, sans amputer le pouvoir d’achat. D’où l’absurdité injuste de mesures telles que la taxation médicale, les hausses de prix tous azimuts, l’augmentation de la TVA! Et divers reculs sociaux intervenus ou programmés, contre lesquels il va falloir mobiliser. Nous avons besoin de rassembler le pays dans un effort de dynamisation, de réforme et de justice, plutôt que d’opposer les catégories entre elles : jeunes contre vieux, centre villes contre quartiers, travailleurs contre chômeurs, nationaux contre étrangers, salariés du public contre secteur privé. Nous avons besoin d’une politique de résultats plutôt que d’une politique de médias. Le bombardement médiatique est si puissant et le tournoiement des thèmes si rapide que, malgré le courage de beaucoup de journalistes, les médias et l’opinion ont réduits au rôle de suiveurs. Le but est d’éviter à tout prix le temps de l’analyse critique des faits.


Quelques une de nos actions depuis la victoire de la droite

  • Nous avons combattu avec force et détermination les scandaleux tests ADN, contraires à notre droit de la bioéthique, contraires à notre approche de la famille et à mon sens contraires aux principes de la Constitution. Bien évidemment ce  pouvoir  n’oublie pas ce qu’il doit aux voix d’extrême droite ;
  • En parti responsable, nous avons choisi de soutenir l’adoption du traité de Lisbonne ;
  • Nous avons débusqué  la volonté gouvernementale de financer les déficits volontairement créés par la droite, par l’augmentation de la TVA ;
  • Enfin, nous participons activement aux débats parlementaires : amendements, commissions…

                                                                                                          Matthieu Schmidt

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Vendredi 26 octobre 2007

Le rouleau compresseur médiatique et la stratégie d’étouffement utilisée par Nicolas Sarkozy empêchent souvent le moindre recul. Essayons de le prendre aujourd’hui pour mesurer, à près de six mois de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, où en est la « rupture ». 

 

Dans une interview récemment accordée à Libération, Ségolène Royal déclarait : « Ce qui me frappe, c'est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder ». Au-delà du vernis de modernité communicationnelle, il ne faut effectivement pas gratter longtemps pour retrouver les couches du passé, qui sont en réalité les déterminants essentiels de la politique menée actuellement. Plusieurs exemples récents nous le démontrent parfaitement.

   

   

Les bonnes vieilles tactiques des briseurs de grèves
 

Jeudi 18 octobre, plusieurs syndicats de la SNCF avaient déposé un préavis de grève reconductible, à savoir SUD, FO et la FGAAC (Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite). De manière étrange, dans la soirée, ce dernier syndicat appelait finalement à la reprise du travail, contribuant ainsi à rompre l’unité syndicale déjà bien fragileLa-France-qui-se-l--ve-trop-.-ou-pas-assez.JPG. La FGAAC était pourtant particulièrement déterminée et ses représentants avaient assuré qu’ils ne céderaient pas, même s’il fallait faire une grève longue et dure. Que s’est-il donc passé ? En réalité, utilisant des méthodes que Denis Gautier-Sauvagnac et l’UIMM ne renieraient pas, le gouvernement a fait pression sur la direction de la SNCF pour que celle-ci prenne langue en toute discrétion avec ce syndicat pour céder à leurs revendications. Ce syndicat étant à la fois autonome et le plus ultra-corporatiste de la SNCF, les avantages concédés aux seuls conducteurs ont donc suffit à le décider à se désolidariser du mouvement. Mais quels sont ces avantages ? Tout simplement le fait que les conducteurs ne seront peu ou prou pas touchés par la réforme des régimes spéciaux comme les autres agents SNCF. Autrement dit, alors que le gouvernement fait de l’ « égalité » le talisman de sa réforme, il a consenti de manière catégorielle un avantage aux conducteurs (qui pourront toujours partir à 55 ans) qu’ils soient déjà employés ou recrutés dans le futur. Toutefois, en n’hésitant pas à céder à ce genre de demandes corporatistes pour briser un mouvement, comment le gouvernement peut-il compter faire une réforme juste, sereine mais déterminée ? Les négociations sociales doivent-elles se transformer en arrangements de boutiquiers derrière le manteau ? Voilà le vrai visage de la droite sarkozyste, malheureusement typique de la droite française.


