Vendredi 19 octobre 2007

 

Le mardi 16 octobre a eu lieue la 4ème réunion du comité « Moselle d’avenir ». Plus que jamais mobilisés, nous sommes tous fortement impliqués pour les futures échéances électorales (municipales et cantonales), sans oublier toutefois la nécessaire rénovation des idées et des propositions nationales du parti auquel nous revendiquons notre appartenance. Membres de Désirs d’avenir, nous avons souhaité aussi que le message de cette association à laquelle nous croyons soit plus audible, mieux organisée. Ces points d’organisation évoqués, nous en sommes venus, comme à l’accoutumée, à débattre de trois sujets de fond.

 

1. Fonctionnement des deux organisations auxquelles nous appartenons : Désirs d’avenir (DA) et le Parti Socialiste (PS)

 

  • PS

Rose-PS.JPG- au niveau local : la totalité des membres de « Moselle d’avenir » qui sont par ailleurs membres de la section PS de Thionville ont apporté publiquement leurs soutiens à Bertrand Mertz et pour sa candidature à l’investiture aux municipales et cantonales (ainsi qu’à Isabelle Rauch). Comme précisé lors du dernier compte-rendu, les membres de « Moselle d’avenir » s’engageront pleinement dans les deux campagnes.

- au niveau national : tel que décidé par le Conseil national du 23 juin dernier, le processus de rénovation du PS est enclenché. Au-delà des forums thématiques ayant déjà eu lieu, trois Forums thématiques doivent être organisés :

1er Forum : les socialistes et la nation – 24 novembre

2ème Forum : les socialistes et le marché – 15 décembre

3ème Forum : les socialistes et l’individu – 20 janvier

 

Sur le blog, plusieurs tribunes sur les sujets abordés lors du 2ème et du 3ème Forums ont déjà été écrites. Nous nous associerons à cette démarche en faisant une demande pour devenir l’un des « blogs de la rénovation » mais aussi en participant à ces différents Forums.

 

 

  • DA

Depuis la réunion, la lettre envoyée par Ségolène Royal à l’ensemble des adhérents de DA a répondu à un certain nombre d’interrogations. Il n’empêche que nous tenions à préciser plusieurs points, témoignages de notre fidélité exigeante à l’égard de Ségolène Royal.

DA-national-copie-1.JPG- d’un point de vue organisationnel, la mise en place d’un nouveau site participatif national, annoncée depuis des mois, doit être accélérée. De la même façon, la coordination des comités locaux doit être mieux assurée ;

- d’un point de vue idéologique, plusieurs membres se sont dit en attente d’une clarification idéologique. La plupart des militants avaient fortement apprécié le discours de Melle, au-delà des désaccords ponctuels, en raison de sa profondeur de vue. La tribune consacrée à la politique étrangère de Sarkozy ou celle publiée ce jour consacrée à la politique économique et sociale du gouvernement vont dans le bon sens. Il serait vraiment utile, éventuellement lors de la publication du livre tant attendu, de préciser les idées qui n’ont pas eu l’occasion de l’être au cours de la campagne présidentielle. Au-delà des piliers du pacte présidentiel, au-delà de la mise en avant de plusieurs notions d’importance comme l’ « ordre juste » ou le « gagnant-gagnant », une remise en cohérence semble nécessaire pour mieux articuler ces idées-force.

- d’un point de vue communicationnel, plusieurs membres se sont étonnés de l’absence de Ségolène Royal lors du meeting organisé au Zénith contre les tests ADN. Au-delà des raisons compréhensibles de cette annulation, il paraît contre-productif de donner l’impression de se raviser au dernier moment. Cela donne effectivement du grain à moudre à certains media qui n’ont pas arrêté de mettre en avant cette image au cours de la campagne présidentielle. Par ailleurs, on regrette que les déplacements à l’étranger de Ségolène Royal et les discours qu’elle y prononce, pourtant de haute tenue, ne soient pas suffisamment relayés.

 

Les derniers sondages le démontrent (celui organisé par BVA pour Marianne), Ségolène Royal reste la candidate préférée des sympathisants de gauche. Naturellement, elle est également perçue comme la meilleure opposante à Nicolas Sarkozy. Son engagement plein et entier, démontrant quelle autre voie elle aurait tracé si elle avait été élue, « faisant comme si [elle] était aux responsabilités » (discours de Melle) est donc nécessaire à tous.

 

Comme Ségolène Royal l’évoque dans sa lettre, DA doit toutefois veiller à ne pas se transformerPS-DDA.JPG en courant traditionnel ou à une écurie personnelle, reproduisant les mêmes erreurs que ceux qui existent encore. Laboratoire d’idées pleinement ancré dans la rénovation du PS, il ne doit pas se transformer en simple soutien à une personnalité. Toutefois, la politique n’étant pas le monde des Bisounours et puisque nous continuons à penser que Ségolène Royal reste la mieux placée pour mener à bien cette rénovation, nous lui apporterons notre soutien le moment venu, si tel est son choix.

 

2. La rénovation en direct : environnement, immigration et politique européenne

 

  • L’excellence environnementale : au-delà des maux et des mots

 
Suite au Grenelle de l’environnement : Ségolène Royal avait fait de l’excellence environnementale l’un des piliers essentiels de son pacte présidentiel. Rappelons qu’elle avait obtenu la meilleure note attribuée par des associations écologiques indépendantes (16,5/20) quand le candidat UMP recueillait seulement un 8/20.

 

Guillaume Leblond a déjà eu l’occasion de revenir sur certaines propositions issues du Grenelle ici et ici. Au-delà du rapport de 1000 pages et des nombreuses mesures proposées, on est d’abord frappés par les errements du gouvernement. Entre M. Borloo prétendument Ministre d’Etat et numéro 2 du gouvernement et Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture ou encore Jacques Attali et les membres de sa commission pour la libération de la croissance, les prises de position sur les OGM, le principe de précaution sont tout à fait contradictoires. Il semblait pourtant que l’intérêt de nommer le Ministre de l’Ecologie à ce rang protocolaire permettrait d’éviter ce genre de cafouillages. Pour l’instant, il convient donc de rester très prudents sur l’issue du Grenelle, étant donné qu’on ne dispose pas encore des arbitrages finaux.

Mais plutôt que se contenter de critiquer, le comité a réfléchi sur les principaux axes d’une véritable politique environnementale :

- situés dans une zone voisine d’une centrale nucléaire (celle de Cattenom), nous sommes particulièrement sensibilisés à la problématique nucléaire. Et nous n’avons pas le sentiment d’être « égoïstes » en en parlant. Il conviendrait tout d’abord de sortir du débat caricatural opposant anti-nucléaires absolutistes aux nucléolâtres qui rêvent, comme le président Sarkozy, de nucléariser l’ensemble de la France et de la planète.

Il ne faut par exemple, même s’il faut tenir compte des déchets générés, se rappeler que le bilan de rejet en CO2 assez favorable est du en grande partie aux équipements nucléaires de la France (qui produisent 78% de l’électricité). La prise en compte du long terme est donc nécessaire et la position semble claire : diversification progressive de notre bouquet énergétique en favorisant les énergies renouvelables, trop longtemps oubliées en France. L’objectif minimal est celui fixé par l’Union Européenne (20% de la production énergétique issue des énergies renouvelables à compter de 2020);
 

- afin de favoriser l’ « Europe par la preuve », il conviendrait d’européaniser les recherches en la matière, en associant dans le cadre d’un « pôle européen de recherche » grandes entreprises énergétiques, aéronautiques et automobiles qui accusent un retard conséquent par rapport à leurs concurrents étrangers en la matière (cf Toyota Prius par exemple). Les constructeurs automobiles européens et notamment français doivent par exemple dépasser le simple stade des « biocarburants » dont le caractère néfaste tend à être démontré par de nombreuses études scientifiques, aussi bien par la hausse du prix des matières premières qu’il induit (arbitrage nourriture/énergie) que par son bilan écologique assez désastreux.


