Dimanche 6 juillet 2008

La récente polémique opposant Ségolène Royal à l’UMP mais aussi à une partie du PS au sujet de la libération d’Ingrid Betancourt et du rôle joué par Nicolas Sarkozy me paraît constituer un cas d’école des dysfonctionnements actuels du PS. Bien entendu, contrairement à d’autres camarades, je postule que Ségolène Royal n’est pas (du tout) « le » problème du PS et que toute la discussion ne consiste donc pas à dire que l’ancienne candidate à la présidentielle est seule fautive de la polémique qu’ont suscité ses propos. Il ne s’agira pas non plus de juger de l’impact politique – positif ou négatif – des déclarations de Ségolène Royal sur sa personnne dans sa course vers le Congrès du Reims mais simplement de se demander quelles sont les vérités qui éclatent – au sein du PS – à l’occasion de cette polémique.

 

Quelle type d'opposition : le PS n'est pas les FARC : mais doit-on pour autant abandonner son esprit critique dans le maquis ?

 

De la gauche pétitionnaire à la droite ultra-catholique, tout le monde devrait avoir lieu de se réjouir de la libération d’Ingrid Betancourt. Réjouissons-en nous effectivement pour elle d’abord, pour sa famille ensuite. Ensuite, doit-on rester béats, ne pas se demander si l’on n’en a pas « trop fait », si nous n’avons pas contribué à faire monter le « prix » des autres otages quand on voit le sort que l’on a réservé à l’une d’entre-eux ? Ne doit-on pas se poser la question de la réussite de la stratégie colombienne au détriment de la voie française ? De l’implication des Etats-Unis, d’Israël ? Ne pourrait-on pas s’interroger sur une cause peut-être plus people que réellement populaire ? En d’autres termes, existe-t-il une injonction (biblique ?) à être heureux et… simple d’esprit ?


Le mythe de l'union nationale


Même en Sarkozye, les mots ont un sens et nous ne sommes pas en situation de guerre. Il n’est donc pas question d’ « union nationale » sur une question pareille ou alors faudrait-il la déclencher à tout bout de champ et remettre en cause la nécessaire pluralité démocratique tous les jours. Dans ce cas, doit-on considérer que Ségolène Royal a brisé l’ « union nationale » ou qu’elle a simplement joué le rôle de l’opposition, à savoir rappeler les faits et enjoindre le pouvoir actuel à ne pas récupérer l’événement ? Est-ce « triste et consternant » comme l’a dit le (pourtant habituellement bien mieux inspiré) député Philippe Martin de rappeler ces faits, de contourner la machine de guerre médiatique élyséenne qui de l’invraisemblable culottée Rama Yade à l’éternel sondage Le Figaro/LCI/Opinionway s’était enclenchée ? On aurait pu croire, au vu des premières déclarations et de la relative retenue présidentielle, que la récupération n’allait pour une fois pas avoir lieu. C’était sans compter dès le lendemain matin les déclarations tonitruantes et le concert de klaxons tout au long du week-end.



Les socialistes qui ont vertement critiqué les propos de Ségolène Royal se sont donc engouffrés, même si l’événement a un caractère particulier, dans l’un de leurs principaux travers depuis quelques mois : le mythe de l’union nationale. Plusieurs camarades sont souvent tentés par cette illusion sarkozyste née de la fausse ouverture. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que l’un des principaux critiques de S. Royal soit Jack Lang qui n’a plus rien à prouver en termes de déclarations dissonantes (avec son camp) et de sarkolâtrie parfois avérée. Non seulement l’union nationale n’a pas à exister pour ce genre d’événements mais cela met en outre complètement à mal l’un des rôles fondamentaux d’une opposition politique en démocratie : son caractère cathartique.

 

Le PS n’a bien sûr pas à s’opposer par principe à toute action de Sarkozy (il est d’ailleurs savoureux d’entendre un fabiusien, Philippe Martin, nous expliquer la nécessité de pas faire d’ « opposition frontale »), il doit néanmoins non seulement s’exprimer mais aussi démonter scrupuleusement les plans de communication du pouvoir. En l’occurrence, c’est exactement ce que Ségolène Royal a fait, en guise de prévention, dans la mesure où sur le fond, ses propos ne sont pas condamnables, si ce n’est à dire que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, dont les propos sont exactement les mêmes que ceux de Ségolène Royal, est un anti-sarkozyste acharné.

