Existe-t-il une real politique étrangère française ?

Publié le par Moselle d'avenir

En matière d’affaires internationales, deux éléments peuvent permettre de juger de la pertinence de la politique qui est poursuivie. Tout d’abord, il s’agit de savoir si la politique menée se base sur une « philosophie » cohérente qui permet de donner du sens et de rendre lisibles l'ensemble des actions entreprises. Il s’agit ensuite de juger cette politique à l’aune de son efficacité, de sa capacité « performatrice » à passer des paroles aux actes. Appliquons ainsi cette méthode, relativement simple et qui ne remet pas en cause les postulats qui fondent son action, du gouvernement actuel.

Soyons diplomates : c'est un bordel monstre !


Commençons par la lisibilité. Ne revenons même plus sur les propos tenus pendant la campagne présidentielle, tellement le fossé entre la vision qui y a été entretenue et celle qui s’est déployée depuis l’arrivée au pouvoir est immense. De toutes façons, cette vision, héritée des pires préceptes néo-conservateurs (que l’on retrouve chez certaines penseurs de « gauche » également), qui consistent à ériger les droits de l’homme en nouvelle religion, procède d’une vision impérialiste et occidentalo-centrée des relations internationales qu’aucun socialiste internationaliste ne pouvait partager. Ségolène Royal s’est d’ailleurs et à juste titre, bien garder de surenchérir dans ce domaine.


Ladite Realpolitik, en tant que capacité à réifier les relations internationales et à ne pas en faire une matière éthérée n’est pas à rejeter, bien au contraire. Cependant, la Realpolitik ne doit pas être une doctrine. Elle se déploie d’elle-même, à plus forte raison dans la mesure où la mondialisation l’a profondément renforcée. Le problème fondamental de la politique internationale actuellement poursuivie, c’est qu’elle est un mélange entre un amateurisme consternant et une tentative permanente de justification d’elle-même par le prétendu rattachement au réel face aux « vierges effarouchées » droits de l’hommistes, dont Sarkozy se réclamait pourtant quand il était candidat. Mais qui est aujourd’hui capable d’analyser précisément ce qui a été fait par le pouvoir actuel dans le domaine des affaires étrangères ?

 

 

 

 


Le pire dans cette politique, c’est qu’elle se croit «forte », capable de réinstaller la France sur le devant de la scène internationale alors qu’elle n’est qu’un moyen d’accélérer la liquidation de la place de la France dans le concert des nations. 

La culture du résultat étrangère à notre politique étrangère

Cela fait maintenant plus d’un an que cette politique a été mise en place. Les premiers « résultats » sont donc présents. Puisque Sarkozy et son gouvernement ne cessent de répéter qu’ils ne souhaitent qu’être jugés par la mesure de leur efficacité, allons-y. Le bilan est accablant :

 

 

 

 

Dans tous ces dossiers, la France s’est en général totalement décridibilisée. Sarkozy se plaint du « traitement » que lui réserverait la presse française. Il ferait bien de lire la presse étrangère et de se rendre compte à quel point la moindre de ses paroles, le plus petit engagement qu’il prend sont désormais (mais l’ont-ils seulement été ?) totalement dépourvus de portée.

Sous couvert de prétendu « efficacité » la politique internationale menée est un concentré de l’inefficacité, de l’impréparation et de la désinvolture sarkozyste. Nous ne devons pas chercher à plaquer trop vite de modèles sur la façon dont Sarkozy et son gouvernement mènent leur politique internationale. Cela complexifie d’ailleurs la façon de s’y attaquer mais démontrent une fois de plus, du chemin que nous aurons à parcourir pour remédier aux profonds dégâts que ce quinquennat continue d'infliger à la simple crédibilité de la France.

John_G
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marc d Here 08/07/2008 15:56

L'interview du Président Syrien dans le Figaro d'aujourd'hui montre bien l'importance du rôle de la France sur le plan international et pour la paix au proche orient. Le grand projet d'union pour la Méditerranée vient le confirmer.
La politique d'immobilisme craintif de Chirac/villepin (approuvée par le PS!) est bien terminée.