En France, il conviendrait aussi de poser la question de la durée de vie des centrales. Ségolène Royal avait proposé la fermeture du site de Fessenheim, la plus ancienne centrale française, lors de la campagne présidentielle. Située sur une zone sismique, victime de nombreux incidents, la sécurité doit toujours primer. Et la suppression de certaines centrales vétustes doit permettre dans le même temps de se poser la question d’un vaste plan d’économie d’énergie.

 

  • Immigration : quand la droite ne doit pas « gêner » tout débat


On a déjà eu l’occasion sur ce blog de prendre position, très clairement, comme l’a fait Ségolène Royal, sur le sujet de l’amendement Mariani. On a déjà esquissé dans ce même article les contours de ce que pourrait être une politique de gauche en la matière. Même Manuel Valls, ayant pourtant maladroitement déclaré « vouloir faire un bout de chemin avec la droite sur ce terrain » a déclaré suite à cet amendement que « cela devenait désormais impossible ». Il s’agit effectivement d’une vraie ligne de clivage, pas nécessairement droite/gauche d’ailleurs et soulignons le courage de certains députés de la majorité présents au meeting du Zénith dimanche dernier.

Comme le dirait François Hollande, ce meeting était d’ailleurs celui de la « vraie ouverture », dans la mesure où les personnes présentes s’étaient rejointes sur des idées, sur une certaine conception de la République et pas pour obtenir des maroquins ministériels.


Le comité s’est penché sur cette question. Le discours de la gauche doit changer. Les années 1980 ont vu naître une forme de discours compassionnel sur l’immigration de la part de la gauche qui a fait croire à certains que nous ne serions pas au fait des réalités et notamment du fait que l’immigration clandestine massive ne sert ni le pays d’origine ni surtout l’immigré. Comme l’a évoqué Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle, la régularisation doit être fondée sur des critères précis et non pas comme l’a fait la majorité en place, sur un prétendu « cas par cas » fixé à un certain nombre.


La gauche de gouvernement doit sortir du discours sentimental pour prendre ses responsabilités et mieux expliquer pourquoi l’immigration est une chance pour ce pays. Mieux expliquer pourquoi un pays qui se referme est un pays qui meurt. Mieux démontrer que tous les pays voisins, comme l’Espagne ou l’Angleterre, ont des taux d’immigration bien supérieurs aux nôtres et connaissent dans le même temps des niveaux de croissance bien plus élevés. Rappeler également que les immigrés participent directement à hauteur de 30% à la création de la richesse (PIB) de l’Etat de Californie. C’est en arrêtant de se retrancher dans une forme de sentimentalisme que la gauche sera de nouveau audible sur cette question. En démontrant que s’il s’agit d’humains et de principe mais aussi d’une question éminemment économique et sociale.

 

  • Europe : vous avez dit traité « simplifié » ou simpliste ?


Thomas Liverani a fait un panorama global des blocages actuels de l’Union Européenne qu’il résume en 4 points (gouvernabilité, démocratisation, question institutionnelle, identité). Un article sera prochainement sur le blog pour détailler ces points.

 

Concernant le traité dit simplifié, on remarque surtout qu’il ne s’agit pas d’un grand rêve, mais d’une petite Constitution. Certains commentateurs en Suède ont même noté qu’il s’agirait d’un accord qui est tout sauf harmonieux mais qui témoigne des « tensions inhérentes au système ». Les positions discutées par le comité ont été les suivantes :

- L’Europe, c’est d’abord les Européens : il conviendrait de demander l’avis des Européens, en organisant un référendum paneuropéen sur le nouveau traité. Il serait invraisemblable de refaire en catimini ce que les peuples ont défait en s’exprimant en mai et juin 2005 aussi en France qu’aux Pays-Bas. Pour éviter le téléscopage avec les enjeux nationaux, le référendum devrait être organisé simultanément dans tous les Etats membres disposant de ce mode de consultation (en dehors de l’Allemagne par exemple) ;

- Il faudrait dissocier le projet économique du projet politique. Sans que cela ait été arbitré définitivement, nous nous sommes demandés s’il ne serait pas envisageable de renforcer l’intégration politique (notamment en matière de politique étrangère) avec un cercle beaucoup plus restreint de pays. Cela semble être la seule voie envisageable dans une UE à 27 membres.

 

To be continued...

 

Ces débats libres démontrent que tout doit plus jamais être mis sur le table entre socialistes. Nous n’avons pas peur des désaccords momentanés, tant que ceux-ci ne débouchent pas dans cinq ans sur un programme faisant la somme de nos divergences. Plus que jamais, la parole doit être libre ! Nous nous l’appliquerons en tout cas à nous. Rejoignez-nous !

 

 Jonathan Gindt

par Moselle d'avenir publié dans : Vie du comité
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Jeudi 18 octobre 2007

Ci-dessous, vous trouverez le message de Ségolène Royal envoyé aujourd'hui aux 15 000 adhérents de Désirs d'avenir. Alors que nous avons évoqué la situation de Désirs d'avenir lors de la dernière réunion de notre comité (compte-rendu publié dans peu de temps), ce message apporte beaucoup de réponses à certaines de nos questions pressantes, voire de nos inquiétudes.

Ce message est également porteur d'espoir. Il démontre que la volonté de Ségolène Royal est intacte, malgré les attaques répétées, souvent outrancières et injustes dont elle a été victime au cours des dernières semaines. Parce que nous l'avons rejoint sur une démarche (la démocratie participative) et des idées qui sont clairement confortées dans ce message, nous sommes d'autant plus incités à poursuivre le travail entrepris depuis la création de ce comité local.

Si notre détermination est sans failles, nous resterons attentifs, vigilants, exigeants. C'est comme cela que nous serons utiles à Désirs d'avenir et à Ségolène Royal, c'est ainsi que notre démarche pourra permettre de bâtir l'alternance dont la France a tant besoin.

N'hésitez pas à nous rejoindre : dda57@orange.fr

Adhérez à Désirs d’avenir : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=participer_adherer

 


Message de Ségolène Royal


A l'attention des adhérents de Désirs d'Avenir
 

Chères amies, chers amis, 

 

Beaucoup d'entre vous m'ont exprimé leur souhait de voir se poursuivre nos activités. Après un délai que j'ai consacré à la réflexion, à des rencontres en France et dans le Monde, à l'écriture et aussi au repos, je m'adresse à vous aujourd'hui pour vous indiquer comment je souhaite que nos travaux redémarrent.

 

KIF-1383.JPGOn le voit : le pouvoir actuel n'est pas en mesure de porter les réformes dont la France a besoin. Il a beaucoup promis, lors des campagnes présidentielle et législatives. Mais, à part pour les plus fortunés, déjà récompensés par d'énormes cadeaux fiscaux, il est bien incapable de tenir parole. Sur le pouvoir d'achat, sur l'emploi, sur la sécurité, la santé,... il y a fort à craindre que les Français seront déçus. Non seulement le gouvernement ne fait pas les réformes nécessaires. Mais en plus il creuse les déficits et compromet la croissance.

 

 

La déception des Français a déjà commencé. Elle est porteuse de risques.