 

Si la stratégie sarkozyste ne fonctionne pas en Colombie, elle se déroule parfaitement au PS!

 

Au cours des derniers jours, les principaux « ténors » de l’UMP ont rivalisé de grossièretés voire d’insultes en tout genre pour attaquer Ségolène Royal. « Petite fille dans une cour d’école » (Fillon : aurait-il pu ajouter : « qui distribue des caramels mous ? »), « enfant qui vient gâcher la fête » (de la part de Rama Yade – sic) ; « femme à l’humanité d’un bigorneau » (Estrosi)… Ni Philippe Martin ni Jack Lang n’ont jugé utile, dans les communiqués de presse qu’ils ont fait paraître instamment, de condamner la teneur des propos tenus par ces personnalités de droite à l’encontre de leur camarade de parti. S’ils avaient le droit de ne pas être d’accord avec son affirmation, ils avaient le devoir de le faire d’une autre manière, sans des qualificatifs aussi grossiers (« consternant » ou « faute morale ») et surtout en prenant la peine de regretter les insultes proférées. A ce titre, il faut toutefois remercier Christophe Caresche, Julien Dray et Pierre Moscovici d’avoir chacun de leur côté, malgré des engagements différents pour le Congrès, dénoncé les propos tenus par la droite.

Trop occupé à la guérilla interne, le PS a-t-il rendu les armes face à la droite ?

Alors que la droite donnait un spectacle, à certains égards pathétiques certes, d’union totale autour de la figure présidentielle et de sa défense, la gauche donnait une fois de plus l’image d’un parti disloqué, où toute forme de camaraderie, de protection mutuelle face aux attaques du camp d’en face étaient bannies en échange de petits calculs politiciens. Cette absence d’union au sein du PS est pourtant l’un des principaux reproches constamment (et à juste titre) adressé aussi bien par les militants que par les citoyens de manière générale aux cadres du Parti. Cela ne les empêche pas de continuer et de s’enfoncer dans cette voie sans issue.

Au-delà du fait de savoir si la déclaration de Ségolène Royal était opportune ou non, nécessaire ou non, cette histoire illustre précisément ce que le PS était pendant une partie de  la campagne présidentielle et continue à être aujourd’hui, en raison de petits calculs boutiquiers et de l’esprit clanique qui y règnent : un magnifique chèque en blanc à la droite, pourtant l’une des pires que la France ait eu à connaître.

Cela démontre malheureusement que le leçons de la présidentielle et notamment l'absence de solidarité au sein du Parti n'ont toujours pas été tirées mais aussi que Ségolène Royal reste l'opposante numéro 1 et sans doute celle qui en en ayant vécue les conséquences néfastes, sera sans doute la plus capable à y remédier.



Par Moselle d'avenir - Publié dans : Point de vue
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Dimanche 29 juin 2008
Comme nous vous le disions dans notre article précédent, le comité Moselle d'avenir était très bien représenté lors de la présentation de la contribution dont la première signataire est Ségolène Royal, intitulée "Combattre et proposer". Cette présentation a eu lieu dans une réelle ferveur populaire, rassemblant l'ensemble des militants socialistes (plus de 1500 personnes, largement au-dessus des capacités de la salle de la Maison de la chimie) venus des quatre coins de France et de l'étranger.

Après plusieurs interventions remarquables et remarquées de Delphine Batho, Aurélie Filippetti, Najat Vallaud-Belkacem, Vincent Peillon, notre président Jean-Pierre Mignard, Guillaume Garot, Thomas Piketty (économiste), Bertrand Monthlubert (collectif Sauvons la recherche) ou encore Ariane Mouchkine, Ségolène Royal a évoqué les sept principales orientations de la contribution rédigée à 3000 mains, notamment avec les contributions du Congrès utile et serein à laquelle notre comité a participé.

Les sept principaux axes sont les suivants :

1 - Combattre la mainmise du clan Sarkozy sur la France

2- Le socialisme, une force neuve dans le siècle

3- Mettre l’économie au service de l’humain

4- Bâtir un Etat préventif qui attaque les inégalités à la racine

5- Repenser sans tabou la sécurité sociale pour la sauver

6- Reconnaître la France métissée comme une chance

7- Oser enfin la démocratie


Nous vous invitons à la lire (ici) et à
la signer, et à la faire signer en masse pour que
le socialisme change enfin


Nous sommes déjà fiers que la Moselle soit particulièrement bien représentée puisque Jean-Pierre Masseret, Président du Conseil régional de Lorraine ; Jean-Marc Todeschini, sénateur de la Moselle; Gisèle Printz, sénatrice de la Moselle; Michel Liebgott, Député-maire de Fameck et Aurélie Filippetti, députée de la Moselle l'ont signée !

