Mardi 2 octobre 2007

Cela en dit long sur la conception de  la démocratie vue par caric.jpg
le maire de Thionville. Le conseil prévu initialement demain 18 heures à la salle Val-Marie est reporté à la saint glain-glain.

Cependant, hier, j'ai vu Serge Fritz, lui-même incapable de me dire quant il aurait lieu. Etait-il sincère ? J'en doute...


Ce matin, dans un petit carré du RL, on peut lire :

Deux jours avant sa réunion, voilà que nous apprenons que le conseil municipal de rentrée prévu demain soir mercredi est reporté. Les élus thionvillois avaient à plancher sur une bonne trentaine de points . 
Mais le député-maire l'assure, il ne peut faire autrement que de fixer à une date antérieure. Il est en effet appelé à Paris, aux côtés de ... Nicolas Sarkozy.
Les édiles de Thionville devraient se retrouver autour de la table de travail en octobre.

                                                     Matthieu Schmidt

caric.jpg



par Moselle d'avenir publié dans : Thionville et environs
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 1 octobre 2007
Ce blog n'a pas pour vocation de diffuser tels quels des articles de journaux ou des dépêches. Si nous dérogeons à ce principe, c'est que cette tribune signée par Ségolène Royal aujourd'hui dans le journal Le Monde résume parfaitement ce qu'il faut penser des premiers pas diplomatiques du Président de la République et de l'alternative que notre candidate aurait représenter. Cela rétablit également entièrement toutes les prises de position de Ségolène Royal au cours de la campagne présidentielle et témoignent, une fois de plus, de leur justesse.

Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l'épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. "La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts" dit-il devant une assistance médusée.

Sarkozy et la question turque ..
La démonstration d'un Sarkozy menteur professionnel

Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union semblait pourtant réglée. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu'alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu'il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !

Ce revirement n'est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises" affirme ce jour là le porte-parole de l'Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'UMP du 12 décembre 2006 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah : "le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.

Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportéesSR-Bachelet.JPG. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à "nous préparer au pire", à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

Cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France. Récemment nos partenaires se sont encore demandés s'il s'agissait d'improvisation ou de provocation lorsque le Président a fait du nucléaire civil, à la tribune des Nations-Unies "la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités se doter de l'arme nucléaire" confondant, une nouvelle fois, l'achat d'électricité et la maîtrise de la totalité de la filière avec l'enrichissement de l'uranium qui permet, tôt ou tard, de passer du civil au militaire.

De tels revirements, soudains et imprévisibles, soulèvent des questions aujourd'hui sans réponses. Pourquoi cette navigation à vue, cette gestion erratique du dossier iranien ? Comment le Hezbollah infréquentable du mois de décembre 2006 est-il devenu l'interlocuteur acceptable du mois de juillet 2007 ? Que s'est-il passé pour que Nicolas Sarkozy change son fusil d'épaule sur la Turquie ?

A aucun moment le Président ne s'en est expliqué. A t-il péché par ignorance des contraintes internationales ? A-t-il délibérément oublié de révéler ses intentions ? Se doutait-il que certains de ses choix ne seraient pas tenables ? Si oui, pourquoi n'a t-il rien dit ? Chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face aux risques d'isolement : serait-ce cela la nouvelle diplomatie de rupture ? C'est la perte de crédibilité de la France qui est en jeu aujourd'hui, et ce qui la menace c'est la banalisation de sa parole, une marginalisation très difficilement récupérable par la suite.

Dans le "concert des nations", notre pays apportait traditionnellement un contrepoint salutaire. Elle faisait entendre une musique différente, parfois mezzo voce, parfois fortissimo, mais toujours en harmonie avec deux valeurs cardinales : le sens du bien commun et l'éthique de la responsabilité qui interdisait d'utiliser la politique étrangère à des fins de politique intérieure.

Ex-Yougoslavie, Irak, Liban, Darfour, conflit israélo-palestinien : autant de théâtres sur lesquels la France récusait les fausses évidences et les manichéismes simplificateurs. A l'idéologie facile, à l'intérêt étroit, elle préférait l'analyse rationnelle des faits, ultime boussole d'un monde singulièrement complexe, ultime condition à une action crédible et respectée.

Or quel spectacle la Fra
SR-Merkel.JPGnce donne-t-elle depuis quatre mois ? En Europe, celui d'un président qui tire la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notemment l'Allemagne, ahurie par la dramatisation du dossier iranien, agacée par la récupération du traité, choquée par l'ingérence sur l'abandon du nucléaire, et blessée d'entendre Nicolas Sarkozy appeler Angela Merkel, "cette femme de l'est" ! Bourde sur bourde. En Afrique, celui d'un président qui dénonce avec brutalité ce continent comme "absent de l'histoire, empêtré dans l'éternel recommencement où jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir", pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence. A l'heure où l'Amérique remet en cause ses choix de politique étrangère, à l'heure où le rapport Baker prône une nouvelle approche fondée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire, à l'heure où même nos amis britanniques marquent leurs distances, Nicolas Sarkozy fait le choix de l'atlantisme. C'est une décision lourde de conséquence et pourtant, là encore nulle explication, aucun débat au Parlement.

Le Président de la République serait bien avisé de se ressaisir et de s'inspirer de cette sage recommandation du rapport Védrine : amis, alliés mais pas alignés. C'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard .

Ségolène Royal
Le Monde - 1er octobre 2007
par Moselle d'avenir publié dans : International
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Vendredi 28 septembre 2007

On ne sait pas exactement quel est le nombre de morts parmi les manifestations en Birmanie mais on sait que l’agence officielle de presse birmane reconnaît qu’il y en a eu, sans doute a minima. Cela fait plus de 20 ans que cette junte militaire a pris le pouvoir dans ce pays, qu’une autre « Corée du Nord » existe sans que cela ne semble poser de problèmes à personne.

On semble redécouvrir aujourd’hui que cette junte n’hésite pas à réprimer dans le sang, et que la Aung-San-Su-Kyi.JPGrésistante Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, est en résidence surveillée.

Comme d’habitude, les sanctions maintes fois décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU se sont finalement retournées contre la population et ont servi de moyen de mobilisation par la junte des Birmans contre l’ « Occident ».

