Les convictions de Danielle Mitterrand

Publié le par Moselle d'avenir

Ces dernières années, elle a mis le droit d'accès à l'eau au premier rang des droits de l'Homme, décidant d'en faire une de ses priorités au côté de l'éducation, de la démocratie participative et de l'économie responsable.

Citation de Danielle Mitterrand : « Aujourd’hui, France Libertés, forte de ses actions dans le monde, qu’elles soient construction d’école au Mali, lutte contre la peine de mort ou pour l’instauration du droit d’accès à l’eau pour tous, veut résister à l’oppression économique et politique internationale et aider à construire un monde solidaire et pacifique. Vous aussi, vous avez votre place à nos côtés. Conjuguons ensemble ces deux verbes au futur. »
 

Lors du référendum sur le projet de texte constitutionnel européen, en 2005, elle s'oppose à une partie de sa famille en prenant officiellement position pour le « non », mettant ainsi l'aura de son ancien mari dans la balance. Elle prend parti pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle de 2007.

 

Le livre de sa mémoire

 

    

Mal assurée, la voix s’estompe dans un murmure, les mains jointes supportent le micro et mangent partiellement le visage de l’ex-première dame de France. D’emblée, l‘oratrice affiche sa détestation d’un tel qualificatif « Elle n’a aucune existence de droit, ni statut, ni rôle », casse-t-elle, les paupières mi-closes. Durant quatorze ans Danielle Mitterrand a beaucoup travaillé dans son bureau, au 55, rue du Faubourg saint-honoré, Elle y a jeté les bases de sa fondation France Libertés, créée en 1986 désormais orientée sur les enjeux internationaux de l’eau.

 

Aujourd’hui, à 83 ans, elle pianote sur son blog et confie une passion presque juvénile pour Internet « C’est fabuleux de converser avec le monde entier. Le blog a été pour moi une porte de sortie. Elle y voit même un rempart contre les dictatures. C’est qu’à ses yeux la planète ne compte guère de régimes démocratiques. « La démocratie, ça n’est pas que le vote, c’est bien plus que cela », assure-t-elle.

 

De son parcours, de ses engagements, elle ne renie rien conservant la rose et les épines. « Je ne suis pas une rebelle, je suis simplement hérissée contre les injustices », lâche-t-elle empreinte d’une certaine lassitude. Le propos convoque le sous commandant Marcos — et « sa très belle symbolique » — « Ce qui est important ça n’est pas ce qu’il y a sous le passe- montagne, c’est ce qui en sort. » L’évocation de sa bise à Castro la fâche. La distance se creuse brusquement, le regard de braise se fait inquisiteur.

 


De Mazarine et sa mère il n’est pas question 



Pasionaria, Danielle Mitterrand a érigé Cuba en chemin de croix laïc. Son sanctuaire, Elle avance de station en station avec la foi du charbonnier, Fustige « la plus grande injustice mondiale de notre siècle ». Salue « la dignité retrouvée de cette population » foulée au pied par le dévoyé Batista. Mais passe sous silence le triste sort des prisonniers politiques du régime castriste.,.

 

On succombe davantage à ses emportements contre « la marchandisation du monde ». L’économie, l’eau ou encore les sentiments, rien dans son inventaire n’y échappe « Il est grand temps que l’homme reprenne conscience du privilège de sa richesse intérieure pour ne pas la dilapider en conversations de café du commerce. » La blessure intime affleure la cuirasse. De Mazarine et de sa mère, il n’est jamais question. « Oui. Je me protège et je refuse la mondialisation des arrière-cuisines et des alcôves destinées à faire du fric.  L’argent qui est nécessaire n’est pas celui-là. Je suis une femme qui veut continuer à vivre hors de cette dictature économique qui nous prive d’avenir », et conclut par cet aveu que ne renierait pas Besancenot « On n accuse d’être des zozos parce qu’on ne veut pas du pouvoir, mais ce qu’on veut, c’est être entendu. »

 

 

« Le PS est mort, et alors ? »
 

 

Naissance : Danielle Mitterrand « entre dans la vie de ses parents par une belle soirée d’automne » en 1924 à Verdun. Son père vient d’être nommé principal de collège à Buvignier. « C’est ainsi que je suis née Lorraine aux racines bourguignonnes. » « J’ai quitté la Lorraine à l’âge de cinq ans et je n’en ai conservé que des flashes», avoue-t-elle.