« Ce n’est pas la rue qui gouverne »… ça dépend qui est dedans

 

Nicolas Sarkozy l’a encore répété ce matin devant les employés de la SNCF : « nous ne céderons pas devant la pression de la rue ». Face aux « privilégiés » des entreprises publiques dont les régimes spéciaux sont « indignes » (ce sont les mots du chef de l’Etat) lancés à la vindicte populaire, il ne faut Bons-corporatistes.JPGsurtout pas céder, entendez négocier si ce n’est de la façon évoquée ci-dessous. Disons simplement que la droite a toujours eu une vision du corporatisme à géométrie variable. Par exemple, si 300 000 salariés en grève le 18 octobre ne méritent aucune considération, 10 000 internes en grève illimitée (des gauchistes sans doute atteints de la peste rouge – où sont les vaccins ?) depuis deux semaines méritent en revanche toute l’attention du gouvernement. L’une des seules dispositions intelligentes du PLFSS actuellement en discussion était la « possibilité d’ouvrir des négociations relatives à la libre installation des médecins ». Autrement dit, il s’agissait de se rendre compte que les mesures incitatives mises en place par la majorité actuelle pour conjurer la désertification médicale sont un échec patent et qu’il faut en arriver à des mesures plus restrictives. Mais le PLFSS n’ouvrait que la possibilité d’en « discuter ». Qu’à cela ne tienne, la clientèle habituelle de la droite (qui a augmenté à 3 reprises sans aucune compensation la rémunération à l’acte des médecins libéraux depuis 5 ans) méritait bien que l’on n’en discute même pas. Le corporatisme des uns est « indigne », celui des autres mérite que le gouvernement se sépare en quelques jours de l’une de ses rares bonnes idées.

 

Mais le plus invraisemblable est encore à venir et le PLFSS qui est en train d’être voté va sans doute réserver des surprises abracabrantesques comme dirait l’autre. Face à la grogne plus que visible des avocats en raison de la méthode ultra-autoritaire choisie par Mme Dati pour « réformer » la carte judiciaire, le gouvernement propose de mettre en place un nouveau… régime spécial de retraites ! Incapable de discuter, Mme Dati se dit que le seul moyen de « faire taire » les protestations souvent légitimes des professionnels du droit serait de leur jeter en pâture des compensations sonnantes et trébuchantes pour acheter leur silence. C’est ainsi que les avocats concernés par les fermetures brutales de TGI (Tribunaux de Grande Instance) se verraient proposés un départ en préretraite (dès 55 ans) alors que l’on explique depuis plusieurs années désormais qu’il faut stopper ces systèmes pénalisant le travail des seniors et qu’on allonge pour tous la durée de cotisation. Comme le résumait Marisol Touraine, députée PS, en s’adressant au gouvernement, on est dans une situation ubuesque : « Alors que vous prétendez réformer les régimes spéciaux au nom de l'équité, voici que vous achetez la paix sociale en proposant une retraite anticipée aux avocats ». Comment imaginer en effet que ces tours de passe-passe, ces contre-feux allumés ici et là permettent de réformer équitablement la France ? C’est aussi la faiblesse de ce gouvernement, privilégiant les paillettes à la compétence, qui conduit à ce genre de dérives clientélistes particulièrement inquiétantes. 

 

 

Judas a un prix 

 

On savait depuis Eric Besson que la trahison valait bien un secrétariat d’Etat aux petits pois. On saitJudas.JPG désormais qu’elle doit aussi permettre des arrangements avec la loi. Alors que la situation économique et financière de la France se dégrade à vue d’œil, savez-vous quelle est la priorité du gouvernement, qu’il a inscrit en « urgence » (sic) à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ? C’est le « Nouveau Centre » qui est le nouveau centre des intérêts de la majorité en place. Autrement dit, malgré les tentatives pathétiques de ce groupuscule croupion de l’UMP lors des législatives (Hervé Morin avait présenté sa femme, son chauffeur, sa femme de ménage…), ils ne sont pas parvenus à réunir plus de 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions au niveau national, règle écrite et précisée dans le Code électoral pour obtenir le financement public. Qu’à cela ne tienne… Le Nouveau Centre a déposé une proposition de loi modifiant les règles du jeu (après le jeu) pour faire en sorte qu’il dispose malgré tout du financement public. Comptant sur l’endormissement des députés de l’opposition et lui-même un peu honteux (du moins on l’espère) face à cette mascarade, le gouvernement a essayé de faire passer cette « réforme » vitale pour la France du jour au lendemain. Grâce à la présence massive des députés PS et à la décence de certains parlementaires UMP absents de l’hémicycle, cette tentative piteuse a heureusement tourné court. Pourtant, le gouvernement a dit ne pas renoncer pour effectivement solder les comptes de la traîtrise des anciens compagnons de François Bayrou. Dire que certains rêvent d’ « union des centres »…