Par ailleurs, le retrait total de certaines entreprises, notamment françaises (Total) n’aurait pas d’effet, dans la mesure où leur départ serait vite compensé par l’arrivée d’autres investisseurs européens… ou chinois.

Comme dans plusieurs cas diplomatiques majeurs, le rôle de la Chine est effectivement central. C’est la Chine qui soutient le régime à bout de bras, en raison des intérêts détenus par les entreprises chinoises dans le pays. La configuration actuelle du Conseil de sécurité de l’ONU et la menace permanente de l’utilisation du veto chinois pose un problème à l’ensemble du monde, dans la mesure où cela bloque tout processus diplomatique international bénéficiant de la seule légitimité qui vaille, celle du droit international onusien.

 

Toutefois, si une réforme en profondeur de l’ONU doit être envisagée, afin notamment de procéder à une configuration du Conseil de sécurité plus en phase avec le monde actuel (représentation des autres pays émergents notamment), les pays occidentaux ont actuellement des moyens d’agir, en Birmanie bien sûr, mais aussi par extension, au Darfour par exemple.

Si la Chine est une puissance économique et militaire incontestable, le régime chinois continue à vouloir s’acheter une forme de brevet de respectabilité internationale
. L’organisation des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin est censée lui apporter cela.

S.-Royal-Birmanie.JPG

Ségolène Royal hier à Paris aux côtés du Premier ministre birman en exil
 
Lors de la campagne électorale, on a remis en cause la volonté affichée par Ségolène Royal de boycotter ces fameux JO au cas où la Chine n’affirmait pas sa volonté claire de régler le problème du Darfour. Aujourd'hui, face à l'enlisement de la situation et du génocide qui a encore lieu, on mesure à quel point elle avait raison.

Invitée
hier par le premier ministre birman en exil et par Jane Birkin (militante soutenant la cause de Aung San Suu Kyi depuis des années), Ségolène Royal a participé à la manifestation organisée à Paris. Elle a formulé l’idée selon laquelle l’union de plusieurs pays européens, pourquoi pas par la voix du Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune, M. Javier Solana, pourrait poser la question de la participation des pays démocratiques aux JO de Pékin.

Comme le reconnaît Ségolène Royal, il ne s’agit pas de faire en sorte « que ces Jeux ne se déroulent pas, mais pour que les pressions soient efficaces avant, c'est à dire qu'il y ait une forme de dissuasion (…). Si la Chine sent une détermination de la part des régimes démocratiques par rapport à une événement majeur qui est l'expression de l'échange entre les peuples, elle pourrait sans doute bouger ».

Contre ceux qui prétendent que Ségolène Royal aurait instrumentalisé cet événement, il faut rappeler que sa participation permet au contraire une plus forte médiatisation, qui est aujourd'hui malheureusement le seul moyen dont disposent les militants des droits de l'homme dans les pays occidentaux. Ségolène Royal était tout à fait à sa place dans cette manifestation et on peut regretter au contraire l'absence d'autres leaders de la gauche française.


Face à l’autisme de la junte birmane, à la volonté d’inaction de la Chine, cette question doit invariablement être posée. On s’étonne d’ailleurs du silence assourdissant du théoricien du « droit d’ingérence », par ailleurs Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner… Cela est peut-être du au rapport très controversé rendu en 2003 sur la « bonne gestion » des ressources humaines par Total (accusé d’esclavagisme)… en Birmanie. En tout cas, comme le disait une pancarte hier dans la manifestation parisienne : «Kouchner où est ton ingérence humanitaire?».

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : International
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 27 septembre 2007
Grenelle de l’environnement, un article s’impose, l’écologie est devenue un sujet à la mode, tout le monde veut sa part d’humanité et compte bien faire mettre en avant les petits gestes quotidiens censés sauver la planète. Tout cela est superbe et il faut l'encourager, reste qu’il se pose un gros problème et pas des moindres, celui de la consommation, à l’heure où j’entends parler en permanence du pouvoir d’achat, "travailler plus, gagner plus" et par la même occasion "consommer plus". A remplir un peu plus le caddie tous les samedi matins, il faut se poser la question si un jour il ne va pas déborder.


ecologie-politique.jpg

Plusieurs propositions sont sorties de ces réunions préparatoires au « Grenelle de l’environnement »




Voiture : rouler moins vite et plus propre

 
Cette idée est plutôt judicieuse, il est vrai qu’en baissant sa vitesse, on réduit sa consommation et par la même occasion son rejet en Co2. Bonne idée donc. Je suis en revanche partagé sur l'idée d'introduire un système de bonus/malus en fonction du niveau d'émissions en CO2 des voitures. Je suis entièrement d’accord qu’un 4x4 en ville, c’est vraiment une imbécilité et que çela mérite d’être pénalisé; par contre une famille nombreuse n’ayant pas trop les moyens et qui ne peut se permettre autre chose qu’un gros véhicule d’occasion, payer un malus quand on est obligé d’emmener ses enfants à l’école, je trouve cela très injuste. Il reste donc encore beaucoup de travail autour de celle-ci, n’oublions pas le compteur kilométrique qu’il faut prendre en compte, si on taxe au nombre de kilomètres fait par an, cela incitera les gens à diminuer et aussi à trouver d’autre moyen de déplacement.
En résumé, oui pour le bonus/malus, mais seulement en prenant en compte le revenu des gens, leurs réels besoins mais aussi le nombre de kilomètres parcourus par année.

 

Bâtiment : favoriser les économies d'énergie


Certainement l’une des propositions les plus intéressantes, créer une norme écologique obligatoire lors de la création de nouveaux bâtiments, en termes d'isolation, de géothermie ou encore de panneaux solaires... Il y a de quoi faire, cette norme doit être bien sûr accompagnée de subventions permettant à tout Français, quelque soit sa catégorie sociale, de devenir « écolo ». Les logements sociaux doivent par exemple être un exemple pour le secteur privé.

 


Déchets : réduction des quantités


Gérer la taxe ménagère sur les ordures en fonction de la quantité de déchets me parait assez compliqué, je vois mal les éboueurs peser les ordures de chacun de nos concitoyens et établir un tarif personnalisé. Je préférerais plutôt qu’on définisse des règles strictes concernant les emballages des produits achetés, avec par exemple un volume à ne pas dépasser concernant tel ou tel produit. Commençons par taxer toutes les pubs qui remplissent nos boites à lettres et qui atterrissent dans nos poubelles et qui par ailleurs nous incite à consommer toujours davantage.