   

C'est pourquoi il est absolument nécessaire de réfléchir rapidement à des solutions pour l'avenir, en impliquant nos concitoyens de tous horizons, sans a priori.

 

DA-national.JPG

 

Désirs d'Avenir doit être un des lieux qui permettent ce travail. Désirs d'Avenir doit être un laboratoire de production, de partage de réflexions, d'élaboration d'idées innovantes. Désirs d'Avenir doit s'appuyer sur l'apport de la démocratie participative, la contribution des experts, et le rôle des politiques. S'écouter mutuellement, réfléchir ensemble, proposer des solutions nouvelles : voilà ce qui nous rassemble.

  

Nous ne partons pas de rien, bien sûr. Nous avons les acquis de nos précédents débats, auxquels vous avez contribué de manière si précieuse. Nous avons la réflexion et les projets du Parti socialiste et des autres formations de gauche. Nous devons aussi nous ouvrir aux idées des autres lieux de pensée. Et regarder ce qui réussit chez nos voisins européens et dans le monde.

   

L'heure est maintenant venue de nous réorganiser, et de reprendre notre travail.

  

Chantepy.JPGJe voudrais maintenant saluer le travail du Président de notre association, Christophe Chantepy. Christophe, mon ami de toujours, a beaucoup donné à Désirs d'Avenir qui n'existerait pas sans lui. Il en a accepté la présidence à la création, avec tout ce que cela suppose d'efforts. Il a donné des nuits et des jours pour la campagne. Il y a consacré son talent et ses qualités humaines. Et grâce à lui, Désirs d'Avenir est aujourd'hui une association solide.

 

 JP-Mignard.JPG

Christophe, qui continuera à occuper un rôle important, m'a suggéré que Jean-Pierre Mignard lui succède comme Président. Je trouve que c'est une très bonne idée, que je soumets à notre conseil d'administration. Beaucoup d'entre vous connaissent et apprécient Jean-Pierre Mignard, avocat, penseur et militant exigeant, qui a toujours eu à cœur de nourrir le débat d'idées.

 

La nouvelle équipe qui sera constituée devra se dédier au travail dont je viens de vous parler. Elle sera très bientôt renforcée. Elle s'appuiera sur le site www.desirsdavenir.org, dont une nouvelle version est en préparation, et sur les comités locaux qui seront bientôt remis à jour. Elle développera des outils supplémentaires, notamment pour donner des échéances et des débouchés plus clairs à tout notre travail collectif : des rencontres nationales, des publications.

J'aurai l'occasion de vous présenter l'équipe qui sera constituée par nos organes statutaires dans une réunion nationale que nous tiendrons avant la fin de l'année.


Chères amies, chers amis, Désirs d'Avenir reprend ainsi ses activités.
 

Je compte sur vous tous, pour vous impliquer et pour associer le plus grand nombre de nos concitoyens à nos travaux.
 

Bien sincèrement à tous,Signature-SR.JPG

 


 
 

par Moselle d'avenir publié dans : Vie du comité
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Lundi 15 octobre 2007

Le marché et l’écologie

    Certains économistes diront que le marché règlera les problèmes écologiques. Cette affirmation est très rapide. Le marché peut régler les problèmes d’énergie. On aurait tort d’essayer de faire peur à la population en agitant toujours la fin du pétrole dans 20 ans. Il faut savoir que les chocs pétroliers précédents ont permis de trouver des énergies alternatives tel que le nucléaire. Aujourd’hui, les voitures consomment tout de même moins qu’avant. Il y a 20 ans, certains disaients déjà que 20 ans plus tard, il n'y aurait plus de pétrole. Les techniques d’extractions du pétrole sont aussi en train d'évoluer, environ 30 à 40% de pétrole est extrait d’une poche aujourd’hui, des études ont montré qu’il est possible d’en extraire jusqu’à 70%. Sans compter le charbon dont les réserves restent encore énormes.  Cela pour dire que la crise énergétique n’est pas pour demain, mais que la crise écologique, la santé de la planète est menacé et ça c'est pour aujourd'hui. Si nous ne manquons pas d’énergie aujourd'hui, la planète est-elle capable d’absorber toutes nos dérives?

Mais continuons notre tour des mesures

Généraliser les informations environnementales présentes sur les produits et services.

     En gros, cette mesure sert à informer le consommateur des impacts environnementaux des produits achetés, en espérant que les plus consciencieux d’entre-nous, feront la démarche d’acheter des produits respectueux de l’environnement. La création d’un label environnemental poussera les fabricants à améliorer leurs produits dans ce sens. Malheureusement, cette démarche n’empêchera pas la vente des moins respectueux, sans compter que ce label aura un prix et qui privera une partie de la population plus modeste d’accéder à des produits plus sains. Cette mesure est plus une mesurette qu’un véritable défi, pourtant celle-ci risque fort d’être une des seules qui réussira.

 
Production et consommation durables

     Encore la construction de label environnemental, celui-ci concerne l’agriculture.  Pour ce qui est des OGM, là mystère, un jour Borloo, nous dit qu’il serait favorable à un moratoire et le lendemain Barnier, Ministre de l’agriculture, annonce le contraire. Le véritable changement serait de ne trouver que des fruits et légume de saisons dans nos magasin, et surtout favoriser le rapprochement géographique des producteurs et des consommateurs.


Au vu du nombre de propositions émises lors du Grenelle de l'environnement, il n'est pas envisageable de toutes les commenter. Vous les trouverez toutes dans leur intégralité ici


Conclusion : nécessité d'une cohérence gouvernementale

    Comme vous l’aurez constaté ces mesures sont très ambitieuses, plusieurs d'entre-elles sont très intéressantes. Une vraie envie de changer les choses semble exister, notamment au sein des groupes de travail. En revanche, aucun membre du gouvernement n'a pour l'instant évoqué les sommes qui seront allouées à ce Grenelle. Le pire, c’est que dans toutes ces mesures, on peut craindre que seules celles ne coûtant pas un centime à l’Etat mais lui en rapportant (mise en place de taxes) soient les seules retenues.
    Pendant la campagne présidentielle, on nous a parlé d’un grand Ministère de l’écologie, dont celui qui serait nommé pourrait poser son droit de veto sur toute réforme n’allant pas dans le sens de l’excellence environnementale. Pour l’instant, on a l’impression que Borloo est devenu muet, et qu’au lieu d’être le numéro deux du gouvernement, il serait plutôt bon dernier de celui-ci. Après quelques coups médiatiques aussi stupides que de prendre un avion pour admirer les glaciers en train de fondre au Groenland ou faire un tour de manège dans un simulateur de tremblements de terre, il n'y à rien de concret. Il a évoqué la possibilité de mettre en place un moratoire sur les OGM avant de se faire contredire, pourquoi avec la place qu’il occupe ne peut-il pas s’imposer face au Ministre de l’agriculture ?

    Le premier rapport de la commission de réflexion sur les freins à la croissance française présidé par Attali va lui aussi contre le progrès environnemental, notamment en supprimant le principe de précaution : « lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent [...] à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées ». Cette commission souhaite aussi libéraliser la grande distribution, ce qui revient à pouvoir remplir toujours plus son caddie sans se soucier de l’environnement.
A la vue de toutes ces contradictions, on peut se demander si vraiment, il existe une vraie volonté écologique, et à voir la tête de Borloo, il est permis d'en douter.

Une des premières mesures qui aurait dû être prise est tout simplement d’associer au moins un  membre du Ministère de l'Ecologie à chaque autre Ministères, auprès de chaque commission, pour faire en sorte que chaque décision, chaques réformes aillent bien dans le sens de l’excellence environnementale.


