Ce qui est vital, c’est un financement durable des retraites et la garantie d’un niveau correct de pension pour les retraités. Les choix opérés en 1993, 2003 et 2007 n’ont pas réglé ces questions. Une politique de gauche des retraites consisterait à mener la réforme dans le cadre d’une négociation d’ensemble, au lieu d’opposer les salariés entre eux. Je ne peux que constaté le fait que beaucoup de temps a été perdu.
Pour l’anecdote. Sarkozy dans son élan social a mis dans son programme la proposition suivante : faire passer le taux de réversion des 54 à 60%, en direction des
veuves ayants peu ou pas travaillées. Qui s’en souvient aujourd’hui ? N’est-elle pas devenue lettre morte ?
Il est vrai que depuis 6 mois beaucoup de choses se sont passées :
Le mirage de
l’ouverture
La tactique dite « d’ouverture » complète la stratégie présidentielle. Ont été convaincues d’entrer au gouvernement - sans trop de mal, semble-t-il - des
personnalités anciennement classées à gauche. Il n’a pas été question - ce qui aurait constitué une vraie « ouverture » - de modifier le contenu de la
politique de la majorité afin de tenir compte de l’opposition. Non : il s’agit exactement du contraire. Il s’agit d’essayer de disqualifier la gauche en prétendant que la
politique de la droite recueille désormais l’assentiment général. Comment qualifier ces transfuges ? Car, au-delà de leur diversité, ils me semblent présenter deux caractéristiques
communes : être attirés par la lumière et être tatillon sur leurs convictions. Le PS a hésité sur l’attitude à adopter. Elle est pourtant simple. Dans les instances, commissions et procédures de la République, nous devons occuper toute notre place ; en revanche nous devons refuser toute participation directe ou indirecte à
l’exécutif. La démocratie, c’est d’abord la clarté.
La complaisance des médias envers le
Président
Tout est organisé pour favoriser cette stratégie. Aujourd’hui, l’expression du Président de la République dans les médias audiovisuels n’est pas
décomptée. Le gouvernement, la majorité, l’opposition, oui ; le Président, non ! Or le vrai chef de l’exécutif et de la majorité, plus encore que dans le passé, c’est lui. Il serait
donc normal, comme cela a été demandé, que son temps d’intervention audiovisuelle et celui de ses collaborateurs soient désormais comptabilisés, et que soit accordé un temps équivalent à la
majorité et à l’opposition. Un texte devrait le prévoir. Afin d’en assurer le respect, les radios et les télévisions doivent comporter dans leur programme un
équilibre entre trois temps d’intervention et assurer des conditions de programmation comparables : celui du Président de la République, de ses collaborateurs et des membres du gouvernement,
celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire, celui des personnalités de l’opposition ». Je souhaite qu’un article de ce type sur la démocratie médiatique
soit inscrit dans la Constitution. Cet aspect est devenu plus décisif pour l’équilibre des pouvoirs.
Quand le paquet fiscal est devenu
le boulet fiscal
Pour trouver l’argent jeté par les fenêtres, en direction des plus riches : Que fera t-il ? Premièrement, pour réduire le plus
possible les interventions et services publics, puisque c’est son obsession idéologique, il évoque la montée de l’individualisme : comme si le recours au collectif
était contradictoire avec la satisfaction des individus ! Sarko tentera de diviser les fonctionnaires, en leur promettant une ristourne si les postes de leurs collègues sont supprimés,
si il parvient à ses fins. Il y aura bien au bout du compte moins de fonctionnaires et pas mieux payés. Les Français en général pourront
"gagner plus s’ils travaillent plus" ? Non, il faudra travailler plus sans gagner plus ; souvent même, on devra travailler plus et plus longtemps, pour finir par gagner moins, en
salaire, en retraite et, une fois toutes les ponctions opérées, en pouvoir d’achat. Le SMIC sera remis en cause, le contrat de travail aussi puisque, dans cette conception, l’avancée économique
ne peut exister que par le recul du social. Quant à l’Europe, elle sera à la fois courtisée et accusée de tous les maux pour excuser les échecs gouvernementaux.
La myopie
sarkozienne
La France possède des atouts : notre productivité, notre démographie, notre qualité de main d’œuvre, nos services publics, notre géographie, mais notre pays a
besoin de réformes profondes, justes, concertées. Nous avons besoin de renforcer l’offre des entreprises, en particulier les PME, sans amputer le pouvoir d’achat. D’où l’absurdité injuste de mesures telles que la taxation médicale, les hausses de prix tous azimuts, l’augmentation de la TVA! Et divers reculs sociaux intervenus ou
programmés, contre lesquels il va falloir mobiliser. Nous avons besoin de rassembler le pays dans un effort de dynamisation, de réforme et de justice, plutôt que
d’opposer les catégories entre elles : jeunes contre vieux, centre villes contre quartiers, travailleurs contre chômeurs, nationaux contre étrangers, salariés du public contre secteur privé.
Nous avons besoin d’une politique de résultats plutôt que d’une politique de médias. Le bombardement médiatique est si puissant et le tournoiement des thèmes si rapide que, malgré
le courage de beaucoup de journalistes, les médias et l’opinion ont réduits au rôle de suiveurs. Le but est d’éviter à tout prix le temps de l’analyse critique des faits.

Quelques une de nos
actions depuis la victoire de la droite
- Nous avons combattu avec force et détermination les scandaleux tests ADN, contraires à notre droit de la bioéthique, contraires à notre approche de la famille et à mon sens contraires aux principes de la Constitution. Bien évidemment ce pouvoir n’oublie pas ce qu’il doit aux voix d’extrême droite ;
- En parti responsable, nous avons choisi de soutenir l’adoption du traité de Lisbonne ;
- Nous avons débusqué la volonté gouvernementale de financer les déficits volontairement créés par la droite, par l’augmentation de la TVA ;
- Enfin, nous participons activement aux débats parlementaires : amendements, commissions…
Matthieu Schmidt
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L’Union s’est construite selon un objectif qui vise à l’accès au marché par le démantèlement des obstacles à la
concurrence. Elle met en concurrence et dépossède les États nationaux de leurs prérogatives alors que les sanctions politiques continuent à s’exercer sur ces États et, parallèlement, aucune
régulation n’est mise en place à l’échelle européenne. C’est pourquoi, surtout dans le contexte actuel, les politiques communes prennent la forme d’un gouvernement « par les
règles » présenté comme procédural mais qui, dans la réalité, laisse peu de place aux choix démocratiques.