4ème réunion du comité local : avenir de nos désirs d’avenir socialistes

Publié le par Moselle d'avenir

 

Le mardi 16 octobre a eu lieue la 4ème réunion du comité « Moselle d’avenir ». Plus que jamais mobilisés, nous sommes tous fortement impliqués pour les futures échéances électorales (municipales et cantonales), sans oublier toutefois la nécessaire rénovation des idées et des propositions nationales du parti auquel nous revendiquons notre appartenance. Membres de Désirs d’avenir, nous avons souhaité aussi que le message de cette association à laquelle nous croyons soit plus audible, mieux organisée. Ces points d’organisation évoqués, nous en sommes venus, comme à l’accoutumée, à débattre de trois sujets de fond.

 

1. Fonctionnement des deux organisations auxquelles nous appartenons : Désirs d’avenir (DA) et le Parti Socialiste (PS)

 

  • PS

Rose-PS.JPG- au niveau local : la totalité des membres de « Moselle d’avenir » qui sont par ailleurs membres de la section PS de Thionville ont apporté publiquement leurs soutiens à Bertrand Mertz et pour sa candidature à l’investiture aux municipales et cantonales (ainsi qu’à Isabelle Rauch). Comme précisé lors du dernier compte-rendu, les membres de « Moselle d’avenir » s’engageront pleinement dans les deux campagnes.

- au niveau national : tel que décidé par le Conseil national du 23 juin dernier, le processus de rénovation du PS est enclenché. Au-delà des forums thématiques ayant déjà eu lieu, trois Forums thématiques doivent être organisés :

1er Forum : les socialistes et la nation – 24 novembre

2ème Forum : les socialistes et le marché – 15 décembre

3ème Forum : les socialistes et l’individu – 20 janvier

 

Sur le blog, plusieurs tribunes sur les sujets abordés lors du 2ème et du 3ème Forums ont déjà été écrites. Nous nous associerons à cette démarche en faisant une demande pour devenir l’un des « blogs de la rénovation » mais aussi en participant à ces différents Forums.

 

 

  • DA

Depuis la réunion, la lettre envoyée par Ségolène Royal à l’ensemble des adhérents de DA a répondu à un certain nombre d’interrogations. Il n’empêche que nous tenions à préciser plusieurs points, témoignages de notre fidélité exigeante à l’égard de Ségolène Royal.

DA-national-copie-1.JPG- d’un point de vue organisationnel, la mise en place d’un nouveau site participatif national, annoncée depuis des mois, doit être accélérée. De la même façon, la coordination des comités locaux doit être mieux assurée ;

- d’un point de vue idéologique, plusieurs membres se sont dit en attente d’une clarification idéologique. La plupart des militants avaient fortement apprécié le discours de Melle, au-delà des désaccords ponctuels, en raison de sa profondeur de vue. La tribune consacrée à la politique étrangère de Sarkozy ou celle publiée ce jour consacrée à la politique économique et sociale du gouvernement vont dans le bon sens. Il serait vraiment utile, éventuellement lors de la publication du livre tant attendu, de préciser les idées qui n’ont pas eu l’occasion de l’être au cours de la campagne présidentielle. Au-delà des piliers du pacte présidentiel, au-delà de la mise en avant de plusieurs notions d’importance comme l’ « ordre juste » ou le « gagnant-gagnant », une remise en cohérence semble nécessaire pour mieux articuler ces idées-force.

- d’un point de vue communicationnel, plusieurs membres se sont étonnés de l’absence de Ségolène Royal lors du meeting organisé au Zénith contre les tests ADN. Au-delà des raisons compréhensibles de cette annulation, il paraît contre-productif de donner l’impression de se raviser au dernier moment. Cela donne effectivement du grain à moudre à certains media qui n’ont pas arrêté de mettre en avant cette image au cours de la campagne présidentielle. Par ailleurs, on regrette que les déplacements à l’étranger de Ségolène Royal et les discours qu’elle y prononce, pourtant de haute tenue, ne soient pas suffisamment relayés.

 

Les derniers sondages le démontrent (celui organisé par BVA pour Marianne), Ségolène Royal reste la candidate préférée des sympathisants de gauche. Naturellement, elle est également perçue comme la meilleure opposante à Nicolas Sarkozy. Son engagement plein et entier, démontrant quelle autre voie elle aurait tracé si elle avait été élue, « faisant comme si [elle] était aux responsabilités » (discours de Melle) est donc nécessaire à tous.