Le comité Moselle d'avenir
Par Moselle d'avenir - Publié dans : Vie du comité local
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Jeudi 19 juin 2008


Le comité Moselle d'avenir vous invite à venir participer nombreux à la présentation de la contribution pour un Congrès utile et serein avec Ségolène Royal et l'ensemble de son équipe le samedi 28 juin à partir de 10h à la Maison de la Chimie (Paris 7ème). Cela nous donnera l'occasion de nous retrouver dans l'après-midi, dans un cadre différent que notre cher département.

Des solutions d'hébergement pourront être trouvées, contactez-nous :
dda57@orange.fr

En espérant vous retrouver nombreux pour ce grand jour de l'histoire du PS !

Les membres du comité Moselle d'avenir

Par Moselle d'avenir - Publié dans : Vie du comité local
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Mercredi 18 juin 2008

En matière d’affaires internationales, deux éléments peuvent permettre de juger de la pertinence de la politique qui est poursuivie. Tout d’abord, il s’agit de savoir si la politique menée se base sur une « philosophie » cohérente qui permet de donner du sens et de rendre lisibles l'ensemble des actions entreprises. Il s’agit ensuite de juger cette politique à l’aune de son efficacité, de sa capacité « performatrice » à passer des paroles aux actes. Appliquons ainsi cette méthode, relativement simple et qui ne remet pas en cause les postulats qui fondent son action, du gouvernement actuel.

Soyons diplomates : c'est un bordel monstre !


Commençons par la lisibilité. Ne revenons même plus sur les propos tenus pendant la campagne présidentielle, tellement le fossé entre la vision qui y a été entretenue et celle qui s’est déployée depuis l’arrivée au pouvoir est immense. De toutes façons, cette vision, héritée des pires préceptes néo-conservateurs (que l’on retrouve chez certaines penseurs de « gauche » également), qui consistent à ériger les droits de l’homme en nouvelle religion, procède d’une vision impérialiste et occidentalo-centrée des relations internationales qu’aucun socialiste internationaliste ne pouvait partager. Ségolène Royal s’est d’ailleurs et à juste titre, bien garder de surenchérir dans ce domaine.


Ladite Realpolitik, en tant que capacité à réifier les relations internationales et à ne pas en faire une matière éthérée n’est pas à rejeter, bien au contraire. Cependant, la Realpolitik ne doit pas être une doctrine. Elle se déploie d’elle-même, à plus forte raison dans la mesure où la mondialisation l’a profondément renforcée. Le problème fondamental de la politique internationale actuellement poursuivie, c’est qu’elle est un mélange entre un amateurisme consternant et une tentative permanente de justification d’elle-même par le prétendu rattachement au réel face aux « vierges effarouchées » droits de l’hommistes, dont Sarkozy se réclamait pourtant quand il était candidat. Mais qui est aujourd’hui capable d’analyser précisément ce qui a été fait par le pouvoir actuel dans le domaine des affaires étrangères ?

 

-       Concernant l’Afrique ? Qui faut-il croire entre Bockel, Guerbi, Joyandet, Kouchner et autres quand certains vous expliquent qu’il faut en finir avec la Françafrique, d’autres que l’amitié avec le Gabon (et Omar Bongo) est indéféctible, d’autres encore qu’ « il n’y aura plus d’intervention militaire au Tchad » alors que Idriss Déby ne survit que grâce à la présence « européenne » en réalité aux trois quarts française ?

-         Concernant la relation avec les Etats-Unis ? D’aucun, y compris au PS, souhaite voir en Sarkozy un « atlantiste intégral ». Comme dans beaucoup de domaines, l’atlantisme sarkozyen tient en peu de choses, de haute volée évidemment. Il aime effectivement à répéter que puisque « ses enfants (sic) écoutent de la musique américaine, regardent des séries américaines et mangent américain », il ne voit pas pourquoi nous ne rapprocherions pas des Américains. Sarkozy est en revanche entouré d’atlantistes convaincus, dont Jean-David Levitte est le principal porte-parole. Mais même son atlantisme n’est pas lisible, compréhensible. Sa démonstration de ce week-end avec Bush, se plaisant à échanger ses « convergences » avec le pire chef d’Etat que les Etats-Unis aient porté témoigne simplement de sa fascination pour un modèle américain fantasmé, voire de sa volonté de "provoquer" délibérèment, qui finalement n'a même rien à voir avec la Realpolitik.