Clientélisme, manipulations, ruptures d’équité flagrantes, réformes de façade, est-ce cela la « rupture » tant promise ?  Rupture avec le meilleur de la période chiraquienne (une France qui préservait malgré tout sa tradition humaniste – cf tests ADN) mais conservant, voire amplifiant le pire des caractéristiques de la droite française, les Français vont vite finir par demander le divorce... pour faute !

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Vendredi 21 septembre 2007

8 - Constate-t'on un boom de l'immobilier ?
Non. C'est une autre croyance, très répandue qui consiste à penser, que la mise en service d'un TGV s'accompagnera d'une invasion de Parisiens, faisant grimper, mécaniquement, l'immobilier local. Mais, la cause est purement endogène. L'exemple de Reims est à ce titre très parlant. Bien que les prix du foncier y soient déjà considérés comme très élevés, l'arrivée de la grande vitesse s' est traduite parune nouvelle hausse du prix des biens. Il faut regarder de près les transactions auprès des notaires. Et on constate que la demande était essentiellement locale. Ce ne sont pas les Parisiens qui achètent les biens mais les Rémois qui anticipent la hausse du marché. Rurbains qui réinvestissent le centre-ville. Ménages aisés qui investissent dans la pierre. Ou simples spéculateurs. Tous ont considéré l'arrivée du TGV comme une raison suffisante pour acheter.

9 - Se crée-t'il automatiquement de nouvelles zones d'activités économiques ?
Non. Bien loin du mythe-entretenu par les élus qui consiste à décrire le TGV comme un aimant à entrepreneurs. L'implantation d'une entreprise est bien plus complexe. Quand bien même le TGV jouerait un rôle, celui-ci restera toujours secondaire par rapport à d'autres critères beaucoup plus importants tels que le prix du foncier, la proximité d' un bassin de population, d'une réserve de main d'oeuvre... Néanmoins, le TGV permet peut-être de retarder certaines délocalistions. Enfin, certains quartiers gare font peaus neuves, à l'image de Thionville.

gare-thionville.jpg


10 - Peut-il y avoir une nouvelle dynamique urbaine ?
Oui et non. Avant d'attirer des fonctions économiques, il faut commencer par s'interroger sur le cadre et la qualité de vie. Les chefs d'entreprisess'installent dans les villes qui les rassurent. En fait, tout dépend de l'applictaion des pouvoirs publics locaux. Disposer d'universités, de théâtres, d'installations sportives est un atout. Un tram-train, des espaces verts, un centr-ville coquet et vivant, c'est encore mieux.

11 - Des opportunités pour l' emploi ?
Oui et non. La croissance de l'emploi n'est pas systématiquement laplus forte dans les villes TGV. De même, alors que les élus s'attendent bien souvent à un développement de l'emploi dans le tertiaire, les statistiques ne font apparaître que des résultats très contrastés dans ce secteur.

12 - Les gares de rase campagne sont-elles justifiées ?
Non. Il faut savoir que la ligne grande vitesse passe par 3 gares d'interconnexion : Champagne-Ardenne TGV, Meuse TGV, et Lorraine TGV... toutes 3 construites en dehors des zones d'urbanisation, alors que les expériences de ce type sont loin d'avoir été concluantes par le passé. Les gares à la campagne sont une illusion d'urbanisme, née du fantasme des élus et des intérêts de la SNCF qui souhaite gagner le plus e temps sur le tracé en évitant les centres-ville. Tous nos voisins européens récusent ce principe, nous sommes les seuls en France à nous entêter. La liste est longue. Vendôme, Mâcon-Loché, Haute-Picardie. Alors que chaque projet, faisait miroiter de fortes retombées en matière d'aménagement du territoire et de développement économique, les résultats ont rarement été  la hauteur des investissements engagés. Loin d'être les moteurs d'un nouveau développemnt économique, ces gares se résument le plus souvent à de vastes parkings en rase campagne, gagnant le surnom peu reluisant de "gares des betteraves". 
On peut donc naturellement s'interroger, sur l'utilité de la création d'une nouvelle gare à Vandières ?