Energies : développer les énergies renouvelables


Taxe sur les produits dont le contenu en carbone ou en énergie est élevé, n’oublions pas aussi les entreprises qui font de réels efforts, il faut toujours une carotte quand on veut mettre en place un bâton. Cela pose pour moi aussi le problème des produits importés ne respectant pas le protocole de Kyoto, si on a des normes sur les produits qu’on fabrique, pourquoi ne pas l’étendre aussi à ceux qu’on achète. Il est par ailleurs nécessaire d’avoir un vrai organisme mondial de l’écologie qui viendrait se rattacher à celui de l’organisation mondiale du commerce. Tout ceci doit bien sur être juste, il serait désastreux de demander les mêmes efforts aux pays riche qu’au pays émergeant.


Article à suivre...

Guillaume Leblond
par Moselle d'avenir publié dans : Excellence environnementale
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Mardi 25 septembre 2007
Ce site a suffisamment l'habitude des articles de fond et de l'esprit critique pour se permettre ce genre de petits moments.

Alors qu'elle est attaquée de toutes parts par ses chers camarades et souvent d'une manière peu constructive, le moral de Ségolène Royal semble peu atteint.
 

On a au contraire du plaisir à la voir aussi naturelle et décontractée. A comparer notamment avec l'espèce de frénésie névrotique de certains hauts personnages publics...

 
Il y a un moment pour sourire mais il y aussi un moment pour la contre-attaque, signalons donc les parutions prochaines de trois ouvrages très attendus :
- Julien Dray, Règlements de compte
- Patrick Menucci, Ma candidate
- François Rebsamen, De François à Ségolène

... et bien entendu, le livre de Ségolène Royal (courant novembre), pour le moment intitulé "Une étrange défaite"

 

par Moselle d'avenir publié dans : Décalé
ajouter un commentaire commentaires (15)    recommander
Samedi 22 septembre 2007

Je poursuis ici la retranscription des débâts ayant eu lieu lors de la précédente réunion du comité. Après une réflexion sur le marché, c'est sur l'individualisme, le concept d'assistanat et donc sur une certaine idée de la nation Française que s'est porté le débât.


          Concernant l'individualisme et le concept d'assistanat, Ségolène renchérit constamment et, par ce biais, entre dans le cadre de la pensée unique du moment en validant les orientations politiques de la Droite. 

          Bien sûr, il faut que chaque individu puisse s'épanouir puisque le bonheur et le bien-être est bien l'objectif final de toute politique. Simplement, pour faire progresser ce bonheur et pour faire s'étendre ce bien-être, il faut que l'action collective prime et surtout, la Gauche l'a souvent oublié ou perdu de vue, il faut en finir avec le clientélisme. Il faut que l'intérêt général prime. Je suis convaincu qu'une société dans laquelle on érigerait l'individualisme en modèle, comme c'est déjà le cas dans plusieurs autres pays que je ne citerai pas, serait une société d'indifférence au mieux, de renfermement sur soi ou au sein de communautés de semblables, d'incompréhension et de violence au pire. Ce serait une société dans laquelle la famille nationale ne pourrait pas exister et se déliterait jusqu'à disparaître totalement car la solidarité n'aurait plus lieu d'être. Une société où l'individualisme règne est, selon moi, incompatible avec le concept de nation française.

          Le problème lié à l'utilisation du concept d'assistanat est du même tenant. En effet, en dénonçant sans cesse l'assistanat, Ségolène valide l'idée selon laquelle une majorité de nos concitoyens dans le besoin, ne pouvant pas payer le loyer de leur logement, les études de leurs enfants, les soins médicaux de leurs parents, leurs transports ou même leurs vêtements et leur nourriture, seraient des assistés et que ce serait mal. Je pense que les situations que ces personnes vivent sont déjà assez dégradantes et humiliantes pour ne pas les accabler davantage en les accusant, indirectement, de profiter du système, d'être des fainéants, de voler le « pauvre contribuable ». Non, aider les gens dans le besoin, gratuitement, ce n'est pas de l'assistanat, c'est le droit et le devoir qui cimente notre nation, les Français. En effet, j'ai la ferme conviction que notre nation Française ne peut exister sans cette solidarité, sans cette entraide, j'insiste : gratuite. Car au travers du temps et de l'Histoire, on voit bien que ce n'est ni le droit du sang ni le droit du sol qui nous a fait Français, c'est le droit de solidarité. On est Français parce qu'on est solidaire les uns des autres dans les bons moments comme dans les mauvaises passes tout au long de la vie et au travers des âges. Ce sont ces multiples solidarités qui ont fait la pérennité de notre pays, son unité précoce et sa solidité à toute épreuve : guerres, occupations, sièges, mouvement sociaux, grèves. La solidarité c'est l'unité et l'unité c'est la victoire. Or renchérir sur l'assistanat, c'est fissurer volontairement cette solidarité en lui donnant une connotation méprisante et négative, c'est fissurer le lien entre les citoyens et donc saper les bases de la nation Française tout entière !

          Cette pensée unique telle que je la perçois, nous fait même oublier que stratégiquement, le plus sûr atout de la victoire prochaine de la Gauche, c'est la reconquête culturelle, la reconquête des esprits, car le but du combat politique est bien de créer le mouvement et non de le suivre. Or cette reconquête ne peut s'effectuer qu'à la condition sine qua non de proposer un projet de société, une vision de la France, radicalement différent de celle que la Droite au pouvoir, libérale économiquement, conservatrice dans les mœurs et autoritaire sur la forme, met en œuvre depuis maintenant 5 années. S'aligner sur des valeurs qui, il faut le rappeler même si ça peut heurter, sont de droite, accepter le cadre du marché comme étant indépassable, l'individualisme comme objectif, le concept de l'assistanat, c'est valider les modes de pensées, les raisonnements et, en définitive, les valeurs de la Droite. C'est donner raison à l'adversaire et, tout bon stratège vous le dira, on ne bat personne si on est persuadé qu'elle a raison. Si la Gauche valide ces modes de pensées, alors oui, Sarkozy et sa clique auront gagné, il n'y aura plus qu'un mode de pensée en France. Après le partie unique, le Président unique, il aura réussi le tour de force d'installer sa pensée unique. Cela me fait peur...