 

Comme Ségolène Royal l’évoque dans sa lettre, DA doit toutefois veiller à ne pas se transformerPS-DDA.JPG en courant traditionnel ou à une écurie personnelle, reproduisant les mêmes erreurs que ceux qui existent encore. Laboratoire d’idées pleinement ancré dans la rénovation du PS, il ne doit pas se transformer en simple soutien à une personnalité. Toutefois, la politique n’étant pas le monde des Bisounours et puisque nous continuons à penser que Ségolène Royal reste la mieux placée pour mener à bien cette rénovation, nous lui apporterons notre soutien le moment venu, si tel est son choix.

 

2. La rénovation en direct : environnement, immigration et politique européenne

 

  • L’excellence environnementale : au-delà des maux et des mots

 
Suite au Grenelle de l’environnement : Ségolène Royal avait fait de l’excellence environnementale l’un des piliers essentiels de son pacte présidentiel. Rappelons qu’elle avait obtenu la meilleure note attribuée par des associations écologiques indépendantes (16,5/20) quand le candidat UMP recueillait seulement un 8/20.

 

Guillaume Leblond a déjà eu l’occasion de revenir sur certaines propositions issues du Grenelle ici et ici. Au-delà du rapport de 1000 pages et des nombreuses mesures proposées, on est d’abord frappés par les errements du gouvernement. Entre M. Borloo prétendument Ministre d’Etat et numéro 2 du gouvernement et Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture ou encore Jacques Attali et les membres de sa commission pour la libération de la croissance, les prises de position sur les OGM, le principe de précaution sont tout à fait contradictoires. Il semblait pourtant que l’intérêt de nommer le Ministre de l’Ecologie à ce rang protocolaire permettrait d’éviter ce genre de cafouillages. Pour l’instant, il convient donc de rester très prudents sur l’issue du Grenelle, étant donné qu’on ne dispose pas encore des arbitrages finaux.

Mais plutôt que se contenter de critiquer, le comité a réfléchi sur les principaux axes d’une véritable politique environnementale :

- situés dans une zone voisine d’une centrale nucléaire (celle de Cattenom), nous sommes particulièrement sensibilisés à la problématique nucléaire. Et nous n’avons pas le sentiment d’être « égoïstes » en en parlant. Il conviendrait tout d’abord de sortir du débat caricatural opposant anti-nucléaires absolutistes aux nucléolâtres qui rêvent, comme le président Sarkozy, de nucléariser l’ensemble de la France et de la planète.

Il ne faut par exemple, même s’il faut tenir compte des déchets générés, se rappeler que le bilan de rejet en CO2 assez favorable est du en grande partie aux équipements nucléaires de la France (qui produisent 78% de l’électricité). La prise en compte du long terme est donc nécessaire et la position semble claire : diversification progressive de notre bouquet énergétique en favorisant les énergies renouvelables, trop longtemps oubliées en France. L’objectif minimal est celui fixé par l’Union Européenne (20% de la production énergétique issue des énergies renouvelables à compter de 2020);
 

- afin de favoriser l’ « Europe par la preuve », il conviendrait d’européaniser les recherches en la matière, en associant dans le cadre d’un « pôle européen de recherche » grandes entreprises énergétiques, aéronautiques et automobiles qui accusent un retard conséquent par rapport à leurs concurrents étrangers en la matière (cf Toyota Prius par exemple). Les constructeurs automobiles européens et notamment français doivent par exemple dépasser le simple stade des « biocarburants » dont le caractère néfaste tend à être démontré par de nombreuses études scientifiques, aussi bien par la hausse du prix des matières premières qu’il induit (arbitrage nourriture/énergie) que par son bilan écologique assez désastreux.


En France, il conviendrait aussi de poser la question de la durée de vie des centrales. Ségolène Royal avait proposé la fermeture du site de Fessenheim, la plus ancienne centrale française, lors de la campagne présidentielle. Située sur une zone sismique, victime de nombreux incidents, la sécurité doit toujours primer. Et la suppression de certaines centrales vétustes doit permettre dans le même temps de se poser la question d’un vaste plan d’économie d’énergie.