-   Concernant le Liban et la situation au Proche-Orient ? Sarkozy a pu tenir des propos excessivement pro-israëliens, mais il a pu aussi dire tout et son contraire aussi bien sur le Liban que la Syrie. Pendant la campagne électorale, lorsque Ségolène Royal a rencontré un leader du Hezbollah, il n’a pas hésité à parler de « ne pas vouloir serrer, pour sa part, la main de Hitler ». Lors de son dernier déplacement, il a pourtant rencontré un leader équivalent sans que cela ne l’ait vraisemblablement gêné. Ne parlons pas de son évolution de vue sur la Syrie, souhaitant dans un premier temps « casser » la jurisprudence chiraquienne sur ce sujet (surtout marquée par la fidélité à la famille Hariri du précédent chef de l’Etat) puis revenant totalement en arrière avant de céder aux sirènes à nouveau de la prétendue « Realpolitik » en invitant le Président Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet.


Le pire dans cette politique, c’est qu’elle se croit «forte », capable de réinstaller la France sur le devant de la scène internationale alors qu’elle n’est qu’un moyen d’accélérer la liquidation de la place de la France dans le concert des nations. 

La culture du résultat étrangère à notre politique étrangère

Cela fait maintenant plus d’un an que cette politique a été mise en place. Les premiers « résultats » sont donc présents. Puisque Sarkozy et son gouvernement ne cessent de répéter qu’ils ne souhaitent qu’être jugés par la mesure de leur efficacité, allons-y. Le bilan est accablant :

-         La réception absolument délirante de Kadhafi en France a-t-elle eu le moindre succès ?

o     Comme l’avait révélé Libération, les prétendus « grands contrats » signés (10 Mds avaient été évoqués) n’étaient en réalité (en dehors de 300 M€ fermes) pour la plupart des bouts de papier, ou des contrats déjà signés (Airbus pour 2 Mds €) ;

o       Surtout, au-delà de la diplomatie économique, qui reste néanmoins nécessaire, l’inefficacité diplomatique générale de cette initiative est dramatique. Le Guide lybien a effectivement tenu des propos extrêmement durs il y a quelques jours à l’encontre de l’Union méditerranéenne, alors que ce déplacement en France était avant tout fait pour lui faire accepter le principe d’une adhésion de la Libye à cette initiative présidentielle. On peut même légitimement se demander si Kadhafi aurait tenu des propos aussi durs s’il n’y avait pas eu cet accueil fastueux en France. Notre pays est effectivement apparu faible, quasiment quémandeur en accordant tant d’entregent pour accueillir une personnalité, qui malgré les réelles avancées qu’elle a pu effectivement réaliser ces dernières années, reste un personnage responsable de plusieurs attentats meurtriers et incapable de créer un Etat de droit ;

 

-      Concernant l’Afrique, quel est le poids repris par la France sinon celui du discrédit total, tellement les annonces ont pu être contradictoires, du discours honteux de Dakar à la remise en cause de la Francafrique et des accords militaires bilatéraux avant de revenir serrer la main de Bongo et d'aider Déby ?

-   Reprenons enfin le lamentable spectacle infligé par la gestion du dossier tibétain. Il était quasiment impossible, et cela le reste aujourd’hui, pour toute personne sensée, de tenter de discerner la position officielle française. Il semble pourtant qu’une voie plus que médiane pouvait être trouvée entre les éructations de Mélenchon et la bisounourserie des amateurs inconditionnels du dalaï-lama. Sarkozy a été totalement incapable de la définir et en définitive, alors que d’autres pays (Allemagne, Grande-Bretagne notamment) ont pris une position claire, franche et relativement dure, on a eu le pire : une absence de vision et de message à délivrer et dans le même temps une incompréhension de la part des Chinois qui ont lancé des boycotts de produits français qui ont réellement menacé certaines de nos positions. A montrer ses faiblesses, on encourage les autres à s’en saisir.  