Alors, acceptez-vous le marché ? Acceptez-vous la pensée unique ? Acceptez-vous d'être des esclaves consentants ? Acceptez-vous l'inégalité comme aussi naturelle que l'air que vous respirez et que l'eau que vous buvez ? Parce que concrètement, c'est tout cela que veut dire « accepter le marché » et reconnaître « l'individualisme » et l'"assistanat" comme étant "naturels".

Thomas Liverani

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Samedi 22 septembre 2007

Pour refonder la gauche, il convient peut-être simplement de prendre du recul, doublement. Un recul géographique tout d’abord : s’éloigner loin des turpitudes de la rue de Solférino, de l’ambiance parisienne. Un recul temporel ensuite : voilà près d’une semaine que le forum organisé par Libération est terminé. Et c’est seulement maintenant que l’on se sent en mesure de rédiger quelque chose sur cet événement plus que constructif.

 
Il y avait pourtant une librairie dans le hall d’entrée de la Maison de la culture de Grenoble. Mais lesForum-Lib--.JPG personnes présentes se détournaient rapidement de tous ces chaleureux ouvrages qui respirent la camaraderie et l’aspiration à l’idéal de fraternité. Ils étaient venus pour autre chose. Pour écouter, pour réfléchir, pour inventer.


Neuf ministres du gouvernement étaient présents. Les intellectuels aussi étaient nombreux et bien entendu les principaux ténors de la gauche française. Si chacun peut regretter telle ou telle imperfection (notamment le manque de caractère participatif des débats, sans doute du à l’absence de Ségolène Royal…), il faut toutefois sincèrement remercier l’équipe du journal Libération qui a su organiser ce qui s’apparente à une première dans l’histoire politique française.

Loin de tout tapage médiatique, chacun a pu ainsi s’exprimer. Au-delà de l’écoute, respectueuse, des projets du gouvernement, c’est la question de la reconstruction de la gauche qui animait la plupart des participants. Sur les 20 000 participants à ce Forum, la plupart avait voté pour la candidate de la gauche aux dernières élections, bien que certains déçus du sarkozysme s’y soient aussi glissés.

 

N’ayant pas encore le don d’ubiquité, tous les débats (60 au total) n’ont pu être couverts. Mais ce que cette série d’articles tentera de mettre en avant, ce sont les pistes claires de refondation de la gauche qui se sont dessinées à cette occasion, avec des a priori personnels certains.

 

Le premier d’entre-eux sélectionné « opposait » Clémentine Autain à Manuel Valls. On a d’abord appris avec Clémentine Autain qu’être de « gauche de gauche » moderne, c’était ne pas être galant. C’est donc pour cette raison que cet article n’épargnera pas Clémentine Autain…

 

Autain.JPG« Qu’est-ce qu’une gauche moderne ? ». Voilà le débat que devaient trancher en une petite heure nos deux intervenants. Ce qui est le plus saisissant, c’est que Clémentine Autain commence par déclarer que pour moderniser, il faut « trancher, ne pas conserver les mêmes formules et les mêmes recettes ». Mais sentant l’horrible dérive « droitière » qui infusait sa pensée, elle décida de se rattraper en pérorant ensuite que « la gauche ne devait pas abandonner ses valeurs fondamentales et notamment le mouvement ouvrier ». En revanche, ces fameuses nouvelles recettes ou formules, on n’en a pas entendu parlé.


Saisissant l’occasion, Manuel Valls lui indique précisément qu’il ne s’agit pas d’ « abandonner » les valeurs fondamentales de la gauche mais précisément de les « retrouver ». La gauche doit continuer à être la « voix des sans-voix », à exprimer une révolte face à l’état du monde mais elle doit aussi revenir à ses fondamentaux, qui sont précisément la mise en avant de la Nation (qui reste le seuil à partir duquel le débat démocratique s’organiser), la réhabilitation de l’autorité de la loi qui s’oppose au pouvoir arbitraire et enfin la défense de la valeur travail.


Selon Manuel Valls, le socialisme est aussi un individualisme. L’émancipation de l’individu est effectivement la fin suprême de toute démarche de gauche. C’est en démontrant que les synergies collectives aboutissent à l’amélioration de la situation de chacun que le PS deviendra à nouveau audible.


M.-Valls.JPGPour qu’il soit ensuite crédible, et se situe clairement dans le champ de la gauche qui gouverne et non de celle qui proclame, le PS doit aussi apporter des réponses claires à des sujets cruciaux. Sur les retraites, l’allongement de la durée de la vie oblige des réadaptations de notre système. Sur le nucléaire, sans verser dans la nucléocratie, il conviendrait d’accepter et de souligner les vertus de ce type d’énergie. Enfin, le PS doit aussi être le parti des entrepreneurs. Comme Ségolène Royal l’avait initié durant la campagne présidentielle, cette réconciliation entre les entreprises et leurs salariés est indispensable au bon fonctionnement de l’économie et au bien-être de tous.

 

C’est en en finissant avec ce « long remords du pouvoir » (A. Bergougnioux, G. Grunberg, L’ambition et le remords, le PS au pouvoir de 1995 à 1992), en assumant sa pleine et entière disposition réformiste dans le cadre d’une économie de marché que le PS sera naturellement le leader d’une opposition efficace et entendu puis deviendra à nouveau ce parti de gouvernement audible, crédible et performant qu’il a déjà été.

