L’Union Européenne : du traité de Rome au mini traité de Lisbonne (2/2)

Publié le par Moselle d'avenir

Les choix politiques mis en œuvre aux niveaux national et européen devraient favoriser le dynamisme. Pour relever le défi de la mondialisation, pour en faire une mondialisation de solidarité plutôt que de précarité.

LES BESOINS :

- Nous avons besoin d’actions européennes fortes et coordonnées dans ces domaines clés du futur que sont la recherche, l’éducation, la formation, l’innovation, où nous prenons du retard.

 

Nous avons besoin d’anticiper socialement et économiquement les mutations. Nous avons besoin que les décisions adéquates, notamment financières, soient prises. Ce n’est pas le cas;

 

- L'Union Européenne reste beaucoup trop timide dans ses actions d’innovation. Elle laisse se développer en son sein et au dehors le dumping social, fiscal et environnemental. Elle cultive les discours et prend du retard. Il en est de même au niveau national malgré certaines initiatives utiles comme les pôles de compétitivité;

 

L’Europe doit retrouver sa double dimension solidaire et protectrice. C’est sur cette base qu’elle s’est construite. C’est en termes de progrès et de protection que nos concitoyens nourrissent un espoir européen. Cela suppose des changements fondamentaux par rapport aux orientations actuelles :

  • Une autre politique monétaire que celle de la Banque Centrale Européenne qui, avec sa marotte de l’euro cher, condamne Airbus et beaucoup d’entreprises, dont l’automobile ou la chimie, à produire hors zone euro;
  • Une autre politique de la concurrence, qui devrait encourager les champions européens au lieu de les ignorer ou de les pénaliser;
  • Une autre attitude envers nos partenaires extérieurs, afin d’aider leur développement mais d’inclure désormais dans les discussions commerciales la question des normes environnementales, celle des standards sociaux et des parités monétaires. 


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CE QUE PROPOSE LE MINI TRAITE DE LISBONNE :

Il y a des points négatifs et des points positifs. Commençons par ces derniers :

 

- Un président sera nommé pour 2 ans ½  et au maximum 1 fois. En supprimant les présidences tournantes cela garantira une plus grande stabilité politique.

 

- Le Parlement qui aura un champs de compétence renforcé, décidera sur d’avantage de sujets.

 

- Sur 51 nouveaux domaines (justice, police, économie…) les majorités seront qualifiées (55% d’Etats représentants 65% e la population). Fin du vote à l’unanimité et par conséquent des blocages.

 

- Politique étrangère plus lisible par la nomination d’un haut représentant.

 

… mais je constate au moins 2 régressions : 

 

- La Commission européenne aura à partir de 2014, plus que 18 commissaires au lieu de 27 actuellement. En conséquent, la France risque de ne plus en avoir du tout !

 

- Le Parlement sera bloqué à 751 adhérents : cela ralentira l’adhésion de nouveaux pays, ou pire, si il y de nouvelles adhésions fera diminuer le « poids » de nos euro députés car moins nombreux.


 

EN CONCLUSION…

 

On retrouve là, qu’on le veuille ou non, certains débats qui ont accompagné la décision du peuple français lors du vote sur la Constitution européenne. Je suis pour ma part un Européen convaincu ; précisément à cause de cela, je maintiens qu’il faut relancer et réorienter l’Europe, non vers une dérive encore plus libérale, non vers une Europe forteresse, mais vers une Europe qui protège en même temps qu’elle progresse.

 

Une Europe ouverte, pas une Europe offerte. Une stratégie industrielle de réciprocité, pas de naïveté. Nous en sommes loin avec ce mini traité !

                                                                                                                      Matthieu Schmidt

Publié dans Points de vue citoyens

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asse42 25/10/2007 17:04

Matthieu

J'adhére totalement à ta vision de l'Europe. Je crois que nous devons rentrer de plein pied dans l'ère du partenariat. Nous devons créer et faciliter des convergences avec nos partenaires européens dans tous les domaines. C'est-à dire sortir du dogme de la concurrence qui serait la panacée et introduire une volonté de construction collective. Car on est beaucoup plus fort à plusieurs que tout seul. Ce serait un message fort envoyé au monde.
Sur le TUE je suis aussi d'accord avec ton analyse tout en signalant qu'actuellement nous sommes gouvernés par le traité de Nice qui est ingérable pour une union à 27. Donc vaut mieux le TUE si on veut continuer à poursuivre la construction. Mais ce traité n'est pas un traité fondamental. Celui-là il reste à produire en y intégrant les normes sociales et environnementales. Ce sera plus long.

Amitié socialo-ségolèniste.

P.S: Franchement vos synthéses dans tous les domaines sont de haut niveau. Alors continuez et on espère que DA se restructure plus complétement pour qu'on puisse débattre de nos avancées.