Bonus musical

Je vous propose un album de musique rock/écolo pour illustrer mon article dont le téléchargement est légal et libre, ce groupe s'appelle Deskaya et le titre de l'album est "Gravez et faites tourner". Vous pouvez retrouvez cette album sur la plateforme de musique libre www.jamendo.com.

Guillaume Leblond

 


 

par Moselle d'avenir publié dans : Excellence environnementale
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Lundi 15 octobre 2007

 

Prenez un sujet dans lequel la situation de la France se détériore actuellement. Vous avez effectivement l’embarras du choix. Vous aurez droit à une réponse du gouvernement, avec quelques variantes : c’est la faute de Jospin [et de son gouvernement] !


Le cas le plus emblématique est celui d’EADS. Un Ministre qui se déclare objectivement incompétent, un Président et un Premier ministre aux abonnés absents, un numéro 2 du gouvernement de l’époque « frère » (politique et pas biologique) d’Arnaud Lagardère et il ne faudrait pas s’interroger.
Tout cela est du au « pacte d’actionnaires », évidemment signé par Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn.

Rappelons que dans un pré-rapport, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a établi des délits d’initiés caractérisés de la part des principaux dirigeants d’EADS qui auraient détenu des informations confidentielles sur les retards de livraison de l’A380 et auraient lever leurs options sur le stock d’actions qu’ils détenaient, juste avant que le cours de l’action s’effondre brutalement. S'il convient de laisser la justice faire son office, revenons sur plusieurs éléments du "dossier".


Pourquoi ce pacte d’actionnaires était indispensable et qu’il ne justifie en rien les délits d’initiés incriminés

 EADS.JPG

Ce pacte d’actionnaires précisément, revenons-y. En 2000, l’aéronautique mondiale est en pleine restructuration. Malgré de véritables efforts industriels, le développement de nouvelles gammes d’aéronefs (A320 puis A340), Airbus ne parvenait pas à dépasser son éternel concurrent Boeing. En outre, l’aéronautique européenne était complètement disloquée, à la fois entre ses branches civil et militaire, mais aussi entre projets concurrents. Si la mise en place d’EADS n’a pas tout réglé, elle a tout de même permis à Eurocopter de devenir le premier vendeur d’hélicoptères au monde et aussi et surtout à Airbus de dépasser Boeing en termes de livraisons d'avions pour la première fois de son histoire en 2004.

Faire ensuite croire que le pacte d’actionnaires tel que mis en place notamment par le gouvernement Jospin est responsable des échecs d’Airbus est alors d’un grotesque achevé. Ceci étant, ce pacte a bien entendu des limites. Pourquoi ?


Le gouvernement allemand ne souhaitait pas que l’Etat soit directement représenté au sein du Conseil d’administration d’EADS. Se garantissant toutefois un droit de veto dans les sujets sensibles (notamment au niveau militaire), l’Etat français de l’époque (autrement dit aussi bien M. Jospin que M. Chirac) a donc consenti à cet arrangement afin de consolider l’aéronautique européenne. Un refus de leur part aurait signifié que les Allemands allaient s’allier avec les Britanniques (BAE) pour constituer un projet concurrent. Ce pacte d’actionnaires répondait donc à un impératif de réalisme politico-industriel évident.   

 

Le fonctionnement actuel de EADS

L'Etat français, par l'intermédiaire d'une holding, la SOGEPA, et le groupe Lagardère sont liés par un premier pacte au sein de la SOGEADE qui regroupe les participations françaises. Chacun (l’Etat-SOGEPA et Lagardère) détiennent 7,5%. La SOGEADE est elle-même liée par un autre pacte d'actionnaires (le « Participation Agreement ») à DaimlerChrysler et à la SEPI (société holding de l'Etat espagnol).


Darkstream ?

 

DDV-NS.JPGSa première stratégie de défense (accuser Jospin) ayant fait pschitt comme disait l’autre, les plus hautes autorités de l’Etat ont hésité. Ils ont commencé par attaquer l’ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, Francis Mayer, qui a l’avantage… d’être décédé. M. Lagardère vient aujourd’hui de trouver le bouc émissaire par excellence : M. de Villepin. Il ne s’agit pas de défendre l’ancien Premier ministre mais simplement de rappeler plusieurs faits.

1. Le climat au sein de la direction d’EADS a été fondamentalement plombé non pas par le pacte d’actionnaires ou même par le management bicéphale franco-allemand mais bien par une rivalité purement franco-française. Pendant près de 2 ans (2003-2005), Noël Forgeard et Philippe Camus se sont livrés à une guerre sans merci pour prendre le contrôle d’EADS. Et c’est l’intervention directe du Président de la République de l’époque qui a réglé les choses. Etrange comme l’Etat peut avoir un pouvoir quand il le souhaite…


2.
EADS a été mêlé, bien malgré elle, au principal scandale politico-financier de ces dernières années, à savoir l’affaire Clearstream. Celle-ci, qui s’est transformée en affaire purement politique de guerre de succession au sein de la droite française, implique notamment Jean-Louis Gergorin, qui était, il y a un an et demi encore, vice-président du groupe EADS…


3. Aujourd’hui, Arnaud Lagardère déclare que Matignon, c’est-à-dire Dominique de Villepin, l’un des principaux protagonistes de l’affaire Clearstream, aurait eu en sa possession en février 2006 un mémo l’informant de la volonté de Lagardère de « vendre des titres EADS à la banque IXIS CIB en 2006 et de la possibilité qu'une partie soit rachetée par la Caisse des dépôts et consignations ». Alors que M. de Villepin reconnaît avoir vu cette note mais la distingue de l’opération de cession des titres à proprement parler, cela contredit les propos de M. Breton, Ministre de l’Economie et des Finances de l’époque qui précise avoir appris tout cela par la presse (ce qui avait paru au mieux... ridicule...).

 

On perçoit bien que du terrain économique, cette affaire a rapidement glissé vers les terrains boueux des guéguerres politiciennes les plus viles. On ne comprend plus grand chose dans cet embrouillamini. M. Lagardère déclare préférer être considéré comme « incompétent que comme malhonnête ». Au-delà du caractère grave de cet aveu, on paraît nager en plein délire. M. Lagardère nous explique qu’il serait tout à fait normal selon lui de privatiser les profits et de socialiser les pertes. C’est exactement ce qui s’est passé dans cette affaire. Quand M. Lagardère décide de quitter le capital d’EADS, c’est l'Etat, via la CDC, qui rachète les titres, pour un montant de 1,8 milliards d’euros. Un tiers, soit 600 millions d’euros, a été perdu en raison du délit d’initiés.

 

Un halo semble protéger M. Lagardère. Pour quelle raison ? Alors qu’il s’est déjà considéré « incompétent » et que la justice devra attribuer dans quelle mesure il a été malhonnête, il est incroyable de rappeler que M. Lagardère doit devenir dans les prochaines semaines président de la SOGEADE !

 

Il s’agit juste de finir sur ce constat établi par un député… UMP…, François Goulard : « Qui, en 2006, profite de l'opération de vente d'actions EADS? Arnaud Lagardère. Qui, en 2006, a de gros intérêts dans les médias? Toujours Arnaud Lagardère. Qui, en 2006, est le probable candidat de l'UMP à la présidentielle? Qui est un proche d'Arnaud Lagardère? ». Aucun commentaire supplémentaire ne semble nécessaire.