 

Clémentine Autain rétorque à cela que la gauche ne doit pas « vouloir le pouvoir pour le pouvoir ». Elle se défend d’être dans l’action, aux côtés du Maire de Paris (elle est Adjointe à la culture, apparentée PCF) mais que précisément, la gauche aurait remporté les élections sur un programme « très à gauche ». L’élue parisienne continue ensuite sa démonstration en déclarant étrangement « être favorable à la mondialisation mais pas au marché ». Il faut bien avouer que cette phrase a laissé dubitative la majorité des participants. Répondant ensuite à une question légitime sur cette assertion étrange, Clémentine Autain a rétorqué que la mondialisation n’était pas qu’un phénomène économique et que l’on pouvait apprécier les échanges culturels entre les peuples. Elle a même ajouté, devant la foule stupéfaite par cette révélation, que la «  mondialisation n’était pas un phénomène nouveau ». Percevant toutefois les limites de sa démonstration, elle en revient assez rapidement à ce qui met tout le monde d’accord (et ce n’est pas facile…), à la « gauche de gauche »,  en se définissant comme « anti-libérale ». En revanche, à nouveau, on n’a pas eu d’explication probante de ce système fabuleux que Clémentine Autain comptait nous proposer. Elle avait pourtant reconnu, dans un élan jospinien qu’elle avait pourtant condamné au début de sa grande tirade comme un élément de dérive droitière sur l’abandon des valeurs de gauche, que « l’Etat ne pouvait pas tout »…

 

Pour revenir à Manuel Valls, il ne serait pas honnête de terminer ce papier sommaire sans revenir sur la fameuse théorie du « bout de chemin » chère au député-maire d’Evry. Comme il l’a déclaré dans une interview dans le Figaro qui a d’ailleurs fait bondir Clémentine Autain sur son blog (mais elle n’est pas revenue sur ce point), Manuel Valls proposait que sur deux sujets, à savoir la sécurité et l’immigration, le PS « fasse un bout de chemin avec la majorité… à condition qu’elle nous entende ». Bien entendu, cela Mariani---Hortefeux.JPGsous-entend qu’il pourrait y avoir un débat serein sur ces deux questions et que notamment, sur la question de l’immigration, il y a davantage de Ernest Pinon que de Thierry Mariani dans le groupe UMP. Or, deux députés de la majorité seulement se sont opposés à l’amendement sur le fichage ADN. Brice Hortefeux a commis un discours absolument scandaleux sur la « majorité silencieuse ». Nicolas Sarkozy a déjà annoncé hier qu’une cinquième loi était en préparation selon son bon-vouloir (sur les quotas) alors que la discussion sur la quatrième n’est même pas finie. Comme tu l’as remarqué en tant que parlementaire Manuel, le bout de chemin n’est pas possible. Sur ces deux sujets précisément (mais on pourrait en citer d’autres), la majorité en place a décidé de faire preuve d’un populisme à toutes épreuves. Si comme tu le réclames, nous voulons être audibles et crédibles, nous ne pouvons sombrer là-dedans.

 

Ce débat a donc permis très clairement de dégager deux écueils dans laquelle la gauche ne devra pas tomber.

- La tentation de la « pureté » que met très clairement en avant Clémentine Autain, cette antienne perpétuelle d’une gauche qui serait à gauche (sous-entendu « vraiment », « purement » de gauche) contre une gauche qui ne serait je ne sais où mais en tout cas corrompue (au moins par le pouvoir), droitière et simple accompagnatrice d’un libéralisme que la « vraie » gauche ne pourrait que combattre, que dis-je, pourfendre.

La position de Clémentine Autain est d’ailleurs intenable. D’un côté, elle se situe dans l’action et le revendique. De l’autre côté, elle sait pertinemment que ce type d’alliance, avec les « sociaux-traîtres » socialistes, ses « amis » de la LCR et de LO la refusent catégoriquement. Il n’y a donc pas de salut dans cette velléité de pureté de la proclamation et de la revendication permanente. Surtout quand ces mêmes personnes sont ensuite celles que l’on retrouve dans la rue pour défendre les acquis sociaux mis en œuvre par des majorités de gauche. De deux choses l’une, soit ces acquis sociaux ne sont que des « aménagements » du capitalisme et la cohérence intellectuelle voudrait de ne pas les soutenir, soit ils constituent de véritables avancées que seule l’accession aux manettes de l’Etat permet de mettre en œuvr

 

- Le mythe de l’union nationale. C’est que Sarkozy a voulu faire croire aux Français avec les débauchages. Or, contrairement à ce que voudrait nous faire croire Kouchner, nous ne sommes pas en guerre. On est même dans une situation doublement inédite. La droite se succède à elle-même. Mais surtout, elle semble être victime d’une sorte d’Alzheimer précoce qui a contaminé la plupart des media puisqu’elle renie son propre bilan (et celui-ci ne lui ait pas rappelé).

Ni Sarkozy, numéro 2 du gouvernement pendant 5 ans ni Fillon ministre pendant 3 ans ne semblent être responsables de quoique ce soit. Fillon déclare être, de manière totalement grotesque (sait-il ce que veut dire ce mot ?) être à la tête d’un Etat « en faillite » alors que depuis 5 ans, le déficit et la dette ont explosé ? Sait-il que sur les 15 ans évoqués, la droite avait les pleins pouvoirs pendant 10 ans ? Quand Sarkozy déclare n’être « responsable en rien » de la situation économique de 2007, on se pince pour y croire !

Comme à son accoutumée, la droite mauvaise gestionnaire joue donc la stratégie du pire, de l’enlisement pour justifier des réformes d’une rigueur sans précédent. Donc oui, Manuel, aujourd’hui plus que jamais, la droite a besoin d’une bonne gauche. Plus que jamais, nos moyens mais aussi et surtout nos objectifs sont différents des leurs. Sur l’économique et le social bien entendu mais aussi sur le terrain sécuritaire et sur la question de l’immigration. Tant que la majorité UMP comptera davantage de Thierry Mariani que de Etienne Pinte, aucun dialogue ne sera malheureusement possible. Ils ne sont pas prêts, Manuel, « à nous entendre ».


Nous ne sommes toutefois pas au Modem et nous ne devons pas nous satisfaire d’un ni-ni stérile. Si nous devons affirmer notre volonté à transformer la société, nous devons surtout affirmer notre capacité à le faire, c’est-à-dire à gagner les élections (nationales) pour être en mesure d’agir sur le quotidien ! De cette façon, la stratégie du pire organisée par la LCR et LO doit être ignorée. Le « comité de riposte » qui a d’ailleurs accouché d’une souris ne semble de ce fait avoir aucune crédibilité, dans la mesure où le hiatus de base sur la volonté d’accéder aux responsabilités et ainsi de transformer réellement la société n’est pas réglée. Stoppons donc cette palinodie qui brouille notre message politique auprès des Français !

 

En revanche et comme Manuel Valls l’exprimait, tout en revenant à ses fondamentaux, une gauche moderne doit cesser de chercher cette « pureté » en chassant cette idée selon laquelle le pouvoir viendrait corrompre nos idéaux. Une gauche moderne y parviendra en cessant de s’arroger le monopole du cœur et de la compassion pour proposer avant tout des objectifs et une méthode de gouvernement.