                                                                                                                                                                  Matthieu Schmidt

 

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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Mardi 18 septembre 2007

A quoi peut s'attendre une ville desservie par le TGV ? L'expérience montre que les retombées du TGV ne sont pas uniformes dans l'espace et dans le temps. Elles dépendent de la dynamique de chaque ville. Mais aussi de la façon dont les acteurs locaux se saisissent de la grande vitesse.

1 - Les dessertes sont-elles plus rapides ?
Incontestablement la réponse est oui. Tous ces gains de temps ne manqueront pas de se répercuter sur l'évolution du trafic. Ils facilitent les allers-retours dans la journée.

2 - Cela fait-il décliner l'aérien ?
train.jpg

Oui.
A l'image du TGV Méditerranée qui, cinq ans après son lancement, dépasse allègrement les 60 % de part de marché sur l'axe Paris-Marseille (contre 40 % auparavant). Sur la liaison Paris-Strasbourg, la SNCF ne totalise pour le moment que 35 % de part de marché, mais elle compte bien inverser le rapport de force dans les 16 mois prochains.



3 - Se forme t-il un club de grandes villes ?
Oui. Le TGV favorise surtout les villes terminus, celles qui bénéficient du plus gros gain de temps. Les villes de taille intermédiaire profitent plus difficilement du TGV car sa mise en service s'accompagne généralement d'une réduction des dessertes. C'est le cas pour Lunéville ou Sarrebourg. En revanche, Strasbourg (16 allers-retours par jour), Metz (10), Nancy (10), Reims (8) tirent leur épingle du jeu. La grande vitesse contribue à concentrer les trafics sur les liaisons les plus rentables.
Aujourd'hui la grande, l'essentiel du trafic TGV se concentre sur l'axe Lille-Paris-Lyon-Marseille. Il y a un effet discriminatoire de la grande vitesse ; celle-ci accélère surtout le développement des villes qui possèdent déjà une masse critique. 

4 - Y a-t-il une fracture territoriale ?
Oui et non. La grande vitesse est malheureusement très sélective. Développer des TGV de cabotage permet demieux diffuser ses effets. L'association des Villes et régions européennes de la grande vitesse milite, quant à elle, pour
le développement des "TER à grandes vitesse", qui consiste à faire circuler localement des rames TGV financées par les conseils régionaux.
C'est pourquoi, les villes lorraines de Commercy, Longwy, Neufchâteau et Toul se battent aujourd'hui pour ne pas être les "dindons" du TGV.

5 - Le désenclavement de l'Est est-il déjà effective ?
Oui et non. Désomais, les métropoles situées sur la LGV ont les moyens de se faire connaître, reliées à Lille, Nantes, ou Bordeaux par des TGV d'interconnexions. En fait, tout dépend e l'action des municipalités concernées par l'arrivée du TGV. Le maire de Thionville à recemment déclaré :"Les gens viennent chez nous à reculons en pensant trouver une ville laide et industrielle mais ils repartent généralement enchantés". Quand on lui demande les atouts de la ville qu'il gére il  s'empresse de répondre : "Les terrasses de Thionville".

6 - Le tourisme progresse-t-il ?
Oui et non. Les créations de lignes TGV dans le passé ont montré que le TGV permet de valoriser essentiellement les sites qui sont déjà connus. Autrement dit, les villes qui profitent le plus de la manne touristique sont les grandes métropoles : Reims, Nancy, Metz, Strasbourg, disposant d'un solie patrimoine et d'une visibilité nationale.

mairie.jpg

7 - Contate-t-on un effet d'aspiration de la population vers la capitale ?
Non. Ces déplacements pendulaires sont déjà une réalité bien palpable à Lille ou au Mans. Ils pourraient bientôt se développer vers l'Est dans les villes telles que Châlon-en-Champagne, Reims ou Rethel - toutes situées à moins d' 1heures10 de Paris. Peut-on pour autant craindre que ces villes se transforment en cité-dortoir, comme le redoute nombre d'élus locaux ? La cité-dortoir est un fantasme. Quand ils s'installent dans une ville les gens sont attirés par un cadre de vie, par la volonté de rejoindre un conjoint ou d'élever des enfants. C'est pour y vivre . Pas seulement pour y habiter.

                                                                                                               Matthieu Schmidt

 

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
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