Retour d'Amine El Khatmi sur la performance de Ségolène Royal

Publié le par Lettre à tous les Résignés et Indignés

ELLE…et les autres ! (Retour sur le débat)

 

Quelle surprise en ouvrant les journaux ce matin. Des lignes et des lignes de lamentations. La déception et la tristesse partout. On devine même ici où là, les larmes d’un éditorialiste ou d’un chroniqueur achevant son papier. Le moral est au plus bas et peut-être que certains manifestent déjà le poing levé rue de Solférino.

 

Ils ? Certains journalistes, commentateurs, grandes gueules. Ceux qui ont un avis sur tout et surtout un avis. Vous savez, ceux qui connaissent déjà le résultat du vote du 9 octobre avant qu’il n’ait eu lieu. Des Dames Irma en costume cravate ! Ils étaient balladuriens en 1995. Ils ont perdu. Ils étaient jospinistes en 2002. Ils ont perdu. Ils étaient pour le Oui à la constitution européenne en 2005. Ils ont perdu. A chaque défaite, ils repartent de plus belle. Sûrs d’eux, de leur science, de leur savoir, ils prétendent faire la pluie et le beau temps.

 

Hier, ils voulaient du sang et des larmes, des cris et des coups, des reproches, de la bagarre, bref, ils voulaient que débat rime avec pugilat ! Cinq socialistes et un radical de gauche sur un même plateau ? Ca devait être un festival d’injures, la Saint-Castagne, sous le regard enchanté de la droite qui n’attendait que ça.

 

Le piège était évident, la ficelle trop grosse. Voyez donc ces socialistes qui se déchirent, qui se tapent dessus, pendant que notre bon Président de la République, héros, libérateur de la Lybie, est acclamé à Benghazi (pauvre Président, obligé d’aller à l’étranger pour avoir le bain de foule qu’il ne peut plus avoir dans son pays…) ! Ségolène Royal pressentait ce piège. Elle sera la seule, à ne pas tomber dedans.

 

Le fond, encore le fond, toujours le fond, rien que le fond. Le concret, encore le concret, toujours le concret, rien que le concret. Lassés par des années de grandes promesses, jamais tenues, de beaux discours, vite oubliés, les Français attendaient de ce débat des solutions justes et efficaces, capables de changer rapidement et efficacement leur vie.

 

Comment vais-je m’en sortir demain ? Quel avenir pour mes enfants ? Qui me redonnera la sécurité que je n’ai plus ? Pourquoi dois-je me serrer la ceinture alors qu’en haut, certains puissants se noient dans la corruption et les scandales financiers ?

 

Voilà, les questions posées. Voilà, l’enjeu.

 

Le débat avec les journalistes fut l’occasion pour Ségolène Royal de présenter aux français ces solutions justes et efficaces qu’elle entend mettre en œuvre une fois élue. D’abord sur la dette et les déficits avec cette volonté de mettre un terme à la domination arrogante des banques et de les mettre enfin au service des peuples, du pouvoir d’achat et de la relance de l’économie. Avec la banque publique d’investissement, inscrite par Ségolène Royal dans le projet des socialistes, l’Etat tendra la main aux Français qui veulent créer leur activité. Ainsi, la France deviendra un pays d’entrepreneurs ou chaque talent, chaque compétence, chaque volonté pourra s’exprimer. La règle de bonne gestion sera inscrite dans la constitution. Elle comprendra trois impératifs : une contribution égale du capital et du travail, la justice fiscale et la garantie des ressources de la sécurité sociale.

 

Interrogée par Françoise Fressoz, elle confirme son opposition à une augmentation généralisée des impôts. Durant tout le débat, c’est la seule qui prendra cet engagement ! Le remboursement du bouclier fiscal, la lutte contre la fraude fiscale et la chasse aux gaspillages donneront à son gouvernement les marges nécessaires pour éviter d’avoir à vider un peu plus les poches des français les plus modestes et des classes moyennes. Un nouvel acte de la décentralisation et une organisation simplifiée de l’Etat libéreront les énergies sur les territoires et seront génératrices d’économies nouvelles.

 

Fidèle à une conviction écologique forgée dans son enfance, la Présidente des solutions a proposé de faire de la France la première puissance écologique d’Europe. Là encore, le concret et la politique par la preuve se déploient quand elle évoque le succès de l’entreprise Heuliez ou le plan photovoltaïque de la région Poitou-Charentes, le plus important d’Europe.

 

Se présentant comme la garante de la morale publique, Ségolène Royal a plaidé pour une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature et un renforcement des pouvoirs du parlement, dont les membres ne seront plus cumulards (à noter que des six candidats présents sur le plateau hier, une seule n’occupe qu’un mandat et s’applique le non-cumul depuis 2007…Ségolène Royal). Pour remettre de l’ordre et de la morale dans le fonctionnement de l’Etat, elle s’est engagée à faire voter un principe simple : tout élu condamné pour des faits qui relèvent de sanctions privatives de libertés sera immédiatement déchu de son mandat et inéligible à vie !

 

Durant les quelques minutes de parole dont elle disposait, Ségolène Royal a tracé les contours d’un projet de société cohérent et ambitieux. Quand d’autres s’étripaient sur la date de sortie du nucléaire, Ségolène avait une réponse claire et ferme, résultat d’un travail approfondi durant de longues années avec les plus grands experts de la question. Quand d’autres tentaient des blagues et un humour déplacé en cette circonstance, elle, invitait les participants « à relever le niveau ». De la hauteur, encore, de la tenue, toujours.

 

Au terme de ce premier débat (deux autres suivront), les déçus ont pris la plume et les claviers pour s’indigner. Ailleurs, loin du microcosme, les échos qui remontaient étaient bien différents. Ségolène Royal est apparue sereine, apaisée, maitrisant ses dossiers.

 

Pour preuve, ce témoignage : « L’erreur, pour elle (Royal), aurait été de renouveler l’exercice de critique pratiqué l’autre semaine à l’endroit de Hollande et Aubry, exercice au demeurant réussi dans la mesure où il la remettait alors en lumière. La championne de l’ordre social juste s’en est gardée cette fois-ci. L’aisance acquise lors de cette ascèse que constitue une présidentielle lui suffit à se poser face aux autres. La gymnastique convenue et un rien guindée que constituait le débat d’hier a conféré un côté amidonné à tous les candidats. Sauf à Ségolène. ». Ce n’est pas un militant ségolèniste qui écrit ces mots. Non, c’est Philippe WAUCAMPT…rédacteur en chef du Républicain Lorrain !

 

Il reste 23 jours pour transformer l’essai. 23 jours pour mobiliser. 23 jours pour gagner. On peut le faire. On va le faire.

 

Amine El Khatmi

Publié dans Points de vue citoyens

Commenter cet article