Prochain épisode : le débat entre un « sage actif », Laurent Fabius et un moins sage, néanmoins très actif, Alain Finkielkraut.
par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Vendredi 21 septembre 2007

8 - Constate-t'on un boom de l'immobilier ?
Non. C'est une autre croyance, très répandue qui consiste à penser, que la mise en service d'un TGV s'accompagnera d'une invasion de Parisiens, faisant grimper, mécaniquement, l'immobilier local. Mais, la cause est purement endogène. L'exemple de Reims est à ce titre très parlant. Bien que les prix du foncier y soient déjà considérés comme très élevés, l'arrivée de la grande vitesse s' est traduite parune nouvelle hausse du prix des biens. Il faut regarder de près les transactions auprès des notaires. Et on constate que la demande était essentiellement locale. Ce ne sont pas les Parisiens qui achètent les biens mais les Rémois qui anticipent la hausse du marché. Rurbains qui réinvestissent le centre-ville. Ménages aisés qui investissent dans la pierre. Ou simples spéculateurs. Tous ont considéré l'arrivée du TGV comme une raison suffisante pour acheter.

9 - Se crée-t'il automatiquement de nouvelles zones d'activités économiques ?
Non. Bien loin du mythe-entretenu par les élus qui consiste à décrire le TGV comme un aimant à entrepreneurs. L'implantation d'une entreprise est bien plus complexe. Quand bien même le TGV jouerait un rôle, celui-ci restera toujours secondaire par rapport à d'autres critères beaucoup plus importants tels que le prix du foncier, la proximité d' un bassin de population, d'une réserve de main d'oeuvre... Néanmoins, le TGV permet peut-être de retarder certaines délocalistions. Enfin, certains quartiers gare font peaus neuves, à l'image de Thionville.

gare-thionville.jpg


10 - Peut-il y avoir une nouvelle dynamique urbaine ?
Oui et non. Avant d'attirer des fonctions économiques, il faut commencer par s'interroger sur le cadre et la qualité de vie. Les chefs d'entreprisess'installent dans les villes qui les rassurent. En fait, tout dépend de l'applictaion des pouvoirs publics locaux. Disposer d'universités, de théâtres, d'installations sportives est un atout. Un tram-train, des espaces verts, un centr-ville coquet et vivant, c'est encore mieux.

11 - Des opportunités pour l' emploi ?
Oui et non. La croissance de l'emploi n'est pas systématiquement laplus forte dans les villes TGV. De même, alors que les élus s'attendent bien souvent à un développement de l'emploi dans le tertiaire, les statistiques ne font apparaître que des résultats très contrastés dans ce secteur.

12 - Les gares de rase campagne sont-elles justifiées ?
Non. Il faut savoir que la ligne grande vitesse passe par 3 gares d'interconnexion : Champagne-Ardenne TGV, Meuse TGV, et Lorraine TGV... toutes 3 construites en dehors des zones d'urbanisation, alors que les expériences de ce type sont loin d'avoir été concluantes par le passé. Les gares à la campagne sont une illusion d'urbanisme, née du fantasme des élus et des intérêts de la SNCF qui souhaite gagner le plus e temps sur le tracé en évitant les centres-ville. Tous nos voisins européens récusent ce principe, nous sommes les seuls en France à nous entêter. La liste est longue. Vendôme, Mâcon-Loché, Haute-Picardie. Alors que chaque projet, faisait miroiter de fortes retombées en matière d'aménagement du territoire et de développement économique, les résultats ont rarement été  la hauteur des investissements engagés. Loin d'être les moteurs d'un nouveau développemnt économique, ces gares se résument le plus souvent à de vastes parkings en rase campagne, gagnant le surnom peu reluisant de "gares des betteraves". 
On peut donc naturellement s'interroger, sur l'utilité de la création d'une nouvelle gare à Vandières ?

                                                                                                                                                                  Matthieu Schmidt

 

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 19 septembre 2007
Le mardi 11 septembre a eu lieue la 3ème réunion de la courte histoire de notre comité local. Accueillant 2 nouvelles personnes, cette réunion a montré une fois de plus l’envie de discussions et de travail sur le fond qui anime l’ensemble des membres. Si courte soit elle, l’histoire du comité est déjà riche. Comme en témoigne le rappel de nos activités par lequel nous avons débuté la réunion, avant de lancer la discussion générale.

1. Un comité pleinement ancré à la fois dans l’activité de Désirs d’avenir et du Parti Socialiste

 

  • Retour sur Melle (25 août) :

- Si différents posts ont déjà été rédigés sur le fond et la forme du discours de Ségolène Royal prononcé à Melle, nous rappelons que le comité était représenté sur place par 7 personnes. Le comité tient par ailleurs à remercier chaleureusement l’ensemble des membres de la fédération PS des Deux-Sèvres qui ont contribué à la réussite de l’événement. 

 

Tout le monde a retenu de cet événement l’excellente ambiance qui y régnait, sans doute aidée également par les conditions climatiques exceptionnelles auxquelles nous avons eu droit. Le fait de pouvoir enfin mettre une tête sur une personne qui restait un simple pseudo a permis souvent des rencontres toujours conviviales, souvent riches et animées.

La plupart des militants rencontrés se situaient tous dans le champ de l’action, de la contre-offensive et certainement pas dans la résignation. Après avoir mené des combats difficiles durant les campagnes présidentielles et législatives, ces personnes sont persuadées que le problème essentiel de la campagne menée par Ségolène Royal est le manque de temps pour imposer ses thématiques, faire l’unité au sein du Parti. Attachés à sa démarche (démocratie participative) et à sa philosophie (ordre juste, réconciliation entre performance économique et justice sociale, donnant-donnant et gagnant-gagnant), nous pensons comme elle que nous avons désormais le temps de travailler sur le fond. Nous en avons non seulement le droit mais le devoir impérieux.


- La clarification de nos objectifs et de nos idées doit précéder la désignation de notre leader
. Contrairement à l’UMP, le PS n’est pas un parti caporaliste. Nous devons retrouver le sens du collectif, ce que nous avons perdu pendant la campagne. Ségolène Royal, en appelant à la réconciliation entre socialistes, même ceux qui l’ont combattu pendant la campagne interne (Pierre Moscovici, Henri Weber…) ne dit pas autre chose.
 