 

Dans tous ces dossiers, la France s’est en général totalement décridibilisée. Sarkozy se plaint du « traitement » que lui réserverait la presse française. Il ferait bien de lire la presse étrangère et de se rendre compte à quel point la moindre de ses paroles, le plus petit engagement qu’il prend sont désormais (mais l’ont-ils seulement été ?) totalement dépourvus de portée.

Sous couvert de prétendu « efficacité » la politique internationale menée est un concentré de l’inefficacité, de l’impréparation et de la désinvolture sarkozyste. Nous ne devons pas chercher à plaquer trop vite de modèles sur la façon dont Sarkozy et son gouvernement mènent leur politique internationale. Cela complexifie d’ailleurs la façon de s’y attaquer mais démontrent une fois de plus, du chemin que nous aurons à parcourir pour remédier aux profonds dégâts que ce quinquennat continue d'infliger à la simple crédibilité de la France.

John_G
Par Moselle d'avenir - Publié dans : Ségolène Royal à l'international
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Lundi 9 juin 2008

A quelques heures de l’issue du référendum portant sur le traité modificatif européen (TME) en Irlande et quelque soit le résultat, une question se pose : comment la victoire du « non » est-elle devenue fortement envisageable ?

 

Alors il serait assez commode, comme l’a fait beaucoup trop rapidement Daniel Cohn-Bendit, de mettre cela sur le compte du développement de l’ « égoïsme » de l’ensemble des sociétés européennes et de remettre en cause, comme lui, le principe même du référendum. En réalité, la possibilité que le « non » puisse l’emporter en Irlande devrait interroger particulièrement l’Union Européenne pour deux raisons essentielles :

-         l’Irlande est l’un des pays auxquels l’intégration au sein de l’UE a semblé profiter pleinement ;

-     sur 5 référendums organisés portant sur un texte de réforme des institutions, trois pays (France, Pays-Bas et potentiellement Irlande) l’ont rejeté.


L’Irlande : communautariser les « pertes », individualiser les profits : le règne de l’indépendantisme économique et social en Europe

 

Les poncifs journalistiques consistent à rappeler que les Irlandais seraient terriblement égoïstes en rejetant le TME dans la mesure où ils ont profité pleinement de leur nouveau statut d’Etat membre. L’Irlande a adhéré à l’UE en 1973, au même moment que le Royaume-Uni. Compte tenu de la pauvreté relative du pays (le revenu par habitant dans le pays représentait au moment de l’intégration, 66% du revenu moyen européen), il a bénéficié d’importantes subventions émanant du FEDER qui ont représenté, chaque année près de 2% du PIB irlandais, près de 30 Mds € cumulés entre 1973 et 1999. Et cela ne tient pas compte des transferts dont a également bénéficié l’Irlande au titre de la PAC (principale bénéficiaire, en proportion, avec la France). De ce point de vue, l’Irlande a indiscutablement profité de son insertion dans le processus européen. Et l’ensemble de ces aides ont incontestablement permis à l’Irlande de se doter d’infrastructures modernes (transports, éducation…) et de faire évoluer les fondamentaux de son économie, notamment en la tertiarisant.

 

Sans cela, il est impossible, malgré tous les fantasmes des néo-libéraux sur le « miracle irlandais » que ce pays ne s’en soit jamais sorti, de même (à plus forte raison d’ailleurs) que la Grèce ou le Portugal. Mais il est vrai aussi que l’Irlande a utilisé un levier pour se créer un avantage comparatif dans la compétition intra-européenne : le dumping fiscal et social. Autrement dit, l’Irlande a utilisé délibérément une attitude de passager clandestin dans un environnement très peu contraint (aucune harmonisation fiscale). Même si cette tactique constitue en grande partie un leurre (la décision d’investissement étant multi-factorielle), l’Irlande a choisi d’opter pour cette voie d’une pression fiscale nominale relativement faible sur les salaires notamment, mais aussi sur le capital. Et ceci, au-delà des conséquences discutables sur l’attractivité économique, n’a pas été sans conséquences politiques et sociales.