 

  • Immigration : quand la droite ne doit pas « gêner » tout débat


On a déjà eu l’occasion sur ce blog de prendre position, très clairement, comme l’a fait Ségolène Royal, sur le sujet de l’amendement Mariani. On a déjà esquissé dans ce même article les contours de ce que pourrait être une politique de gauche en la matière. Même Manuel Valls, ayant pourtant maladroitement déclaré « vouloir faire un bout de chemin avec la droite sur ce terrain » a déclaré suite à cet amendement que « cela devenait désormais impossible ». Il s’agit effectivement d’une vraie ligne de clivage, pas nécessairement droite/gauche d’ailleurs et soulignons le courage de certains députés de la majorité présents au meeting du Zénith dimanche dernier.

Comme le dirait François Hollande, ce meeting était d’ailleurs celui de la « vraie ouverture », dans la mesure où les personnes présentes s’étaient rejointes sur des idées, sur une certaine conception de la République et pas pour obtenir des maroquins ministériels.


Le comité s’est penché sur cette question. Le discours de la gauche doit changer. Les années 1980 ont vu naître une forme de discours compassionnel sur l’immigration de la part de la gauche qui a fait croire à certains que nous ne serions pas au fait des réalités et notamment du fait que l’immigration clandestine massive ne sert ni le pays d’origine ni surtout l’immigré. Comme l’a évoqué Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle, la régularisation doit être fondée sur des critères précis et non pas comme l’a fait la majorité en place, sur un prétendu « cas par cas » fixé à un certain nombre.


La gauche de gouvernement doit sortir du discours sentimental pour prendre ses responsabilités et mieux expliquer pourquoi l’immigration est une chance pour ce pays. Mieux expliquer pourquoi un pays qui se referme est un pays qui meurt. Mieux démontrer que tous les pays voisins, comme l’Espagne ou l’Angleterre, ont des taux d’immigration bien supérieurs aux nôtres et connaissent dans le même temps des niveaux de croissance bien plus élevés. Rappeler également que les immigrés participent directement à hauteur de 30% à la création de la richesse (PIB) de l’Etat de Californie. C’est en arrêtant de se retrancher dans une forme de sentimentalisme que la gauche sera de nouveau audible sur cette question. En démontrant que s’il s’agit d’humains et de principe mais aussi d’une question éminemment économique et sociale.

 

  • Europe : vous avez dit traité « simplifié » ou simpliste ?


Thomas a fait un panorama global des blocages actuels de l’Union Européenne qu’il résume en 4 points (gouvernabilité, démocratisation, question institutionnelle, identité). Un article sera prochainement sur le blog pour détailler ces points.

 

Concernant le traité dit simplifié, on remarque surtout qu’il ne s’agit pas d’un grand rêve, mais d’une petite Constitution. Certains commentateurs en Suède ont même noté qu’il s’agirait d’un accord qui est tout sauf harmonieux mais qui témoigne des « tensions inhérentes au système ». Les positions discutées par le comité ont été les suivantes :

- L’Europe, c’est d’abord les Européens : il conviendrait de demander l’avis des Européens, en organisant un référendum paneuropéen sur le nouveau traité. Il serait invraisemblable de refaire en catimini ce que les peuples ont défait en s’exprimant en mai et juin 2005 aussi en France qu’aux Pays-Bas. Pour éviter le téléscopage avec les enjeux nationaux, le référendum devrait être organisé simultanément dans tous les Etats membres disposant de ce mode de consultation (en dehors de l’Allemagne par exemple) ;

- Il faudrait dissocier le projet économique du projet politique. Sans que cela ait été arbitré définitivement, nous nous sommes demandés s’il ne serait pas envisageable de renforcer l’intégration politique (notamment en matière de politique étrangère) avec un cercle beaucoup plus restreint de pays. Cela semble être la seule voie envisageable dans une UE à 27 membres.

 

To be continued...

 

Ces débats libres démontrent que tout doit plus jamais être mis sur le table entre socialistes. Nous n’avons pas peur des désaccords momentanés, tant que ceux-ci ne débouchent pas dans cinq ans sur un programme faisant la somme de nos divergences. Plus que jamais, la parole doit être libre ! Nous nous l’appliquerons en tout cas à nous. Rejoignez-nous !

 

 Jonathan Gindt

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arno 21/10/2007 16:17

Je vous invite à signer cette pétition en masse, faites la passer autour de vous svp

Pétitions sur le lien suivant: http://buxerolles-avec-segolene.over-blog.fr/

Arnaud du blog http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/

Guilllaume 20/10/2007 14:34

Réunion très constructive pour y avoir participer, félicitation à tous les membres, loin des luttes internes du ps, ce comité a le mérite de parler enfin des idées plutôt que des personnes.

FP NICOLAS 19/10/2007 17:32

Superbe résumé