 

- Le comité s’inscrira dans l’ensemble des démarches entreprises par Désirs d’Avenir au niveau national. Nous avons assisté à la réunion de coordination des responsables de comités organisée à Melle. Il nous semble que de nombreux éléments sont perfectibles dans l’organisation de l’association Désirs d’Avenir. Comme l’a indiqué Ségolène Royal lors de la réunion des Blancs Manteaux, nous souhaiterions que Désirs d’Avenir devienne un véritable think tank, à l’abri des enjeux de pouvoir et des querelles intestines que l’on peut retrouver dans l’appareil du PS. Mais pour ce faire, il semble aux membres du comité que plusieurs chantiers devraient être entrepris au plus vite :

 

* la modernisation urgente du site national de Désirs d’Avenir qui est quelque peu à l’abandon, en particulier pour y déposer des contributions ;

 

* sans abandonner la démarche participative, la création d’une véritable coordination aussi bien nationale que locale de l’association est indispensable ;

 

* la clarification de l’articulation avec le PS et notamment l’affirmation de la volonté ou non de déposer une motion lors du prochain Congrès du PS.

  

A ce titre, l’AG nationale prévue devrait permettre de clarifier l’ensemble de ces points. Bien entendu, notre engagement au sein de cette association n’est pas exclusif de celui au sein du PS, aussi bien au niveau national que local.  

 

  • Des membres du comité pleinement engagés dans les combats politiques locaux


Notre comité a été présenté lors de la réunion du Bureau de la section PS de Thionville et sera présenté à tous les adhérents lors de la prochaine réunion de section. Notre objectif n’est certainement pas de concurrencer les réunions de section qui sont indispensables. La totalité de nos membres sont par ailleurs engagés dans des combats politiques locaux et nous soutiendrons notamment ardemment le prochain candidat désigné par les militants PS aux prochaines municipales !

 Thionville-PS.JPG

 

La vocation du comité est de réfléchir à des thématiques nationales à partir de notre expérience locale. Nous invitons donc l’ensemble des adhérents des sections PS de l’Ouest de la Moselle à nous rejoindre pour discuter des idées, pour trancher des débats de fond.

   

 

 

2. Retour sur les fondements de la rénovation évoqués par Ségolène Royal : adhésion ne signifie pas aveuglement

 
  • Sur la forme, plusieurs membres du comité ont déploré le choix de Ségolène Royal quant à la publication d’une interview dans le magazine Paris Match.

 

Il nous apparaît effectivement que Ségolène Royal est contrairement à ce que prétendent certains aigris, une femme politique de premier plan et que les paroles politiques censées qu’elle a à prononcer ne doivent pas être mélangés avec des sujets strictement personnels. Cela ajoute de l’eau au moulin de la peoplisation de la vie politique que nous réprouvons chez le pouvoir en place et que nous ne souhaitons donc pas voir chez Ségolène Royal.

   

 

  • Sur le fond, certains membres sont revenus sur les propos tenus par Ségolène Royal, notamment Thomas Liverani (cf son post à ce sujet). A la suite d'une discussion riche et passionnante, plusieurs points d’accord ont ensuite été dégagés :
  •  

- Sur le marché, celui-ci n’est pas une « naturel », dans la mesure où il s’agit d’une construction humaine. Contrairement à l’eau que l’on boit ou à l’air que l’on respire, le marché n’est pas une donnée, il est un choix opéré par les Hommes pour organiser leurs échanges entre eux. Le marché a en outre connu des mutations, notamment la financiarisation, qui sont loin d’être « naturelles ».

 

En revanche, après l’effondrement du Mur de Berlin et la disparition d’une alternative dite d’ « économie administrée », le marché reste effectivement la forme la plus efficace d’organisation de la production mais certainement pas de la justice sociale, d'où la nécessaire régulation de ce marché. C’est en cela que les socialistes doivent accepter de confronter leur programme et leurs idées à l’économie de marché, sans perdre leur idéal de transformation sociale et la possibilité de changer un jour ce qui reste un choix politique. Il n’y a pas non plus, en matière économique, de « fin de l’Histoire ».

 

- Sur l’assistanat, en attendant le post de Thomas Liverani à ce sujet, les membres du comité après en avoir discuté ont convenu que l’emploi répété de ce terme contribuait à populariser une thématique de droite. Non pas que les abus et les fraudes aux régimes sociaux n’existent pas, mais rappelons toutefois que cela ne représente que des sommes assez faibles (8 milliards € selon les estimations les plus hautes) face à la fraude aux charges sociales organisée par les patrons (65 milliards € selon les URSSAF). Sachons donc identifier (tous) les fraudeurs ! En revanche, il est vrai que l’image du PS est trop identifié avec une défense des acquis sociaux et à une forme d’assistance sans lendemain. C’est pour cela que nous soutenions durant la campagne le principe du RSA (Revenu de Solidarité Active). Nous pensons effectivement que l’assistance aux plus démunis est indispensable mais que le but doit avant tout être la réinsertion, la sortie de l’assistance. Pour cela, la mise en place de logiques donnant-donnant, l’association plus directe du demandeur d’emploi ou du récepteur d’aides sociales à une démarche d’insertion (incitations fiscales au retour à l’emploi, parcours personnalisé…) doit être renforcée. Plus que combattre l’assistanat, nous devons réhabiliter la solidarité et les formes qu’elle prend ! 

 

- Sur les alliances, les membres conviennent que le cycle d’EBayrou-mineur.JPGpinay est achevé. Par ailleurs, comme l’a dit François Hollande, « en cherchant sans cesse le centre, la gauche risque de s’y perdre ». De fait, nous nous opposons fermement à une alliance nationale avec le centre. Le Modem et François Bayrou refusent pour l’instant de trancher, nous n’allons pas dire à leur place de quel côté ils se situent, dans quel projet de société ils souhaitent s’inscrire. Il serait assez aberrant d’ailleurs de soutenir au niveau local des majorités UMP que François Bayrou semble combattre au niveau national.

  

- Sur le ségolénisme de manière générale, certains membres se sont demandés si celui-ci, en tant que démarche, en tant que vecteur d’idées, pouvait exister sans Ségolène Royal.