 

Le choix du gouvernement irlandais, a été très différent de celui poursuivi par le gouvernement espagnol notamment (en dehors de celui de Aznar). La mise en œuvre d’un dumping fiscal et social a correspondu à une augmentation très forte des inégalités et à une dégradation constante du niveau des services publics, les subventions européennes peinant à compenser l’abaissement des ressources fiscales. Face à la grogne populaire, le gouvernement a même été contraint de relancer au début de l’année 2008 un vaste programme de relance des infrastructures, sans pouvoir toutefois les budgéter. Même l’OCDE appelle d’ailleurs aujourd’hui l’Irlande à une remontée de la pression fiscale, notamment dans le secteur immobilier, afin de stopper les effets d’aubaine qui pèsent en outre sur la croissance. Ajoutons à cela que la baisse des charges fiscales et sociales n’a étrangement eu aucun effet sur la productivité, bien au contraire, puisque celle-ci est particulièrement faible et constitue désormais un handicap de l’économie irlandaise. Par ailleurs, le coût de la vie a fortement augmenté, l’inflation devant se situer à près de 5% en 2008.

 

Surtout, avec cette vision de l’Europe que l’on a mise en place en Irlande, celle qui consiste à se construire sur le dos de ses voisins tout en bénéficiant d’une manne financière sans quoi rien n’aurait été possible, comment imaginer que les Irlandais puissent aujourd’hui croire au projet européen ? Ceci d’autant plus qu’on leur propose un texte illisible, tellement complexe qu’il en devient suspect. Les Irlandais, comme les Français et les Néerlandais hier, ne sont pas a priori hostiles à un projet politique européen de solidarité entre ses membres, qui passe principalement par la solidarité budgétaire et financière, on leur a tout simplement laisser la possibilité de faire exactement le contraire. Assurément pourtant, rien dans le TME ne les empêchera de continuer à mettre en œuvre leur politique de dumping fiscal. C’est donc bien un message que les Irlandais nous adressent : qu’est-ce que l’Union Européenne aujourd’hui ?

 

La vie « européenne » n’est-elle pas actuellement trop un fleuve tranquillement néo-libéral ?

 

La symétrie entre les situations française et irlandaise n’est évidemment pas totale. 90% de la classe politique irlandaise est favorable à la ratification du TME, quand la classe politique française était plus divisée. Ceci étant, comme en France, la totalité de l’appareil médiatique promeut également un « oui » franc et massif et surtout a tendance à faire peser sur les nonistes tous les maux de la Terre : « racistes », « passéistes », « nationalistes », « fascistes »… Les arguments pour le « oui » sont souvent péremptoires et ne souffrent pas la discussion, tellement ils sont prétendument dépositaires d’une modernité et d’une clairvoyance qui se valent en elles-mêmes. En cela, on retrouve certains aspects caricaturaux de ceux que l’on a appelé les « oui-ouïstes » (qui ne représentaient pas, fort heureusement, la majorité des personnes favorables au TME) lors du débat constitutionnel en France et qui sont en grande partie, par leurs arguments débilitants, responsables de la large victoire du non.

 

On voit même naître, y compris chez D. Cohn-Bendit, la volonté pure et simple de contourner le référendum en expliquant, à mots à peine voilés, que ces décisions de grande personne ne doivent pas être prises par des ignares. Cette incapacité à l’auto-critique est assez terrible. Personne ne se pose par exemple la question de savoir pourquoi le traité de Maastricht, qui n’était pas un simple ajustement institutionnel mais l’abandon de l’une des principales marques de la souveraineté, autrement dit la monnaie nationale, a été avalisé par l’ensemble des peuples européens. Les conditions politiques, en France en particulier (« fin de règne » mitterrandien) étaient pourtant loin d’être favorables. Aujourd’hui, les mêmes peuples européens n’y croient plus. Pourquoi ?

 

La Commission Barroso en est actuellement l’exemple archétypal : la démission politique de l’UE est quasiment totale. L’arrogance dans les propos est la règle d’or. Au sein d’une Europe profondément droitisée à sa tête « fédérale » comme dans les gouvernements nationaux, le culte du laisser-faire et du laisser-aller est la règle absolue, à contre-courant de l’histoire. Les Irlandais, dont le « modèle » semble pourtant constituer le parangon de ce prétendu néo-libéralisme à la sauce européenne, se détournent de cette Europe-là. Le vote irlandais ce dimanche, quel qu’il soit, pourrait-il permettre aux théoriciens de l’ « Europe tranquille » de prendre enfin conscience du malaise persistant au sein des populations européennes face au simulacre de projet qu’on leur propose ?