Au-delà des nuages

 

Au-delà de l’instruction qu’il conviendra de mener, cette affaire suscite toutefois deux questions politiquesA380-copie-1.JPG

1. Quand le rôle de l’Etat est essentiel

- La question de la capacité d’un acteur privé à être un actionnaire fidèle et sûr au sein d’une entreprise où l’horizon temporel est si lointain et les risques d’incidents de parcours dans l’organisation de la production si forts est posée. Le compétiteur Boeing qui vient de connaître des retards dans les lignes de montage du nouveau 787, ne survit à cette contradiction qu’en raison des subventions indirectes massives reçues chaque année par le gouvernement américain (estimées à 800 millions $ par an, uniquement dans la branche civile).

- En outre, lorsqu’on incrimine le pacte d’actionnaires, on met en avant non pas que l’Etat soit présent, mais précisément qu’il soit absent – directement – au conseil d’administration d’EADS. Le rôle de l’Etat au sein de ces secteurs stratégiques et par définition oligopolistiques en raison des coûts d’entrée sur le marché est donc essentiel. S’il est nécessaire que l’Etat revienne au sein du conseil d’administration, il serait indispensable qu’à l’initiative de la France, l’Union Européenne lance une offensive de clarification des règles d'intervention en la matière auprès de l’ORD (Organe de Règlement des Différends) de l’OMC.

 

2. Quand la collusion et l’endogamie exacerbées régnant au sein du capitalisme français sont générateurs de ce genre de confusions

- Comme le montre parfaitement Thomas Philippon dans Le capitalisme des héritiers, la France se caractérise par cette reproduction sociale particulièrement préoccupante au sein des élites dirigeants dans les entreprises privées. Le problème du pantouflage de certains hauts fonctionnaires doit aussi être posé et solutionné. Il est tout aussi incroyable de constater à quel point les assemblées générales d’actionnaires sont tant dépourvues de pouvoirs en France ;

- On se situe en outre dans un cas de figure encore plus grave où le Président actuel de la République est très proche de la plupart des grands patrons français. Il est donc invraisemblable que politiquement, Nicolas Sarkozy et son gouvernement continuent à évoquer une « dépénalisation du droit des affaires » alors que nous sommes face à un scandale financier majeur. Cela est d’autant plus incroyable que le droit français est pour l’instant particulièrement clément à cet égard, si l’on compare par exemple les dispositions prévues par la loi SOX (Sarbanes Oxley) aux Etats-Unis, votées après le scandale de l’affaire Enron…

 

Il y avait au moins un pilote dans ce… scandale

 

En raison de ses imbrications politico-industrielles, ce dossier est totalement nébuleux. Il serait incompréhensible qu’une commission d’enquête parlementaire, allant bien au-delà des auditions déjà effectuées par les deux Commissions des Finances du Parlement, ne soit pas lancée comme l'a réclamé François Hollande. Les mises en accusation contradictoires et politiciennes ne pourront finir par déresponsabiliser tout le monde.

Une entreprise comme EADS, fleuron français et européen a non seulement besoin de sérénité dans la concurrence internationale féroce face à Boeing mais aussi et surtout, ses salariés, concernés par un plan de réduction des effectifs (Power 8) inique méritent du respect et de la considération.  

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Industries - Energie
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Vendredi 12 octobre 2007

On glose souvent sur les investitures, les synthèses, les motions ou encore les congrès, parfois à juste titre. Mais on oublie souvent que tout cela est la condition du fonctionnement parfaitement démocratique du Parti Socialiste. Au-delà des limites évidentes de ce qui constituait une première, tout les observateurs ont d’ailleurs souligné le caractère démocratiquement incontestable des primaires organisées par le PS en novembre dernier, seul parti de France à l’avoir fait.


Face à cela, l’UMP est en progrès tout relatif, certains de ses candidats (même si cela ne leur porte pas toujours chance…) étant désormais, comme à Paris, désignés par les militants.

Vous avez dit "Mouvement" quoi déjà ?  


On pouvait alors se dire, au vu de la jeunesse et de la prétendue fraîcheur qui anime celui qui se réclame comme la « seule nouvelle formation politique française », qui porte en étendard, dans son propre nom, la revendication « démocrate », qu’il fasse de même.
Puisque ce parti nouvellement constitué prétend faire de la politique autrement, créer une « force politique nouvelle », qu’il le fasse en prenant le meilleur du fonctionnement d'un parti moderne !


Jean Arthuis (président du groupe UDF au Sénat) déclarait récemment qu’on ne « dirigeait pas un parti comme une secte » en visant explicitement ce qui ou est pas son parti, that’s [an other] question. Or, la façon dont le Modem vient de procéder au désignation à l’investiture des candidats aux municipales dans de nombreuses villes de France témoigne au contraire du caractère extraordinairement passéiste et anti-démocratique de sa démarche.


Dans ce qui est présenté comme une première vague d’investitures, c’est une « commission électorale nationale », composée de 12 membres, qui a procédé à la désignation de 41 têtes de listes, dont, rien que ça, la tête de liste aux municipales de Paris, bien entendu Marielle de Sarnez. Ajoutons à cela que, force politique nouvelle s’il en est, 17 candidats sur les 41 d’ores et déjà investis sont des sortants…

 

Outre que cette commission fédérale n’a pas de légitimité puisqu’elle n’a pas été désignée par les adhérents du Modem, elle est en contradiction avec l’exigence démocratique dont ne devrait s’affranchir aucun parti politique d’importance, d’autant plus s’il est aussi jeune que le Modem.

Alors, erreur de jeunesse ou récidive ? On se souvient à Paris de la façon dont Quitterie Delmas (voir son blog), pourtant excellentissime relais de la parole bayrouïste pendant la campagne présidentielle, avait été éjectée de l’investiture aux élections législatives dans le Xème arrondissement, le Modem préférant à la franchise de son engagement une manœuvre politicienne (la candidate finalement investie était un transfuge des Verts).


De nombreux adhérents Modem, qui en sont pour nombre d’entre-eux à leur premier engagement politique, ont réclamé l’organisation de primaires, notamment à Lyon ou à Marseille, où plusieurs candidats à l’investiture pour les municipales s’affrontent. François Bayrou a déclaré qu’il s’y « rendrait »… Pour rendre la justice divine ?

 

On ne peut pas comprendre qu’un mouvement politique qui se réclame comme le parangon de la modernité puisse adopter des méthodes aussi moyen-âgeuses. Cela illustre les difficultés d’un parti concentré autour de la figure d’une seule personne, dont l’anti-sarkozysme est l’unique marque de fabrique au niveau national mais qui n’hésiterait pas, au gré de ses envies princières, et sans consultation de la base, à s’allier avec des listes pourtant soutenues par… Nicolas Sarkozy.

Modem.JPGLe droit d'ingérence démocratique

Mais qu’est-ce qu’un militant PS vient donc faire dans cette galère ? N’a-t-il pas suffisamment à faire avec la rénovation de son propre parti avant d’évoquer les problèmes des autres ?
Tout d'abord, il semble que les militants d'autres partis se sont suffissament prononcés sur l'"avenir" du PS pour que nous puissions en faire autant.
En outre et surtout, il semble que si la parole était réellement donnée à la base militante du Modem, ce serait une ligne politique claire qui se dégagerait visant certes à proposer le maximum de listes indépendantes Modem au premier tour des municipales mais témoignant de sa cohérence au deuxième tour.
Il est effectivement assez rare d’écouter des adhérents Modem encenser le pouvoir national en place. Il est aussi assez peu commun d’entendre des « démocrates » souhaiter le retour du système Chirac-Tibéri-Panafieu à Paris ou du système Perben-Millon à Lyon…

L'illusion de la schizophrénie UMP

L’ « ouverture » fallacieuse menée par Nicolas Sarkozy a déjà suffisamment brouiller inutilement les cartes du jeu politique national transformé en théâtre des ambitions pour que cela ne se reproduise pas au niveau local. Il faut ajouter à cela que la trop forte « concentration des pouvoirs » dénoncée y compris par François Bayrou serait encore renforcée avec des maires UMP.

