Ainsi Pierre Bertinotti déclare le 22 décembre dans le Républicain Lorrain, toute honte bue,
n'avoir "aucun problème de conscience" avec le fait d'intégrer la liste de Jean-Marie Rausch. Bien évidemment, tout le monde aura rapidement compris que tous les "arguments"
avancés par Pierre Bertinotti pour justifier ce qui n'est qu'un ralliement issu d'une frustration (le fait de ne pas avoir été désigné par le PS) et d'un égo démesuré ne sont que des
cache-sexes.
Mais les traîtres, ça ose tout, c'est même à cela qu'on les reconnait. Il n'hésite donc pas à avancer les arguments les plus incroyablesqui pour toute personne ayant suivi
la vie politique messine depuis quelques années.
1. "J'aurais souhaité le renouvellement...", voilà pourquoi je me rallie à un Maire qui se présente pour la septième fois !
M. Bertinotti prétend incarner le changement, le "renouvellement" comme il dit. Voilà pourquoi, en toute logique, il rejoint Jean-Marie Rausch, 78 ans, maire depuis 1971, soit un record
quasi inégalé en France. Un maire contesté dans sa propre famille politique (trois de ses principaux adjoints l'ont déjà quitté pour mener des listes propres : Zimmerman avec Jacquat
d'un côté, Griesbeck de l'autre), un maire autoritaire, contre lequel Pierre Bertinotti n'avait pas de mots assez durs lorqu'il siégait, il y
encore quelques touts petits mois, dans l'opposition municipale (et mandat sur lequel il a été élu).
2. Bertinotti n'est pas le "Besson mosellan", il est bien pire que Besson
Au moins M. Besson n'avait pas souhaité se présenter lui-même à la présidentielle contre Sarkozy avant de le rallier. Pierre Bertinotti de son côté
n'hésite pas à expliquer qu'il aurait fait un très bon candidat de la gauche contre Rausch tout en expliquant qu'il vaut mieux le rallier maintenant. En d'autres termes, si Bertinotti
avait obtenu l'investiture des socialistes, il aurait de toute façon proposé une liste d'union avec Rausch. Les militants socialistes ont été, une fois de plus, particulièrement
clairvoyants !
3."Je reste socialiste" (et fabiusien ?)... tout en devenant officiellement "sarkozyste de gauche"
Bertinotti n'a aucune pudeur à expliquer qu'il restera de gauche, que ses convictions restent de gauche alors que pour être à tout prix élu (son seul petit but dans la
vie), il annonce qu'il va bientôt adhérer à "Gauche moderne", le gropuscule de quelques centaines d'errants du social-libéralisme à la Bockel contre lesquels Bertinotti ne devait certainement pas
avoir de mots assez durs lors des congrès du PS. Pas de problèmes, en "restant de gauche", Bertinotti adhère donc à un mouvement allié à l'UMP, dont le "chef" est membre du gouvernement
actuel, qui est pour la ratification parlementaire du traité européen, pour les 15 milliards de cadeaux fiscaux, pour les franchises médicales... Bref, comme le dit si bien Pierre
Bertinotti, "il n'y aura pas une seule parole qui sera prononcée (...) qui n'aura pas été dite lorsque j'étais au PS". Appel solennel à nos camarades de Metz : Pierre Bertinotti a-t-il
dit cela lors des réunions de section de Metz-4, a-t-il vanté les mérites du gouvernement en place ? Sachez qu'en tout cas, il pense l'avoir dit.
Au final, on pourrait se dire qu'un comportement tellement médiocre ne mériterait que l'indifférence voire le mépris. Pourtant, il s'agit aussi de moralité publique. Certains militants
socialistes de bonne foi ont pu croire en Pierre Bertinotti lorsqu'il s'est présenté à leurs suffrage. En réalité, tout devait avoir été arrangé à l'avance avec son ex-futur ami Rausch.
Le 9 et le 16 mars prochain, chacun aura en tout état de cause compris que le seul à porter le renouvellement et les valeurs de gauche est bel et bien Dominique Gros ! Bonne chance à lui et à toute son équipe, pour Metz et pour une démocratie saine !
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« Tiendra-t-elle? » titre
L ‘Express en pleine campagne avec affiches immenses dans toutes les gares, sur lesquelles je reconnais à peine ma tête tellement j’ai l’air au fond du trou, relayant tout ce que le petit monde
parisien compte d’hypocrites et de faux culs. Les fabiusiens me soupçonnent de vouloir maintenir leur leader à la lisière de la campagne en raison du désamour chronique de l’opinion à son égard.
En fait tous étaient bienvenus pour descendre sur le champ de bataille. J’aurais dû supplier, séduire, roucouler, que sais-je encore? Vexé, Fabius se contentera d’observer la campagne à la
jumelle et d’accorder un bon de sortie à son ami le plus fidèle, Claude Bartolone. Le député de Seine-Saint-Denis accepte, deux mois après que je l’ai sollicité, de prendre en charge les
relations avec la presse. Il semble heureux, se pique au jeu, s’enflamme, découvre ce qu’il avait voulu ignorer pendant la primaire ce lien que j’ai tissé avec les militants et tous ceux qui
viennent dans les meetings.

Entre tentation de la pureté et mythe de l’union
sacrée, il semble qu’une autre voie puisse être employée par le principal parti de gouvernement alternatif au pouvoir en place qu’est le PS. Le PS, s’il peut adresser des messages de
sympathie aux mouvements sociaux qui se forment, notamment celui des fonctionnaires (au sein duquel un cortège du PS était d’ailleurs présent et bien accueilli) n’a pas vocation à se réfugier
dans le contentement du suivisme syndical. Sans s’éloigner des principes stricts de la charte d’Amiens, le PS doit davantage entendre les propositions que les simples revendications du
mouvement syndical.