John_G
Par Moselle d'avenir - Publié dans : Europe
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Samedi 26 avril 2008

Bonjour à toutes et à tous,
après un long silence, c'est avec de belles victoires et un paquet de boulot sur la planche que le Comité s'apprête à repartir de plus belle.




Le point sur Moselle d'avenir

Cela fait un certain temps aujourd'hui que le Comité Moselle d'avenir ne s'est pas réuni, cela est vrai. Il faut dire que nos campagnes électorales respectives, dans lesquelles chacun à pu s'impliquer à sa mesure, ainsi que la mise en place des différentes équipes municipales, nous a tous beaucoup occupé. A ce propos, le Comité Moselle d'avenir salue non seulement la grande victoire que ces élections ont été pour la Gauche, mais surtout pour les citoyens de ces communes, à Forbach, Metz et Thionville. Les trois plus grandes villes de Moselle sont aujourd'hui dirigées par des municipalités de gauche.  Metz et Thionville, respectivement deuxième et troisième ville de Lorraine après Nancy, permettront sans aucun doute d'améliorer la coopération avec le Conseil Régional de Lorraine mais aussi, pour la Lorraine nord, de mieux coordonner les efforts entrepris pour gérer toute une série de problématiques communes (reconversition industrielle, transports, fait transfrontalier). Nous saluons tout particulièrement les membres de notre Comité qui sont aujourd'hui élus à Clouange et à Thionville. Nous leur souhaitons un bon travail au service de leurs administrés. Nous comptons également sur leurs nouvelles responsabilités pour enrichir notre réflexion et nos travaux.
 


Ce qui nous attend aujourd'hui

Forts de ces victoires qui récompensent un travail régulier, de terrain, de bons candidats et des programmes bien ficelés, nous entamons un nouveau chemin qui nous conduira, toujours dans un esprit de sérieux et de proximité avec les Français que nous cotoyons, vers le Congrès Socialiste de l'automne. Pour ce faire, le Comité Moselle d'avenir entend se réunir régulièrement dans les prochaines semaines. Il entend également entamer une série de débats portant essentiellement sur trois axes :

- le rôle et l'organisation de l'association Désirs d'avenir au niveau national. Au niveau local, la question de la fédération des différents comités mosellans semble aujourd'hui une hypothèse envisageable ;

-  le débat participatif pour un Congrès utile et serein en liaison avec le nouveau site de démocratie participative 
http://congresutileetserein.com ;

- les débats d'actualité de cette fin d'année parlementaire avec notamment le débat sur la réforme des institutions, la préparation de la présidence française de l'Union début Juillet et enfin le vote de la loi-cadre du Grenelle de l'environnement.



Vous l'aurez compris, le Comité Moselle d'avenir continue le travail entrepris depuis sa création. Un travail qui se fait toujours dans la convivialité, ouvert à toutes et à tous, quelles que soient vos idées. N'hésitez pas à nous rejoindre via notre courriel dda@wanadoo.fr sur ce blog virtuels ou dans nos débats en réel. Une victoire, et ça repart !
 



A très bientôt !

                                                                                                                                     

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Mardi 11 mars 2008

undefined Le comité Moselle d'avenir a été l'un des premiers à le proposer et la chose impossible s'est réalisée : Ségolène Royal sera à Thionville mercredi pour soutenir nos excellents candidats, Bertrand Mertz (tête de liste "Thionville pour tous" et candidat aux cantonales sur le canton de Thionville-Ouest) ainsi qu'Isabelle Rauch (candidate aux cantonales sur le canton de Thionville-Est) !

Soyons nombreux à accueillir Ségolène Royal et à soutenir nos candidats pour qu'enfin, ça change fort à Thionville !



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Mercredi 27 février 2008
Par Moselle d'avenir
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Mercredi 27 février 2008
Par Moselle d'avenir
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Mercredi 27 février 2008
Par Moselle d'avenir
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Présentation

  • : Désirs d'avenir Moselle
  • : Environnement Ecologie Europe Démocratie Parti Socialiste Politique
  • : Blog participatif des comités Désirs d'avenir de Moselle. Les articles transmettent toute l'information sur les activités de l'association Désirs d'avenir et de Ségolène Royal au niveau national et local ainsi que les différentes prises de position de ses membres. Si vous avez des questions ou si vous avez le désir de nous rejoindre, c'est ici qu'il faut cliquer :-) maximeer_98@hotmail.com
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