Sauvetage : Un soir de mai 1924 sa mère trompée et déjà enceinte tente de se jeter d’un pont dans la Durance avant de se raviser. J’ai toujours pensé que je l’avais empêchée. C’est de là que vient ma volonté de toujours vouloir sauver ce qui est sauvable. Je me suis fait une religion du sauvetage. »
  

Mitterrand : « Il était beau garçon, courageux, intelligent et il plaisait beaucoup à mes parents. Mais jamais en épousant François je n’ai pensé épouser un destin. »

 

Pouvoir : « Le président de la publique n’a en réalité aucun pouvoir. Deux ans après l’élection de François Mitterrand le seul pouvoir des finances a repris le leadership.

 

Politique : « Non, je n’étais pas plus à gauche que François. L’homme l’était tout autant que moi. Mais le président de la République a dû sacrifier à la realpolitik 

 

 

 

Cuba (colère) : Je connais Cuba. Depuis 1974 je travaille avec Castro. C’est lui qui a été choisi par son peuple pour permettre à cette île d’échapper au régime esclavagiste de Batista  qui en avait fait un jeu d’argent et de luxure. Les Cubains sont très fiers de leur révolution et leur malheur vient du harcèlement des Etats-Unis. »

 

PS : « C’est triste de voir qu’il y avait si peu de conviction chez les cadres du PS qu’ils sont partis ailleurs. Le PS est mort, et alors ? Je croise toujours autant de gens de gauche qui se battent pour leurs idées. Tous ceux qui accordent la priorité à la vie plutôt qu’à l’argent. La gauche est bien là, et elle travaille. »


 

                                                                                                                   Matthieu Schmidt

Publié dans Points de vue citoyens

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Thomas 30/11/2007 13:41

@ Asse42,

Le commentaire me paraissait clair vu l'article portant sur Danièle Mitterrand...

C'est bien de couple dont je parle ici. Nicolas Sarkozy tout comme Ségolène Royal ont mis leurs carrières en priorité devant leurs vies de famille. Ils sont tous les deux seuls quand ils rentrent chez eux le soir.

Cordialement.

asse42 30/11/2007 12:30

Avant de me lancer dans le débat j'attends toujours que Thomas vienne étayer devant nous ses affirmations pour qu'on comprenne sa pensée. Merci.

nanou 30/11/2007 11:52

je suis d'acord avec Thomas!les 2 finalistes seretreouvent seuls/La cause?les conséquences un désequilibre^personnelet peut-etre un vision faussée des besoins en matière de politique "humaines"..

asse42 28/11/2007 19:18

Je réagis avec célérité au commentaire de Thomas:-) "Les deux finalistes sont seuls".
j'aimerais qu'il précise en quoi avant de commencer à débattre. Parce que seul mais avec qui? Est-ce important? Seule mais entourée?
Donc je demande que Thomas précise ses affirmations. Amicalement bien sûr. Parce que ça m'intéresse.

Thomas 28/11/2007 18:05

Bel article.

J'avoue avoir très peu d'ampathie pour nos politiques. Je n'en crois aucun sur parole hormis peut-être ceux qui sont capables de tout plaquer pour leurs convictions. Certes, Danièle Mitterrand n'a rien eu à plaquer, mais si sa parole a autant de poids dans les débats qui agitent la gauche actuellement, c'est qu'elle a toujours été à la hauteur des enjeux. Notamment en épaulant son mari.

J'en profite pour signaler, comme je l'ai déjà fait remarquer lors de la dernière réunion, que les deux finalistes de l'élection présidentielle sont aujourd'hui seuls.

Deux questions me viennent alors à l'esprit :
Quelles en sont les causes profondes ?
et surtout, dans ce monde très dur de l'affrontement des idées qui caractérise la vie politique (sic) peut-on réellement progresser et réussir sans la stabilité, le conseil et le réconfort, la vie, que procure la famille ?