 

Comme le disait justement Azouz Begag pour Lyon, les villes, les départements (n’oublions pas les cantonales) sont désormais dotés de compétences qui leur permettent dans de nombreux domaines (éducation, insertion, logement…) de remédier aux politiques désastreuses menées par la majorité au pouvoir. Sans n'être que des laboratoires "anti-Sarkozy", ces collectivités territoriales pouraient toutefois éviter de n'être que des laboratoires pro-UMP. Comment imaginer qu’un élu UMP soit d’accord au niveau national avec une forme de politique qu’il ne mettrait pas en œuvre dans sa propre collectivité ?

 

En privant ainsi les jeunes adhérents au Modem de leur expression démocratique, de leur liberté (pourtant deux notions particulièrement revendiquées par eux), François Bayrou continue à ne dessiner qu’une seule perspective… la sienne.

 

Adhérents du Modem, un parti jeune, peu suspect de devoir encore ménager les susceptibilités d’édiles locaux, qui réclame en outre une « nouvelle voie », doit avoir cette exigence, cette cohérence. Soyez libres, soyez démocrates !  

Jonathan Gindt
par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Vendredi 12 octobre 2007
Ségolène Royal répond aux question de Charlie Hebdo sur les tests ADN

Pourquoi ce projet de loi vous paraît-il inacceptable ?


Parce que la famille ce n’est pas seulement la filiation biologique, c’est la reconnaissance de la filiation. En tant qu’ancienne Ministre de la Famille ayant renforcé l’autorité parentale et fait voter par le Parlement une loi qui, entre autres dispositions, achevait de reconnaître l’égalité de tous les enfants, qu’ils soient « légitimes » ou « naturels », je suis inquiète à l’idée que la France puisse régresser vers une conception de la filiation où le biologique efface le lien institué et vécu. La présidente de l’association Enfance et Familles d’adoption a très bien dit quelle rupture représenterait « la filiation réduite aux gamettes ». Le Comité national consultatif d’éthique, que le gouvernement avait oublié de consulter, vient lui aussi de rappeler que l’exclusivité accordée à la filiation biologique est contraire à nos valeurs et à nos lois.

Le débat sur l’utilisation des tests génétiques a eu lieu lors de l’élaboration et de l’actualisation des lois bio-éthiques. Le Parlement, toutes étiquettes politiques confondues, avait alors décidé d’encadrer strictement les tests génétiques et de ne les autoriser que pour des raisons médicales ou sous le contrôle du juge. Et voilà que le gouvernement Sarkozy et sa majorité parlementaire sont prêts à légaliser ce qu’il faut bien appeler un fichage génétique !

Je sais que, sur ce sujet, l’opinion française est partagée. Mais il faut bien comprendre combien il serait dangereux de créer un tel précédent. Car qui nous dit que demain, toujours sous le prétexte d’éradiquer la fraude, on ne sera pas tenté d’utiliser ces tests pour, par exemple, le versement des allocations familiales ? Les chercheurs en génétique estiment que 5% à 10% des filiations réputées biologiques sont en réalité adultérines. Méfions-nous de l’accoutumance aux contrôles génétiques par l’Etat…

On fait croire aux Français que nous serions submergés par une fraude massive à l’état-civil du fait des défaillances administratives des pays d’Afrique de l’Ouest. Quelle est la réalité ? Le regroupement familial, c’est 23.000 personnes par an dont 9.000 enfants et, parmi eux, moins d’un millier issu de l’Afrique subsaharienne. J’observe d’ailleurs au passage que c’est sous les derniers gouvernements de droite que l’immigration de travail a baissé et l’immigration familiale augmenté. M. Sarkozy s’est fait une spécialité de la multiplication des lois d’affichage sur l’immigration et la dernière en date en rajoute encore sans que les moyens ne soient pris d’une coopération en matière d’état-civil et surtout d’une profonde réforme de l’aide au développement qui, seule, pourrait tarir les migrations de la misère. On sait que, d’ici la fin du quiquennat, il y aura au moins deux lois par an sur ces sujets pour « entretenir la flamme ».

On fait croire aux Français que les démocraties européennes voisines recourrent couramment à ces tests. C’est faux. Dans la plupart des exemples cités, leur utilisation est exceptionnelle et très encadrée. Cette injonction d’alignement est fallacieuse. Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe l’a dit sans ambiguité : si la France adopte cette mesure, elle violera l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’enfant qu’elle a ratifiée en 1990. Ce n’est pas l’idée que je me fais du « retour de la France en Europe » dont s’enorgueillit le Président de la République !

Enfin, comment ne pas humer ici un vilain parfum de récidive ? Un rapport de M. Benisti, député UMP, préconisait il n’y a pas si longtemps de traquer chez les enfants de moins de trois ans, en priorité dans les familles immigrées, le quasi-gène de délinquances à venir. Durant la campagne électorale, l’actuel Président de la République nous a confié son intime conviction que la pédophilie, elle aussi, avait une origine génétique. Et voilà que la parentalité, à son tour, est tirée du côté du gène. Cela fait beaucoup. On nous dit qu’il faut pouvoir tout aborder sans tabou. Pourquoi pas ? Mais alors, allons au fond des choses : l’inquiétante propension du Chef de l’Etat, de son gouvernement et de sa majorité à naturaliser les problèmes politiques et sociaux, cette manière d’en pincer à répétition pour le déterminisme biologique, c’est la pire façon d’y répondre car, pour prix de la trahison de nos principes fondamentaux, nous récolterons non seulement l’injustice mais aussi la violence.

Pourquoi, malgré les amendements votés au Sénat, maintenir votre veto ?

Parce que l’édulcoration de l’amendement de M. Mariani ne change rien à l’atteinte portée au droit de la filiation. Devant la levée de boucliers suscitée jusque dans les rangs de la majorité – je pense notamment à MM. Pinte et Goulard qui ont eu des mots justes pour ne pas accepter l’inacceptable -, devant la gêne de plusieurs Ministres, qu’ils soient « d’ouverture » ou non, devant le vote négatif de la commission des lois du Sénat, devant la protestation des Eglises, des associations, des syndicats, des scientifiques, alors que les pétitions de Charlie et de Sauvons la Recherche dépassent les 100.000 signataires, le gouvernement, sans doute pas mécontent, dans un premier temps, de donner des gages à l’extrême-droite à quelques mois des municipales, s’est retrouvé quelque peu embarrassé par le tollé.

J’entends qu’on va d’abord expérimenter, que la vérification biologique se bornera à la mère, que l’Etat paiera finalement le test : cela ne change rien à l’affaire. Je le redis avec force : ce n’est pas à l’Etat de s’immiscer de la sorte dans l’intimité des familles.

Si la commission mixte paritaire ne fait pas disparaître le fameux amendement ADN et si le Conseil constitutionnel ne censure pas le texte, que faire ?

Continuer à expliquer aux Français que, pour eux aussi, ce texte est une menace.
par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Jeudi 11 octobre 2007
Une fois n'est pas coutume, nous reprendrons un texte rédigé par des camarades extérieurs au comité. Dans le cadre de la réfléxion que "Moselle d'avenir" a initié dans le rapport des socialistes au marché (ici ou ici), ce qui s'inscrit parfaitement dans le cadre du 1er forum de la rénovation, il nous semble que cette contribution peut être très utile au débat. A vos commentaires !


L’emploi indistinct des notions de marché et de capitalisme est monnaie courante dans le discours aussi bien de la gauche que du néolibéralisme. Pourtant, il y a une réelle ambiguïté voire une contradiction entre ces deux concepts. Lever cette ambiguïté doit être un défi pour les socialistes s’ils veulent se doter enfin d’une doctrine économique claire, enjeu central de la rénovation…

 

 

Marché et capitalisme : le piège d’une imposture

 

Dans un contexte marqué par la nécessité de la rénovation, un des points sensibles et le plus souvent mis en avant est incontestablement la clarification du discours économique de la gauche et notamment de son rapport au marché et à l’entreprise.Fernand-Leger-copie-4.jpg A la lecture de certaines publications, textes de réflexion ou déclarations, on peut pourtant être frappé par une ambiguïté récurrente : l’emploi indistinct des mots « marché » et « capitalisme » comme s’il s’agissait de deux synonymes qu’il serait possible d’amalgamer, tantôt pour les assumer, tantôt pour s’y opposer.

 

Or le marché et le capitalisme sont deux choses tout à fait différentes. Le premier renvoie à un mode de régulation fondé essentiellement sur la concurrence et – condition par excellence d’une concurrence effective – l’atomicité des acteurs. Le second se définit davantage comme un mode de propriété et un processus. S’il est particulièrement difficile à définir – François Perroux parlait du capitalisme et de ses innombrables définitions comme d’un « mot de combat » – le capitalisme renvoie essentiellement en réalité à la propriété des moyens de production par des acteurs privés qui cherchent à concentrer et accumuler du capital afin d’atteindre une taille suffisante pour occuper une position dominante sur un marché, se mettant ainsi à l’abri de la concurrence.

 

Le capitalisme rassemble donc deux éléments fondamentaux qui sont difficiles à distinguer tant ils sont liés : un mode de propriété et un processus de concentration et d’accumulation du capital aboutissant à la constitution d’entités économiques dont la taille est susceptible de remettre en cause l’atomicité des acteurs et d’engendrer inégalités et inefficacité.

 

La contradiction entre le marché, mode de régulation, et le capitalisme en tant que processus est ici aisément perceptible : le premier favorise l’innovation, la concurrence au profit du consommateur et est tout à fait compatible avec l’émancipation individuelle ; le second, par sa logique de concentration porte in fine de sérieuses atteintes à la concurrence, provoque des déséquilibres et, parce qu’il engendre un déséquilibre des rapports de force, peut être source d’exploitation et de domination. Il constitue en définitive une perversion de l’économie de marché.

 

Le contraste est alors saisissant et l’on voit mal d’où pourrait provenir une confusion entre ces deux termes. Il y a pourtant une relation entre capitalisme et marché. Le marché, loin de toute la perfection des théories microéconomiques de la fin du XIXème siècle, peut porter en réalité, s’il n’est pas régulé par la collectivité, les germes d’une dérive vers la concentration inhérente à la dynamique du capitalisme. La multiplication des déséquilibres entre acteurs, au profit d’entreprises qui dominent progressivement le marché peut le faire dériver vers une situation que Schumpeter, à la fin de son œuvre, avait admirablement décrite : une configuration dans laquelle se constituent des « technostructures économiques » aucunement incitées à innover.

 

Or, le discours néolibéral, depuis les années 1970, contribue à brouiller habilement le message en promouvant le capitalisme sous les traits de l’économie de marché.

 

Dupe des apparences et victime d’un discours économique condamnant ou se méfiant au moins du marché et du capitalisme indistinctement, la gauche est tombée dans le piège de cette imposture intellectuelle.

 

Il lui revient aujourd’hui de lever l’ambiguïté et d’affirmer haut et fort sa préférence pour un marché régulé, qui doit faire une place à l’intervention publique afin de le prémunir de toute dérive et déséquilibre qui en menaceraient le fonctionnement et l’esprit même. Cette vision implique une reconnaissance de la légitimité des politiques de concurrence[1], à condition qu’elles n’empêchent pas les synergies nécessaires à la politique industrielle et qu’elles adoptent la maximisation du surplus du consommateur comme critère de référence.

 

En revanche, cette adhésion au marché, n’est pas une adhésion au capitalisme, au contraire : c’est parce que nous sommes attachés au marché que nous voulons combattre les risques de dérives que peut comporter le capitalisme. Nous adhérons au marché, contre le capitalisme en tant que dynamique tendant à la perversion de l’économie de marché. En effet, si, par opposition au communisme, nous privilégions la propriété privée des moyens de production, nous combattons les abus de position dominante qui serait source d’inégalités et d’inefficacité.

 

La gauche doit donc prendre garde de ne pas, à la hâte et pour satisfaire aux simplifications du discours journalistique en période de rénovation, dire qu’elle assume indistinctement un attachement au marché et au capitalisme sans lever cette ambiguïté.


Pour une approche pragmatique du marché

La reconnaissance de l’efficacité du marché comme mode d’allocation des richesses ne signifie cependant pas que sa logique soit légitime dans tous les secteurs. S’il ne fait pas de doute que des entreprises privées peuvent être investies de missions de service public, la privatisation de certains secteurs pose question.

D’un point de vue purement économique, l’ouverture à la concurrence du secteur de l’énergie centraleEDF-copie-1.jpgest-elle réellement porteuse d’une plus grande efficacité, sachant qu’elle entraînera inévitablement la transformation d’un marché monopolistique en un marché oligopolistique ?
Compte tenu de la lourdeur des infrastructures nécessaires, il est en effet inenvisageable que plus de trois entreprises se partagent le marché français. Or l’oligopole incite inévitablement les opérateurs à s’entendre sur les prix et ce au détriment du consommateur, comme le montrent les ententes dans le domaine de la téléphonie mobile (sur les tarifs des SMS ou des communications internationales par exemple). Mais il y a plus. Pour les socialistes, l’accès à l’énergie constitue un droit fondamental qui peut légitimer un contrôle des prix. En outre, ce secteur est aujourd’hui au cœur de considérations géopolitiques et le marché du gaz est particulièrement vulnérable aux caprices de la Russie, ce qui incite plutôt à conserver un opérateur unique, afin de peser davantage dans les négociations avec Gazprom.

Mais il existe d’autres secteurs dans lesquels il peut être utile, voire vital de préserver des opérateurs publics, en situation de monopole ou de complémentarité avec les acteurs privés
. On peut penser par exemple aux secteurs de l’éducation ou de la culture. Si l’on ne peut que se réjouir de la diversification de l’offre générée par l’ouverture des ondes et des canaux télévisuels, l’existence de chaînes de radio et de télévision publiques a vocation à assurer des missions complémentaires, pédagogiques, culturelles et non soumises à des impératifs de rentabilité. Et elle y réussi, au moins partiellement.

Loin de tout dogmatisme, il importe donc de débattre librement du champ et des modalités de l’intervention de l’Etat.
Après avoir redéfini dans un premier temps les missions d’intérêt général au regard des besoins et des attentes actuelles de nos concitoyens, le débat politique devra déterminer ensuite si ces objectifs peuvent ou non être atteints par des acteurs privés évoluant sur un marché concurrentiel. Pourtant, trop souvent, le débat reste bloqué car ces deux  temps de la réflexion sont confondus, la deuxième étape constituant dans beaucoup d’esprits un préalable.

 

De même, reconnaître l’efficacité de la régulation par le marché ne signifie pas que la planification doive être systématiquement vouée aux gémonies. En effet, les marchés répondent souvent à des logiques court-termistes et ne sont pas nécessairement à même d’assurer les investissements nécessaires pour faire face aux grands défis de demain (réchauffement climatique, économie de l’innovation, sauvegarde de la diversité culturelle, etc). Que ce soit dans le domaine de la politique industrielle, de l’environnement ou de la culture, le politique reste donc pleinement légitime pour fixer des orientations de long terme et veiller à leur mise en œuvre, par des acteurs tant publics que privés.

 

La distinction entre les notions de marché et de capitalisme est donc particulièrement importante et surtout féconde en réflexions sur des thèmes tels que la politique industrielle ou l’environnement. Elle doit constituer pour la gauche la matrice et l’armature d’un discours économique sans ambiguïté, assumé, capable de voir dans un marché régulé un instrument possible au service de ses objectifs.

 



[1] C’est, de ce point de vue, toute la difficulté et l’ambiguïté de l’action de la Commission européenne, perceptible dans son Livre blanc de 1994 sur la compétitivité : politique de concurrence ou promotion de « champions industriels » au nom de la compétitivité européenne ? La voie est étroite.

par Moselle d'avenir publié dans : Point de vue
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Mercredi 10 octobre 2007
L'accès à la culture s'est démocratisé. Cependant le processus s'est bloqué depuis quelques années. Les pouvoirs publics ne donnent pas suffisament de moyens à ce Ministère. De son côté, Mme Albanel, depuis sa prise de fonction, semble ne pas donner des pistes pour accélérer sa démocratisation.
Une mesure pourrait favoriser une hausse des fréquentations des musées : la gratuité. Cependant sans faire de démagogie, je vais essayer de me mettre successivement à la place de quelqu'un qui est pour l'accès gratuit aux musées, et quelqu'un qui est contre.


Chacun a sans doute une opinion à ce sujet ! Il serait intéressant que chacun donne la sienne.

Cela permettrait de toucher un plus large public, et de le fidéliser...

Le problème de la gratuité des musées est un grand enjeu de politique culturelle. Il n'est pas sûr que si les politiques ne s'y étaient pas intéressés, des villes comme Paris, Caen ou Dijon, par exemple, auraient institué cette gratuité dans leurs musées. On peut défendre une position classique, qui a été celle des fondateurs des grands musées dont l'objectif était d'assurer le plus large accès possible aux collections. Dans le même esprit, les bibliothèques publiques publiques sont gratuites ou presque, ce qui est le modèle le plus efficace du point de vue de la citoyenneté et de l'accès des citoyens à la culture. Il faut lever les barrières. Bien sûr, le prix d'entrée n'est pas le seul obstacle. Les personnes qui fréquentent les musées sont généralement celles qui ont un certain niveau d'éducation ou qui, dans leur enfance, ont eu la chance d'être éveillées à l'art. 

Mais le montant élevé de certains billets d'entrée, par exemple 13 Euros au musée du Louvre pour les collections permanentes et les expositions, n'arrange rien. La gratuité permettrait de toucher un plus large public, et surtout d'en fidéliser une partie. Aller une fois dans un musée est une simple démarche de consommation ; le fréquenter est une démarche culturelle. Pour prouver l'impact du prix d'entrée, il suffit de comparer la Tate Modern de Londres, gratuite, et le musée Gerorges Pompidou, payant : la première accueille plus de visiteurs, alors que sa collection n'est pas aussi étoffée et que Londres reçoit moins de touristes que Paris. Mais la Tate compense en partie son manque à gagner par des services commerciaux.

                                                                                                       Autoportait de Pablo Picasso en 1906, âgé de 25 ans


Par ailleurs, des actions de mécénat apportent une aide complémentaire. Néanmoins, il n'y a pas de miracle :
L'Etat devra compléter le financement des musées nationaux au titre de la mission de service public. En outre, il faudra faciliter l'approche des oeuvres aux visiteurs peu familiarisés avec l'histoire de l'art. On peut penser qu'il existe un besoin de culture dans la population et que le satisfaire en diminuant les obstacles constitue un vrai objectif politique. Malheureusement, la tendance actuelle va plutôt dans l'autre sens, avec une augmentation contante du pix des billets des musées et des expositions. Le problème est de savoir si la culture n'est pas trop chère.

 


Il faut bien que quelqu'un paie, notamment le contribuable...

L'idée de la gratuité dans les musées est belle, mais elle est loin d'être neuve et elles souléve des difficultés. Ce serait peut-être un facteur de démocratisation à la marge, sans rapport aves les effetss d'annoce médiatique auxquels les projets récents du Ministère de la Culture ont donné lieu. On peut craindre d'abord que cela nourisse une culture de la gratuité, qui fait déjà des ravages dans de nombreux domaines où l'on considère que tout ce qui est culturel doit être gratuit, en oubliant qu'en dernier ressort, il faut bien que quelqu'un paie, notamment les contribuables. On imagine que les gens vont compenser en reportant leurs dépenses sur les produits dérivés des musées. C'est loin d'être prouvé. Il faudra forcément un financement de substitution. On oublie aussi que la prmière conséquence de la gratuité sera l'effet d'aubaine : les visiteurs et les touristes qui étaient prêts à payer entreront désormais gratuitement.

D'une certaine façon, on arriverait à subventionner les touristes, ce qui est absurde, car en France, le tourisme est une ressource importante, c'est lui qui doit être source de retombées. Comme on le constate au Royaume-Uni, quand les collections permanentes sont gratuites, les prix des expositions temporaires augmentent : elles atteignent outre-Manche 10 à 12 livres ! Il ne faut pas non plus se leurrer sur l'augmentation de la fréquentation : la ville de Paris l'estimait à 80% en 2002, un an après la décision de gratuité dans les musées municipaux, mais sans pouvoir préciser s'il s'agissait d'une augmantation du nombre des visiteurs ou de celle du nombre des visites, les mêmes personnes revenant plusieurs fois.

Ce qui serait souhaitable, c'est de proposer des tarifications encore plus différenciées selon le profil des publics, assorties de réductions ciblées. La vraie démocratisation doit porter marginalement su les prix, principalement sur l'éducation et l'enseignement de l'art. Mais ça, c'est un travail de fond, pas une annonce médiatique.
                                                                                                           Matthieu Schmidt
par Moselle d'avenir publié dans : Société
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Vendredi 5 octobre 2007

Rupture, rupture et encore rupture. Mais quelle rupture ? Le vote hier de la loi Hortefeux sur l’immigration rappelle de manière précise la nature du pouvoir actuellement en place. Elle rappelle également que la majorité en place est celle qui en 2005 a été capable de voter cet amendement reconnaissant le « rôle positif de la colonisation », avant que cet amendement soit atténué puis retiré. Des effets de manche, des dérives front-nationalisantes qui étaient enore alors quelques peu contenues.

Aujourd’hui, et c'est là se situe la rupture, les verrous ont sauté. Ceux qui soutenaient l’amendement sur le rôle positif de la colonisation, parmi lesquels Thierry Mariani, ont gagné. Il existe à droite des députés (Etienne Pinte notamment), des sénateurs qui ont affiché leurs réticences avec ce texte mais n’ont pas pu ou n’ont pas voulu aller plus loin en votant finalement la nuit dernière une loi sur l’immigration contenant un amendement bancal, à l’application incompréhensible mais dont le principe reste le même : la vérification de la filiation par le recours à la génétique.