 
Au vu de l’actualité des derniers jours, cette question prend un tout autre relief. Les attaques grossières, effectivement sexistes et méprisantes dont Ségolène Royal a fait l’objet de la part de Lionel Jospin ne peuvent qu’être durement condamnées. Cela vient en tout cas illustrer une fois de plus ce que nous dénonçons depuis longtemps : le procès insupportable dont a été victime Ségolène Royal dès lors qu’elle a été désignée (pourtant par 60% des adhérents du Parti). En insultant de la sorte notre ancienne candidate, Lionel Jospin, envers qui beaucoup de militants avaient pourtant de respect, a achevé de se décrédibiliser totalement. Il nous insulte également, en prétendant que nous aurions été victimes d’une forme de « mirage », (et qu’accessoirement, nous n’aurions pas perçu le génie transcendant de M. Jospin). Alors que lui-même ne s’est jamais interrogé sur sa campagne calamiteuse, sur le manque de dynamisme de ses deux dernières années de pouvoir et a toujours attribué aux autres la responsabilité de son échec, son culot paraît invraisemblable.

Dans ces conditions, parce qu’elle a représenté un choix idéologique pour nous tous et non pas sondagier, parce que sa démarche aussi nous l’a fait rejoindre, il nous semble impensable aujourd’hui de concevoir cela sans Ségolène Royal. Loin du culte de la personnalité, l’attaque odieuse faite à l’intelligence d’une femme politique d’envergure est une blessure qui nous affecte en tant que militants qui se sont battus corps et âmes pendant que d’autres s’apprêtaient déjà à vomir leur bile en public.

  • "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur" (Beaumarchais)

Loin de toute ségolâtrie, nous continuerons à la critiquer quand c’est nécessaire, à la défendre quand elle est plus qu’injustement attaquée. Avec Ségolène Royal, nous continuerons avant tout à soutenir une démarche socialiste du XXIème siècle !
Jonathan Gindt 

 

par Moselle d'avenir publié dans : Vie du comité
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 18 septembre 2007

A quoi peut s'attendre une ville desservie par le TGV ? L'expérience montre que les retombées du TGV ne sont pas uniformes dans l'espace et dans le temps. Elles dépendent de la dynamique de chaque ville. Mais aussi de la façon dont les acteurs locaux se saisissent de la grande vitesse.

1 - Les dessertes sont-elles plus rapides ?
Incontestablement la réponse est oui. Tous ces gains de temps ne manqueront pas de se répercuter sur l'évolution du trafic. Ils facilitent les allers-retours dans la journée.

2 - Cela fait-il décliner l'aérien ?
train.jpg

Oui.
A l'image du TGV Méditerranée qui, cinq ans après son lancement, dépasse allègrement les 60 % de part de marché sur l'axe Paris-Marseille (contre 40 % auparavant). Sur la liaison Paris-Strasbourg, la SNCF ne totalise pour le moment que 35 % de part de marché, mais elle compte bien inverser le rapport de force dans les 16 mois prochains.



3 - Se forme t-il un club de grandes villes ?
Oui. Le TGV favorise surtout les villes terminus, celles qui bénéficient du plus gros gain de temps. Les villes de taille intermédiaire profitent plus difficilement du TGV car sa mise en service s'accompagne généralement d'une réduction des dessertes. C'est le cas pour Lunéville ou Sarrebourg. En revanche, Strasbourg (16 allers-retours par jour), Metz (10), Nancy (10), Reims (8) tirent leur épingle du jeu. La grande vitesse contribue à concentrer les trafics sur les liaisons les plus rentables.
Aujourd'hui la grande, l'essentiel du trafic TGV se concentre sur l'axe Lille-Paris-Lyon-Marseille. Il y a un effet discriminatoire de la grande vitesse ; celle-ci accélère surtout le développement des villes qui possèdent déjà une masse critique. 

4 - Y a-t-il une fracture territoriale ?
Oui et non. La grande vitesse est malheureusement très sélective. Développer des TGV de cabotage permet demieux diffuser ses effets. L'association des Villes et régions européennes de la grande vitesse milite, quant à elle, pour
le développement des "TER à grandes vitesse", qui consiste à faire circuler localement des rames TGV financées par les conseils régionaux.
C'est pourquoi, les villes lorraines de Commercy, Longwy, Neufchâteau et Toul se battent aujourd'hui pour ne pas être les "dindons" du TGV.

5 - Le désenclavement de l'Est est-il déjà effective ?
Oui et non. Désomais, les métropoles situées sur la LGV ont les moyens de se faire connaître, reliées à Lille, Nantes, ou Bordeaux par des TGV d'interconnexions. En fait, tout dépend e l'action des municipalités concernées par l'arrivée du TGV. Le maire de Thionville à recemment déclaré :"Les gens viennent chez nous à reculons en pensant trouver une ville laide et industrielle mais ils repartent généralement enchantés". Quand on lui demande les atouts de la ville qu'il gére il  s'empresse de répondre : "Les terrasses de Thionville".

6 - Le tourisme progresse-t-il ?
Oui et non. Les créations de lignes TGV dans le passé ont montré que le TGV permet de valoriser essentiellement les sites qui sont déjà connus. Autrement dit, les villes qui profitent le plus de la manne touristique sont les grandes métropoles : Reims, Nancy, Metz, Strasbourg, disposant d'un solie patrimoine et d'une visibilité nationale.

mairie.jpg

7 - Contate-t-on un effet d'aspiration de la population vers la capitale ?
Non. Ces déplacements pendulaires sont déjà une réalité bien palpable à Lille ou au Mans. Ils pourraient bientôt se développer vers l'Est dans les villes telles que Châlon-en-Champagne, Reims ou Rethel - toutes situées à moins d' 1heures10 de Paris. Peut-on pour autant craindre que ces villes se transforment en cité-dortoir, comme le redoute nombre d'élus locaux ? La cité-dortoir est un fantasme. Quand ils s'installent dans une ville les gens sont attirés par un cadre de vie, par la volonté de rejoindre un conjoint ou d'élever des enfants. C'est pour y vivre . Pas seulement pour y habiter.

                                                                                                               Matthieu Schmidt

 

par Moselle d'avenir publié dans : Economie - social
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus