Le coût de la culture

Publié le par Moselle d'avenir

L'accès à la culture s'est démocratisé. Cependant le processus s'est bloqué depuis quelques années. Les pouvoirs publics ne donnent pas suffisament de moyens à ce Ministère. De son côté, Mme Albanel, depuis sa prise de fonction, semble ne pas donner des pistes pour accélérer sa démocratisation.
Une mesure pourrait favoriser une hausse des fréquentations des musées : la gratuité. Cependant sans faire de démagogie, je vais essayer de me mettre successivement à la place de quelqu'un qui est pour l'accès gratuit aux musées, et quelqu'un qui est contre.


Chacun a sans doute une opinion à ce sujet ! Il serait intéressant que chacun donne la sienne.

Cela permettrait de toucher un plus large public, et de le fidéliser...

Le problème de la gratuité des musées est un grand enjeu de politique culturelle. Il n'est pas sûr que si les politiques ne s'y étaient pas intéressés, des villes comme Paris, Caen ou Dijon, par exemple, auraient institué cette gratuité dans leurs musées. On peut défendre une position classique, qui a été celle des fondateurs des grands musées dont l'objectif était d'assurer le plus large accès possible aux collections. Dans le même esprit, les bibliothèques publiques publiques sont gratuites ou presque, ce qui est le modèle le plus efficace du point de vue de la citoyenneté et de l'accès des citoyens à la culture. Il faut lever les barrières. Bien sûr, le prix d'entrée n'est pas le seul obstacle. Les personnes qui fréquentent les musées sont généralement celles qui ont un certain niveau d'éducation ou qui, dans leur enfance, ont eu la chance d'être éveillées à l'art. 

Mais le montant élevé de certains billets d'entrée, par exemple 13 Euros au musée du Louvre pour les collections permanentes et les expositions, n'arrange rien. La gratuité permettrait de toucher un plus large public, et surtout d'en fidéliser une partie. Aller une fois dans un musée est une simple démarche de consommation ; le fréquenter est une démarche culturelle. Pour prouver l'impact du prix d'entrée, il suffit de comparer la Tate Modern de Londres, gratuite, et le musée Gerorges Pompidou, payant : la première accueille plus de visiteurs, alors que sa collection n'est pas aussi étoffée et que Londres reçoit moins de touristes que Paris. Mais la Tate compense en partie son manque à gagner par des services commerciaux.

                                                                                                       Autoportait de Pablo Picasso en 1906, âgé de 25 ans


Par ailleurs, des actions de mécénat apportent une aide complémentaire. Néanmoins, il n'y a pas de miracle :
L'Etat devra compléter le financement des musées nationaux au titre de la mission de service public. En outre, il faudra faciliter l'approche des oeuvres aux visiteurs peu familiarisés avec l'histoire de l'art. On peut penser qu'il existe un besoin de culture dans la population et que le satisfaire en diminuant les obstacles constitue un vrai objectif politique. Malheureusement, la tendance actuelle va plutôt dans l'autre sens, avec une augmentation contante du pix des billets des musées et des expositions. Le problème est de savoir si la culture n'est pas trop chère.

 


Il faut bien que quelqu'un paie, notamment le contribuable...

L'idée de la gratuité dans les musées est belle, mais elle est loin d'être neuve et elles souléve des difficultés. Ce serait peut-être un facteur de démocratisation à la marge, sans rapport aves les effetss d'annoce médiatique auxquels les projets récents du Ministère de la Culture ont donné lieu. On peut craindre d'abord que cela nourisse une culture de la gratuité, qui fait déjà des ravages dans de nombreux domaines où l'on considère que tout ce qui est culturel doit être gratuit, en oubliant qu'en dernier ressort, il faut bien que quelqu'un paie, notamment les contribuables. On imagine que les gens vont compenser en reportant leurs dépenses sur les produits dérivés des musées. C'est loin d'être prouvé. Il faudra forcément un financement de substitution. On oublie aussi que la prmière conséquence de la gratuité sera l'effet d'aubaine : les visiteurs et les touristes qui étaient prêts à payer entreront désormais gratuitement.

D'une certaine façon, on arriverait à subventionner les touristes, ce qui est absurde, car en France, le tourisme est une ressource importante, c'est lui qui doit être source de retombées. Comme on le constate au Royaume-Uni, quand les collections permanentes sont gratuites, les prix des expositions temporaires augmentent : elles atteignent outre-Manche 10 à 12 livres ! Il ne faut pas non plus se leurrer sur l'augmentation de la fréquentation : la ville de Paris l'estimait à 80% en 2002, un an après la décision de gratuité dans les musées municipaux, mais sans pouvoir préciser s'il s'agissait d'une augmantation du nombre des visiteurs ou de celle du nombre des visites, les mêmes personnes revenant plusieurs fois.

Ce qui serait souhaitable, c'est de proposer des tarifications encore plus différenciées selon le profil des publics, assorties de réductions ciblées. La vraie démocratisation doit porter marginalement su les prix, principalement sur l'éducation et l'enseignement de l'art. Mais ça, c'est un travail de fond, pas une annonce médiatique.
                                                                                                           Matthieu Schmidt

Publié dans Points de vue citoyens

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asse42 11/10/2007 02:00

Mathieu

J'aime bien ta façon de poser le débat puisque tu nous interpelles dans nos convictions, nos dogmes et c'est plutôt sympa.

Personnellement je suis pour la démocratisation de la culture dès l'enfance. Cela doit être une porte de plus pour arriver à l'épanouissement de l'individu. En france on néglige trop l'expression corporelle et artistique alors que c'est fondamental pour la construction de son identité.
La culture au sens large en incorporant le sport, la philosophie ou l'art de l'expression orale, la psychologie où comment mieux se connaitre soi-même pour mieux s'apprécier et apprécier les autres.

Concernant la gratuité j'avoue que je n'ai pas tranché même si ma tendance va à la gratuité. Car quoiqu'on en dise il y aura toujours du monde supplementaire lorsque c'est gratuit. Et ce monde ne serait pas venu autrement. Alors... Développons les a-côtés, les services aux personnes, les accompagnements, restauration et autres. Et puis encourageons le mécenat par la création de fondation. Cela existe déjà mais ça n'entraine pas la gratuité...
Maintenant restaurer un monument comme le chateau de Versailles par exemple demande énormément de moyens que l'état ne peut mettre.

C'est une question difficile qui demande je pense du cas par cas. Comme tout. Et si on arrêttait de vouloir globaliser? Individualisons les moyens suivant les lieux ou les oeuvres. Adaptons-nous suivant la rentabilité pour faire en sorte d'attirer le maximum d epersonnes dans des lieux culturels qui sont porteurs de découvertes, de savoirs, de partage, d'émotions et sont donc indispensables au bien vivre ensemble.

Amitié socialo-ségolèniste