Samedi 8 septembre 2007

Seules les hausses sont répercutées

Alors, va-t-on vers le coupe de bambou à la caisse ? Il faut savoir qu' une hausse de 20 % des matières agricoles de base ne se traduit que par 1 % de plus sur l'étiquette du produit en magasin, selon un récent rapport de l'OCDE. De plus, l' Insee estime qu'il faut compter à peu près 6 mois pour que les évolutions des cors des matières soient répercutées sur le prix aux consommateurs. Certains professionnels sont pressés d' appliquer les hausses qu'ils oubliaient jadis de répercuter les baisses. Depuis 40 ans, les prix agricoles baissent, alors que les prix aux consommateurs stagnent ou augmentent. Depuis des semaines, le discours des industriels se fait pourtant insistant : le consommateur n'echappera pas à la valse des étiquettes. "Seules les hausses indispensables à la survie de l'entreprise seront répercutées", promet le président le l'Association national des industries alimentaires.

Les agriculteurs refusent d'être les boucs émissaires, "alors qu'ils n'ont cessé de subir les baisses, jamais répercutées sur les prix à la consommation".

Quant aux distributeurs, ils ont fait mine de protester et jouent aujourd'hui les fatalistes.
Sauf Leclerc, qui assure qu'il ne va pas tout accepter. "La part que les matières premières représentent dans le prix de revient des produits transformés ne justifient en aucune manière les discours alarmistes développés par les syndicats professionnels", estiment les centres Leclerc.
Les protestations de Leclerc ne peuvent toutefois masquer l'hypocrisie des grandes surfaces dans cette affaire. Car, contrairement à ce qu'elles affirment, cette hausse générale des prix des marques n'est pas due uniquement à la météo et aux bio-carburants. Elle est amplifiée par des niveaux records de marge arrière cette année.

UN SYSTEME DE PLUS EN PLUS INFLATIONNISTE
  
Alors que les prix sont sages depuis maintenant 2 ans dans les grandes surfaces, les sommes exigées par les grandes surfaces aux fournisseurs au titre de la mise en avant de leurs produits en magasin, ces fameuses marges arrières, n'ont en effet jamais été aussi élevées. Plus de 37 % du prix d'un produit de grande marque servira à payer aux enseignes les catalogues, têtes de gondoles et autres mise en scéne plus ou mons avérées. On en était à 35 % en 2006, contre 28 % en 2001...

Certes, depuis l'an dernier, l'inflation provoquée par la progression incessante des marges arrières a été freinée par un dispositif réglementaire. Les enseignes ont désormais le droit de répercuter la part des marges arrières supérieure à 20 % sur le prix sur l'étiquette, ce qui était interdit auparavant. Sur 37 %, les magasins peuvent ainsi faire baisser les prix e 7,4 %.Tout cela n'empêche pas les industriels d'augmenter leurs tarifs pour parvenir à régler les prestations facturées par les magasins. Voilà sans doute pourquoi les industriels font passer des hausses 2 fois plus fortes que celles des années précedentes, et de celles que l'on peut observer ailleurs en Europe. Mais qui paiera, au final ?

                                                                                                            Matthieu Schmidt

 

Par Moselle d'avenir - Publié dans : Economie - social
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